La lutte à l’itinérance : la grande priorité sociale de la première année d’un gouvernement du Parti Québécois
Québec, le 3 mai 2026 – Vous trouverez ci-dessous un texte du chef du Parti Québécois et député de Camille-Laurin, Paul St-Pierre Plamondon.
12 000 personnes sont désormais sans logement au Québec, une augmentation de 2 400 personnes supplémentaires en seulement trois ans. C’est ce que révèle le plus récent dénombrement sur l’itinérance du ministère de la Santé et des Services sociaux. Malgré l’ampleur du phénomène, comment expliquer qu’un sujet aussi grave ne se soit pas imposé davantage à l’Assemblée nationale et dans les médias, passant trop souvent sous le radar?
Si ces personnes faisaient une chaîne humaine, elle serait aussi longue que la largeur de l’île de Montréal ou de Laval. L’image en dit long sur l’ampleur du problème.
En cette fin d’hiver, où nous avons malheureusement encore eu des décès dus aux grands froids, on doit affirmer haut et fort que cette réalité est inacceptable et qu’elle doit changer. Et ne pensons pas que cela se passe seulement dans les grands centres urbains: 30 % des personnes en situation d’itinérance se trouvent désormais en région.
Le visage de l’itinérance a également beaucoup changé. Ce sont des aînés dépourvus de famille et de ressources, des travailleurs et des travailleuses qui malgré leur effort, ont perdu pied en raison de la crise du logement, de l’explosion du coût de la vie, de problèmes de santé mentale, de dépendance. Ce sont aussi des gens mal accompagnés à leur sortie du réseau de la protection de la jeunesse ou de prison après avoir purgé leur peine. Le rôle des élus dans ce contexte est de démontrer la volonté politique ferme de changer d’approche, car visiblement les réponses actuelles ne suffisent plus.
C’est pourquoi un gouvernement du Parti Québécois fera de la lutte à l’itinérance la grande priorité sociale de sa première année au pouvoir. Le gouvernement ne peut pas tout faire, mais il peut rassembler toutes les organisations pertinentes pour qu’on se donne les moyens de renverser cette tendance. Et je nous fixe un objectif ambitieux : diminuer de 50% le nombre de personnes itinérantes au Québec d’ici 2030.
C’est à la fois beaucoup et trop peu parce que nous visons à terme l’itinérance zéro, mais je souhaite que nous nous fixions un objectif à la fois ambitieux et réalisable. Pour y arriver, je réunirai autour de la table les organismes communautaires et les municipalités, évidemment, mais aussi les entreprises, l’économie sociale, le milieu associatif. Il nous faut mobiliser la contribution de tout le monde. En tant que premier ministre, je m’assurerai, grâce à des bilans d’étape, que nous atteindrons nos cibles.
C’est un secret pour personne, le Parti Québécois a été le seul parti au cours des dernières années à avoir dénoncé l’accélération démographique récente, largement imposée par le gouvernement fédéral. Cette croissance soudaine de la population excède largement notre capacité à bâtir de nouveaux logements, à assurer l’intégration en français et à maintenir la qualité des services publics. En novembre 2023, j’avais averti que nous nous dirigions vers une crise sociale sans précédent en matière de logement et d’itinérance, avertissement pourtant jugé exagéré par mes adversaires. Or, ce qui est moins connu, c’est que sous ma direction, le Parti Québécois a élaboré un plan complet et détaillé visant à prendre en charge les personnes en situation d’itinérance et à renverser cette tendance.
Concrètement, nous allons nous inspirer de ce qui fonctionne ailleurs dans le monde. En Finlande, on a fait de l’itinérance une cause nationale et cela a été un succès. La politique « Logement d’abord », mise en place en 2008, a permis de faire passer le nombre de personnes en situation d’itinérance de 20 000 à 4 000. À Houston, avec une politique similaire, « The way home », ils ont baissé l’itinérance de 61%, malgré une hausse de leur population. Le fonctionnement de ces politiques est assez simple. Plutôt que de mettre le logement dans un continuum d’aide, on offre un toit le plus rapidement possible, et ensuite on règle les autres problèmes qui relèvent souvent de dépendance ou de santé mentale, en effectuant des suivis serrés et en offrant des services sur les lieux du domicile.
Ce ne sera pas la seule solution évidemment, le plan du PQ comporte cinq axes inspirés des meilleures pratiques à travers le monde en matière de lutte à l’itinérance ». Le plan d’action, détaillé en commentaires, se concentre sur :
- l’offre de logement;
- les services sociaux;
- l’aide financière;
- la prévention;
- la réinsertion sociale.
Nous croyons que ce plan en plusieurs axes permettra de freiner la hausse de l’itinérance, d’assurer une réponse concrète et humaine aux personnes vulnérables, et de favoriser durablement leur réinsertion.
Dans ma vingtaine j’ai eu la chance d’être bénévole pour « Pops dans la rue », un organisme qui s’occupe d’itinérance. Pendant mes études à la faculté de droit de l’Université McGill, j’ai également eu l’occasion de rédiger une thèse sur l’évolution du droit des itinérants, un travail qui avait remporté le prix du meilleur essai de l’année de la faculté. Ce sujet me touche profondément à titre personnel et me préoccupe depuis de nombreuses années. C’est aussi le symbole fort d’un déclin moral et institutionnel de notre société, déclin que nous devons absolument refuser pour ensuite le renverser.
J’ai eu la chance de rencontrer Jacques Parizeau une seule fois dans ma vie dans les coulisses de Télé-Québec lorsque je collaborais à l’émission Bazzo.tv. Je lui avais demandé comment il voyait la politique. Sa réponse m’avait marqué, tellement elle était simple, mais allait à l’essentiel. Il m’avait répondu : « La politique, c’est protéger son monde ». C’est ce qu’on doit faire pour les personnes en situation d’itinérance. Le Québec ne peut plus attendre.
- Paul St-Pierre Plamondon, député de Camille-Laurin et chef du Parti Québécois
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SOURCE :
Emmanuel Renaud, Attaché de presse Aile parlementaire du Parti Québécois
emmanuel.renaud@assnat.qc.ca