Train de l'Est : le Vérificateur général du Québec doit faire enquête
lundi 6 février, 2012
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Montréal – Le Parti Québécois estime que le gâchis du train de l'Est, avec des dépassements de coûts de un demi-milliard de dollars, nécessite une enquête du Vérificateur général du Québec. « Annoncé en 2006 par Jean Charest pour un montant de 300 millions de dollars, le projet de train de l'Est coûtera finalement 800 millions. C'est presque trois fois plus que la somme initiale. Les motifs invoqués sont douteux; seul le Vérificateur général pourrait éclaircir ce mystère », a déclaré le député de Gouin et porte-parole de l'opposition officielle en matière de transports, Nicolas Girard.

Pour le Parti Québécois, la gestion de ce projet a été faite en broche à foin et les explications fournies à ce jour par le gouvernement libéral, particulièrement la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, sont loin d'être satisfaisantes. « La crédibilité de la ministre Courchesne est irrémédiablement entachée après la découverte, par le Vérificateur général, de son rôle de premier plan dans le scandale des garderies. Nul doute qu'il saura de nouveau faire la lumière pour les Québécois qui, en bout de piste, devront encore payer pour les manœuvres libérales », a poursuivi Nicolas Girard.

Le député de Gouin souligne au passage que cette facture pourrait encore augmenter, selon les décisions que prendront les autorités au sujet de la sécurité du tunnel Mont-Royal. « Le ministre des Transports, Pierre Moreau, qui joue à la cachette sur la sécurité des usagers, devra cesser de tergiverser et nous dire la vérité, a indiqué Nicolas Girard en rappelant que quatre ministres étaient passés au ministère des Transports pendant cette période et ont tous fermé les yeux devant l'explosion des coûts. La responsabilité ministérielle n'existe pas dans le gouvernement Charest. Personne n'est responsable de rien ».

Six ans de retard

Pour sa part, la députée de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger, se désole de l'impact de cette mauvaise gestion libérale pour les citoyens de l'Est de Montréal. « Lors de l'annonce en 2006, on prévoyait une entrée en service de la nouvelle ligne de train pour 2008. Nous sommes en février 2012 et les estimations disponibles indiquent que les voitures de train ne commenceront pas à rouler avant au moins 2014. C'est six ans de retard, six années de perdues où on prive nos citoyens d'un moyen important de transport collectif et qui est ciblé comme une priorité par la communauté de l'Est de Montréal afin de réaliser ses objectifs de développement économique », a fustigé Nicole Léger.

Le projet perd des morceaux : absence d'une gare à Charlemagne

Pour sa part, le député de L'Assomption, Scott McKay, en veut particulièrement aux gestionnaires du projet qui, pour des raisons inexplicables, ont décidé unilatéralement de ne pas construire la gare prévue à Charlemagne. « Non seulement le projet coûtera-t-il plus cher, mais en plus il sera amputé. Les payeurs de taxes de la circonscription de L'Assomption sont doublement victimes; ils devront éponger le dépassement de coûts de 500 millions de dollars du projet tout en étant privés de gare dans leur voisinage. C'est tout simplement scandaleux! », a déclaré Scott McKay, qui dénonce le choix d'avoir fusionné les deux lignes de train initialement prévues en une seule.

Pour le Parti Québécois, il s'agit d'une décision politique improvisée et maquillée sous le couvert de la rationalisation. Le Parti Québécois craint que cette décision ait été prise pour éviter de nuire à la rentabilité du PPP du pont de la 25.

Encore des bouchons de circulation pour les Lanaudois

« Pendant que le projet de train de l'Est traîne de la patte, les citoyens du Sud de Lanaudière continuent de passer des heures et des heures dans les bouchons de circulation matin et soir. À chaque jour, ils passent tout près du chantier en se demandant dans combien de temps sera-t-il achevé et combien d'argent le gouvernement libéral va-t-il venir puiser dans leur poche pour combler son incompétence. Le plus vite ce projet sera remis sur les rails, le plus vite il comblera les citoyens, sera bénéfique pour l'environnement et le moins cher il coûtera », a ajouté le député de Terrebonne, Mathieu Traversy.

Pour sa part, le député de Masson, Guillaume Tremblay, rappelle que les candidats du Parti libéral du Québec dans la circonscription, au cours des trois dernières élections, ont promis la concrétisation du train de l'Est. « Plus les années avancent, plus cette promesse est répétée. Pourquoi? Parce que ce projet a été mal géré dès le début. Ça fait des années que les citoyens de Mascouche rêvent d'avoir un accès, par rail, à l'île de Montréal. Il est temps que ça aboutisse », a conclu Guillaume Tremblay.