Un plan solide pour la santé

Diane Lamarre

Députée de Taillon, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, d’accessibilité aux soins et de soutien à domicile

lundi 20 novembre, 2017
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Sympathisantes, sympathisants, militantes et militants du Parti Québécois,

Je suis Diane Lamarre, députée de Taillon et porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, d’accessibilité aux soins et de soutien à domicile. Je m’adresse à vous aujourd’hui pour vous parler du combat que je mène pour l’égalité des chances en santé et la pérennité de notre système public grâce au Plan solide du Parti Québécois. L’objectif est de faire en sorte qu’enfin, le citoyen soit au centre des choix faits en santé.

De là l’importance d’avoir un système de santé fonctionnel, performant et accessible à tous. D’établir un contrat social qui garantit que les professionnels sont au service des patients, et non l’inverse. L’accès aux soins de santé est notre bien commun à tous!

C’est pourquoi je me suis engagée, durant ma vie professionnelle et comme députée, à faire en sorte que notre système de santé soit plus accessible et plus efficace. En effet, pharmacienne de formation, j’ai été présidente de l’Ordre des pharmaciens du Québec et, lors de mon mandat, j’ai contribué à étendre les gestes que peuvent faire les pharmaciens pour les citoyens du Québec. C’est ce même exercice que nous nous apprêtons à faire pour l’ensemble des 220 000 professionnels de la santé, à qui on pourrait donner plus d’autonomie, et ce, pour deux raisons : au Québec, nos formations sont parmi les meilleures au monde, et ce décloisonnement a clairement réussi à améliorer l’accès.

Comme députée, comme pharmacienne, comme professeure à la Faculté de pharmacie et comme chroniqueuse, je vous ai entendus, j’ai reçu vos déceptions quant à l’attente générée par notre système de santé, à la détérioration marquée de l’accès depuis 15 ans. J’ai aussi entendu vos solutions, puisque vous aviez à affronter les obstacles qui surgissaient devant vous ou vos proches. Je connais donc mes dossiers et les préoccupations en santé des Québécois, mais aussi les injustices causées par le manque d’accès.

Au cours de ma vie professionnelle, j’ai visité de nombreux patients à leur domicile, j’ai collaboré avec des CLSC, des CHSLD, des ressources intermédiaires (RI), des équipes de médecins, d’infirmières, des diététistes, des psychologues, etc. J’ai travaillé à des programmes de prévention et de saines habitudes de vie, et j’ai pu voir le fonctionnement d’autres systèmes de santé, à travers mes conférences et une trentaine de missions humanitaires en Bosnie, en Afrique ou à Haïti.

J’en sors avec une conviction profonde : le patient doit être au centre de nos décisions et de nos choix en santé. Depuis les soins avant la naissance jusqu’aux soins palliatifs, leur organisation doit être bien conçue et étroitement surveillée. Elle doit porter une attention particulière aux personnes vulnérables et offrir compétence et efficacité avec un objectif de proximité d’accès. Car les délais ont aussi un coût humain.

Depuis 15 ans, vous constatez, comme moi, qu’il n’y a pas de progrès significatif dans la réduction du temps d’attente en santé. Après plus de 15 ans de gouvernement libéral, on assiste encore à une détérioration constante de l’accès. On a même procédé à des coupes draconiennes dans les services vitaux pour nos aînés et dans le personnel qui en prend soin. À titre d’exemple, en 2016, un demi-million d’heures de soutien à domicile ont été coupées à nos aînés. Alors que chaque année, au Québec, 100 000 personnes atteignent l’âge de 65 ans, 10 000 personnes âgées de moins ont accès à des soins à domicile. Inconcevable et pourtant vrai!

Ce gouvernement a tout misé sur l’augmentation de la rémunération des médecins, sans s’assurer d’obtenir un meilleur accès pour les citoyens, sans garantir des services appropriés à toute la population et sur tout le territoire du Québec.

Déjà plus de la moitié des dépenses courantes du Québec est consacrée à la santé. Chaque dollar dépensé doit donc l’être le plus adéquatement possible.

Tout récemment, les libéraux ont même signé une entente secrète avec les omnipraticiens qui prévoit une augmentation de leur rémunération de 1,6 G$ sur 8 ans, et ce, sans aucune garantie d’amélioration de l’accès, en particulier pour les gens les plus vulnérables inscrits au Guichet d’accès. Les promesses libérales demeurent donc non tenues, et l’échec est récompensé, avec le maintien en poste du ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Le bilan du Parti libéral du Québec en santé est donc sans appel. Il est globalement négatif. D’ailleurs, un sondage récent démontrait que 80 % des gens considéraient que le gouvernement libéral avait fait de mauvais choix en santé. Je partage votre consternation face à l’absence de volonté et de solutions du gouvernement libéral pour défendre notre système de santé. Le ministre Barrette a mis toute son énergie à prendre de l’argent aux plus démunis pour le redonner aux médecins.

Pourtant, des solutions existent!

Notre système de santé public, qui est source de fierté et d’attachement pour nous, Québécois, est en train de s’effriter, d’être détruit à coups de promesses non tenues, de centralisation et de coupes draconiennes des libéraux. Faut-il continuer ainsi? Faut-il regarder faire?

Non. Il faut agir dès 2018. Le gouvernement libéral doit être remplacé par une formation politique qui propose de vraies solutions en santé. Un parti sérieux et responsable qui est sur le terrain, proche des gens et à l’écoute de leurs préoccupations. C’est nous, c’est le Parti Québécois. D’une part, grâce à nos propositions en santé, adoptées lors du récent congrès et, d’autre part, grâce à une tournée santé à travers le Québec qui a débuté il y a un mois et qui va se poursuivre jusqu’aux élections. Le Parti Québécois, c’est un parti qui a à cœur le citoyen, qui comprend que la santé est un continuum qui va de la prévention et des saines habitudes de vie jusqu’au soutien à domicile, en passant par l’aide aux proches aidants et le soutien à la mission des organismes communautaires.

Je crois sincèrement que nous avons le meilleur plan en matière de santé pour toutes les Québécoises et tous les Québécois. Je le dis car, armée de vos témoignages, de nos rencontres, de ma connaissance des systèmes de santé tant au Québec qu’ailleurs dans le monde, j’ai réussi à élargir les contributions des pharmaciens et je suis maintenant prête à faire de même pour l’ensemble des professionnels de la santé. En un peu plus d’un an, ce sont un million d’actes nouveaux que 9000 pharmaciens ont pu faire pour 750 000 citoyens du Québec. Imaginez ce que pourraient accomplir 220 000 professionnels!

Voici donc quelques-unes de nos principales propositions :

1) Favoriser un décloisonnement professionnel en santé

  • Faire des CLSC un lieu de dispensation de services par les infirmières praticiennes spécialisées (superinfirmières), qui y exerceraient de façon autonome afin de compléter l’offre de services en première ligne pour les urgences mineures et le suivi de maladies chroniques.

  • Étendre à l’ensemble du Québec le modèle de clinique d’infirmières et d’autres professionnels de proximité, selon le modèle de la coopérative SABSA.

  • Donner davantage d’autonomie aux 200 000 professionnels de la santé autres que les médecins, par exemple les physiothérapeutes, les psychologues, les pharmaciens, les travailleurs sociaux, les ergothérapeutes, les hygiénistes dentaires.

2) Remettre les patients au cœur de nos choix budgétaires

  • Geler, dès 2018, la rémunération des médecins.

  • Réinvestir cet argent pour garantir un meilleur accès aux soins pour les patients.

  • Mettre le patient au centre de chaque nouveau dollar consacré à la santé.

  • Mettre fin à l’incorporation des médecins.

3) Améliorer l’accès à la première ligne

  • Garantir un accès de proximité à une infirmière spécialisée ou à un médecin jusqu’à 21 heures, et ce, 7 soirs par semaine.

  • Mettre fin au ping-pong des spécialistes entre le privé et le public.

4) Investir massivement et de façon urgente en soutien à domicile

Il y a urgence d’agir!

Quatre mesures phares sont proposées, dont augmenter le nombre de professionnels (comme des inhalothérapeutes) qui visitent les patients à domicile et développer des logements sociaux ou avec soutien communautaire pour les patients avec une maladie dégénérative (comme la sclérose en plaques), les personnes aux prises avec un problème de santé mentale et les aînés en perte d’autonomie.

  • C’est simple, il faut le bon professionnel, au bon endroit, au bon moment et au bon coût!

  • C’est ainsi qu’on obtiendra enfin une plus grande accessibilité.

Ce sont des propositions solides, pleines de sens et qui peuvent entrer rapidement en vigueur.

Je vous demande de renouveler votre confiance envers nous aux prochaines élections, pour implanter ces solutions et interrompre la séquence de gouvernements libéraux ayant conduit à cette démesure entre les augmentations versées aux médecins et les coupes répétitives touchant les plus vulnérables. Tout comme vous, je sais que notre parti repose sur le soutien actif de ses militantes et militants. Nous avons besoin de votre appui pour donner vie à ce plan solide et audacieux pour la santé, pour éviter un dangereux glissement vers un système privé, éternellement injuste pour plusieurs.

Si vous pensez comme moi, si vous croyez qu’il faut de nouvelles solutions pour notre système de santé, si nos propositions vous parlent, faites un don dès maintenant pour que nous puissions, ensemble, offrir une meilleure accessibilité à tous, dans la dignité, et cela, dès 2018.

Diane Lamarre

Députée de Taillon, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, d’accessibilité aux soins et de soutien à domicile