Visite en Pennsylvanie pour observer l'industrie des gaz de schiste : les inquiétudes sont légitimes et parfaitement fondées
lundi 26 mars, 2012
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Saint-Hubert – De retour d'un voyage de trois jours au pays des gaz de schiste, la Pennsylvanie, la députée de Vachon et porte-parole de l'opposition officielle en matière de mines et de gaz de schiste, Martine Ouellet, accompagnée de Serge Fortier, porte-parole du Regroupement citoyen interrégional de la vallée du Saint-Laurent, Claude Roger, maire de La Présentation, Yvon Pesant, maire de la municipalité de Saint-Marcel-de-Richelieu, et Réjean Blanchette, agriculteur, dressent un bilan fort inquiétant de la situation des agriculteurs et des citoyens aux prises avec les conséquences de l'exploration et de l'exploitation des gaz de schiste.

Réjean Blanchette s'est senti directement interpellé par les difficultés que vivent les agriculteurs de la Pennsylvanie. « La grande pauvreté des fermes a poussé les agriculteurs à vouloir améliorer leur sort et les gazières en ont profité pour leur faire signer des ententes sur l'exploitation du sous-sol de leur terre sans savoir quelles seraient les conséquences », a-t-il déclaré.

À La Présentation, il y a un puits de gaz de schiste qui fuit depuis plusieurs mois. Le maire Claude Roger suit donc ce dossier avec grand intérêt. « Mon voyage en Pennsylvanie m'a permis de voir sur le terrain les impacts de l'exploitation des gaz de schiste. Les constats sont troublants : puits d'eau potable contaminée par le méthane, ventilation du sol à côté d'une église pour éviter une accumulation de ce même gaz à l'intérieur de l'église, des citoyens approvisionnés en eau potable par des réservoirs en plastique à proximité de leur maison. Le plus difficile, c'est de voir que les citoyens aux prises avec ces problèmes sont démunis, sans ressources financières, et semblent complètement abandonnés par leurs instances gouvernementales. »

« Ce voyage nous fait prendre conscience que cette forme de développement dans une région comme la nôtre confirme non seulement les risques qui y sont associés, mais également la profonde certitude que nous nous exposons à de sérieux problèmes environnementaux, économiques et sociaux, tant pour nous-mêmes que pour les futures générations », a poursuivi le maire de Saint-Marcel-de-Richelieu, Yvon Pesant.

Le groupe de 55 personnes a également rencontré des citoyens qui vivent chaque jour les impacts néfastes de l'exploitation des gaz de schiste, particulièrement la contamination de leur eau. « Il est inquiétant de constater l'impuissance des citoyens victimes de l'industrie, de voir que le fardeau de la preuve appartient aux citoyens affectés et appauvris sans le soutien de leurs élus. Ils sont laissés à eux-mêmes. Il faut absolument éviter que cela se reproduise ici au Québec! », s'est inquiété Serge Fortier.

L'ensemble des participants a pu constater que les gazières utilisent les mêmes discours, les mêmes arguments et les mêmes techniques, que ce soit en Pennsylvanie ou au Québec. Derrière une façade faisant miroiter la création de richesse et d'emplois, ces dernières jouent carrément aux apprentis sorciers avec le territoire agricole. « Les impacts pour les agriculteurs et les citoyens sont terribles : contamination de l'eau potable par le méthane et par les produits chimiques issus de la fracturation hydraulique des puits, pollution de l'air et augmentation du smog, problèmes de santé, de gestation et de production dans les troupeaux bovins notamment. Une agricultrice nous a carrément dit : Ne soyez pas aussi naïve que moi, renseignez-vous et si une gazière vous propose un contrat, voyez un avocat! », a conclu Martine Ouellet.

Les participants de ce voyage invitent toute la population du Québec à participer à la marche du Jour de la Terre, le dimanche 22 avril à 14 h à Montréal, pour faire entendre la voix citoyenne en faveur d'une reprise de contrôle de nos ressources naturelles.