nouvelles  |  11 Mai 2026

Un gouvernement du Parti Québécois va agir pour renforcer la confiance envers notre système de justice

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Québec, le 11 mai 2026 – Vous trouverez ci-dessous un texte du chef du Parti Québécois et député de Camille-Laurin, Paul St-Pierre Plamondon.

Le Québec a toujours eu une tradition qui vise à favoriser la réhabilitation des personnes qui ont commis un crime après qu’elles aient purgé leur peine et payé leur dette envers la société. Je pense que c’est une belle valeur largement partagée par les Québécois. Mais pour réhabiliter, encore faut-il que la peine soit toujours proportionnelle à la gravité de l’acte criminel commis et suffisamment dissuasive. L’aspect dissuasif des peines est un aspect important de notre justice et l’un des piliers sur lequel repose la confiance du public en notre justice criminelle. Or, dans les dernières années, un glissement vers des peines clémentes dans plusieurs cas inquiète la population, si bien qu’un Québécois sur deux dit ne plus avoir confiance envers notre système de justice. Il est crucial de s’assurer d’un juste équilibre entre la dissuasion et la réhabilitation.

Le Parti Québécois a déjà fait plusieurs sorties sur l’aspect « prévention » entourant la criminalité, notamment sur le financement du communautaire et des services de police, mais nous consacrerons les prochaines semaines sur l’aspect dissuasif. À l’approche des crédits en justice à l’Assemblée nationale, le Parti Québécois aura de nombreuses questions pour le ministre de la Justice.

Le Journal de Montréal rapportait récemment que des milliers de criminels ont purgé leur peine à domicile l’an dernier, notamment plus de 700 agresseurs sexuels. De plus en plus d’hommes coupables de violence conjugale s’en sortent sans casier judiciaire. Récemment dans l’actualité, de nombreux cas ont aussi fait sourciller les Québécois. Une femme ayant attaqué un homme de 71 ans dans le stationnement d’un bar a évité la prison même si sa victime est décédée de l’assaut. Un pédophile a leurré deux victimes en leur achetant des bonbons dans un dépanneur de Montréal-Nord. Il les a ensuite tirés vers son appartement, barré la porte et fait des attouchements. Il a plaidé coupable à deux chefs d’accusation de contacts sexuels et de séquestrations. La peine? Seulement un an de prison. Autre cas: un bébé de 2 mois souffrant de 50 fractures aura mené à une condamnation de son père à seulement 18 mois de prison purgés entièrement à la maison, pour avoir brisé le fémur de sa fille.

On nous parle désormais de criminels qui auraient obtenu la clémence pour éviter des répercussions sur leur vie, comme une perte d’emploi ou l’expulsion du pays, alors que les répercussions du crime sur la vie des victimes ne semblent pas avoir obtenu la même considération. On a également vu l’apparition de peines réduites en fonction de facteurs comme la couleur de peau, autre signe que les dérives idéologiques de notre époque n’épargnent pas notre système de justice. D’autres ont pu profiter d’ententes favorables proposées par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui veut accélérer le traitement des dossiers parce qu’elle est débordée par le nombre de cas à traiter. En fait, une directive a été envoyée aux procureurs afin de prioriser certains dossiers pour sauvegarder le système. Ils ont donc le mandat de régler davantage de dossiers considérés de «moindre importance» et de référer encore plus d’accusés vers «des mesures alternatives de règlement». En d’autres mots, on présente aux accusés des offres de peines allégées et donc plus alléchantes dans l’idée de désengorger le système de justice. Résultat: 81% des procureurs affirment avoir dû négocier des sentences plus clémentes en raison du manque de ressources et près de 50% affirment avoir déjà carrément renoncé à autoriser des poursuites ou abandonner des dossiers en cours.

Le droit criminel est de compétence fédérale. Et malheureusement, ce n’est pas le fédéral qui va sévir contre ces peines clémentes, puisqu’il est le principal responsable des dérives du système actuel. Depuis 2022, le gouvernement libéral de Trudeau-Carney a en effet aboli les peines minimales obligatoires pour plusieurs infractions et crimes graves. Fini donc les peines plancher décidées démocratiquement; la discrétion est entièrement laissée aux juges.

On demande souvent aux indépendantistes ce que l’indépendance du Québec donnerait concrètement. Voilà un bon exemple: s’assurer que nous ayons une justice pénale qui reflète nos valeurs et nos décisions, qui assure un équilibre entre la dissuasion et la réhabilitation. C’est une question d’équité pour les victimes, mais aussi de confiance dans le système tout entier. Qui voudra porter plainte si, au bout du processus, un criminel s’en tire avec une petite tape sur les doigts?

D’ici à l’indépendance du Québec, nous devrons nous concentrer sur ce que nous contrôlons en gardant à l’esprit qu’avoir les pleins pouvoirs permettrait de régler plus facilement ce problème urgent.  D’abord, nous devons faire un constat clair: le système judiciaire canadien est actuellement trop clément envers certains crimes violents et graves, notamment ceux qui portent atteinte à l’intégrité physique des individus ou envers les multirécidivistes.

Un gouvernement du Parti Québécois, en vertu de la compétence du Québec en matière d’administration de la Justice, agira dès notre arrivée au pouvoir pour assurer des peines justes et proportionnelles, notamment pour les crimes les plus graves et violents, dont plusieurs visent des femmes. Un message sera lancé à l’effet que, collectivement, nous trouvons ces gestes inacceptables et que nous croyons nécessaire de les punir adéquatement.

Ensuite, nous ajouterons des ressources supplémentaires pour engager 100 nouveaux procureurs. Je ne peux pas accepter que des criminels s’en sortent avec des peines plus clémentes faute de moyens dans notre système de justice, quand ce n’est pas carrément sans procès.

La lutte contre le crime organisé doit également être au cœur de notre stratégie. Car l’évolution des techniques de recrutement de jeunes sur les réseaux sociaux et l’accroissement du caractère violent des actes posés meublent l’actualité : instrumentalisation de jeunes pour des actes criminels violents, commerces brûlés par des jeunes, vente d’armes à feu illégales sur des plateformes en ligne, etc. De constater l’accroissement des manifestations de cet enjeu public lié à l’évolution du crime organisé devrait alimenter un changement de son traitement dans l’appareil judiciaire.

Mercredi, la police de Gatineau confirmait un 10e féminicide depuis le début de l’année. La conversation ne cesse de revenir dans la sphère publique et nous impose une réflexion collective sur les ratés de notre système de justice. L’évolution du nombre d’actes criminels au Québec touchant un nombre grandissant de Québécois, dont les femmes et nos jeunes, ne peut être passée sous silence. Bien que l’éducation et la prévention demeurent nos leviers principaux d’action, nous devons impérativement nous pencher sur la diminution des peines. L’indépendance nous permettra une meilleure capacité d’action, mais, d’ici ce jour, agissons là où nous le pouvons.

  • Paul St-Pierre Plamondon, député de Camille-Laurin et chef du Parti Québécois

 

 

 

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SOURCE :

Emmanuel Renaud

Attaché de presse

Aile parlementaire du Parti Québécois

emmanuel.renaud@assnat.qc.ca