« Nouvelle approche » avec le fédéral – Fréchette recycle une vieille recette : celle du PLQ
Québec, le 4 mai 2026 – Le député d’Arthabaska-L’Érable, Alex Boissonneault et porte-parole en matière de Relations canadiennes, critique la « nouvelle approche » que la première ministre, Christine Fréchette, entend adopter dans ses relations avec le gouvernement fédéral. Jugeant que l’ère Legault se termine sans aucun gain pour le Québec, le député d’Arthabaska perçoit cette nouvelle orientation comme un aveuglement volontaire face à la véritable nature des relations entre le Québec et le régime fédéral. Il est fort probable que le semblant d’ouverture qu’Ottawa pourrait démontrer, sans offrir de changements réels ou durables, se révèle un calcul stratégique visant à freiner l’élan du Parti Québécois à l’approche d’une élection. Il ne faudrait pas à nouveau tomber dans le piège des promesses creuses et des chicanes perpétuelles.
EN BREF
- La « nouvelle approche » de Christine Fréchette vise à recycler une vieille recette, celle du PLQ: faire preuve de bonne entente et fermer les yeux sur les empiètements fédéraux dans nos champs de compétences;
- Une stratégie invalidée par les précédents gouvernements libéraux et qui nous mène droit dans le mur;
- Les rares gains structurants obtenus par le Québec sont survenus lorsque le mouvement indépendantiste était fort, crédible et aux portes du pouvoir.
Après huit années sans gain notable pour le Québec face à Ottawa, même sous le gouvernement Legault–Jolin-Barrette qui s’est montré plus revendicateur, notamment sur les dossiers d’immigration et de protection de la langue française, Christine Fréchette dit vouloir changer de cap.
« Sa « nouvelle approche » n’est qu’un aveuglement volontaire sur la nature des relations du Québec avec le régime fédéral. Elle consiste essentiellement à recycler une vieille recette, celle du PLQ: faire preuve de bonne entente et fermer les yeux sur les empiètements fédéraux dans nos champs de compétences, comme on l’a vu récemment en matière de développement de la main-d’œuvre, dans l’espoir d’obtenir des résultats. Cette stratégie a d’ailleurs déjà été mise à l’épreuve et invalidée sous les gouvernements Bourassa, Charest et Couillard » dénonce d’emblée le député d’Arthabaska, précisant qu’il serait curieux de savoir ce que les ministres Jolin-Barrette et Roberge pensent de cette nouvelle approche.
En effet, l’histoire est claire, les rares gains structurants obtenus par le Québec au sein du Canada sont survenus lorsque le mouvement indépendantiste était fort, crédible et aux portes du pouvoir.
« Pensons à l’entente Cullen–Couture sur l’immigration, conclue en 1978 sous René Lévesque à l’approche du référendum de 1980; puis à l’entente Gagnon–Tremblay–McDougall, négociée par le gouvernement Bourassa après l’échec de l’Accord du lac Meech, reconnaissant au Québec un contrôle accru sur son immigration économique, alors que la perspective d’un gouvernement de Jacques Parizeau se précisait. Rappelons aussi la déconfessionnalisation du réseau scolaire, obtenue en 1997 sous Pauline Marois », énumère Alex Boissonneault.
Il précise cependant que ces gains demeurent des exceptions qui ne sauraient faire oublier les reculs et les affronts majeurs imposés à la nation québécoise par le gouvernement fédéral, dont le rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982, les échecs des accords du lac Meech et de Charlottetown, ou encore l’adoption de la Loi sur la clarté référendaire sous Stéphane Dion. Les 21 demandes formulées par la CAQ — incluant les pleins pouvoirs en immigration, un rapport d’impôt unique, les transferts en culture et un rôle accru dans la nomination des juges fédéraux — ont également été rejetées. « Un fait constant se dégage : seule la vigueur du mouvement indépendantiste a pu forcer le Canada à prendre le Québec au sérieux, au lieu de le tenir pour acquis », affirme le député.
Si l’approche de Mme Fréchette devait produire quelques résultats, il est fort probable que ceux-ci ne seraient qu’un calcul stratégique d’Ottawa visant à freiner l’élan du Parti Québécois à l’approche d’une élection. La preuve en est la rapidité avec laquelle le gouvernement fédéral réagit lorsque certaines provinces, comme l’Alberta, haussent véritablement le ton face à l’impasse fédérale.
« Les seuls gains que la première ministre pourrait retirer de son approche se limiteront à des gains administratifs, cosmétiques et temporaires d’ici l’élection de 2026. Par la suite, le fédéral rétablira sa ligne centralisatrice, comme en témoigne la nouvelle ingérence dans le domaine de la main-d’œuvre. Pour reprendre l’image de Mark Wiseman, selon laquelle le Québec jappe un peu avant de retourner se coucher dans son panier, le Québec se dirigera inéluctablement vers un recul planifié et écrasant qui a marqué les huit années de la CAQ, notamment en ce qui concerne son autodétermination, la protection de sa langue et sa capacité à financer ses services », conclut Alex Boissonneault.
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Source : Emmanuel Renaud,
Attaché de presse, Aile parlementaire du Parti Québécois,
Emmanuel.renaud@assnat.qc.ca