Sondage sur la minorité anglophone de Montréal
dimanche 25 mars, 2012
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Montréal – Le député de Drummond et porte-parole de l'opposition officielle en matière de langue, d'immigration et de communautés culturelles, Yves-François Blanchet, la députée de Pointe-aux-Trembles et porte-parole pour la métropole, Nicole Léger, et le député de Gouin et porte-parole en matière de transports, Nicolas Girard, ont réagi cet après-midi à la publication récente d'une enquête CROP dans le magazine L'actualité. Cette étude révèle que les anglophones de Montréal, en particulier les plus jeunes, ont adopté une vision de Montréal qui détonne des inquiétudes de la majorité francophone du Québec.

« Malheureusement, dans le sondage, pour la minorité anglophone de Montréal, l'anglicisation du travail serait un phénomène auquel les francophones doivent s'habituer. De plus, la marginalisation du français ne serait pas davantage une inquiétude que sa disparition à plus long terme », a affirmé le député montréalais Nicolas Girard.

Le Parti Québécois attribue cette situation à près de dix ans de complaisance et de messages ambigus de la part du gouvernement libéral de Jean Charest.

« Depuis l'élection de ce gouvernement, rien n'a été fait pour assurer la pérennité du français à Montréal. Le message envoyé par les libéraux est que les gens peuvent ignorer et défier la loi 101 à volonté sans qu'aucun recours ne soit intenté contre eux ou qu'aucune sanction ne leur soit imposée. Au mieux, le gouvernement fait surtout en français de la sensibilisation à l'intention des francophones pour leur dire qu'il protège le français. Par sa faute, la communauté anglophone de Montréal est en train de couper les ponts qui se multipliaient pourtant vers la majorité française depuis 1977 », a affirmé Yves-François Blanchet.

« Quiconque vit à Montréal réalise que deux univers y existent. L'un est anglophone, avec ses institutions, ses médias, sa vie sociale, son système d'éducation, et l'autre est francophone. Bien sûr, la langue au travail et l'accès à l'école anglaise par le biais des écoles passerelles de même que la langue d'affichage sont en cause. Avec le temps, ça fait une grosse différence. Nous souhaiterions que ces deux univers se côtoient davantage, qu'ils partagent plus », a continué la députée de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger.

Le député Blanchet explique que cette coexistence étanche est envenimée par un match nul en matière d'immigration. « Alors que les immigrants dans un État français devraient s'intégrer en français, la moitié choisit au contraire l'anglais. C'est donc la proportion d'anglophones qui augmente et le français qui recule. »

Selon Yves-François Blanchet, cette situation catastrophique n'est pourtant pas irréversible. « Le sondage révèle avec une clarté troublante que sans mauvaise foi, sans gêne, les anglophones de Montréal, installés depuis longtemps au Québec ou issus de l'immigration récente, acceptent l'idée que le français disparaisse de leur réalité. Ils ignorent tout de la loi 101, loi dont ils connaissent à peine l'existence. »

« Le Parti libéral multiplie les compromis honteux pour ne pas déplaire à sa base électorale anglophone. Le chantier du CHUM, plus gros chantier de l'État, transige en anglais. Les écoles passerelles sont de nouveau « tolérées ». Des dirigeants de sociétés d'État peuvent désormais être unilingues anglophones. Des villes peuvent défier et injurier impunément la Charte de la langue française. La loi 101 peut sans problème être bafouée, au centre même de la circonscription de la ministre responsable de son application. Il n'y a plus de volonté de prendre des mesures de francisation des immigrants. Les institutions fédérales sont plus que jamais hostiles à la loi 101. C'est aberrant! », a affirmé le député de Drummond.

Le Parti Québécois se dit troublé par la clarté des résultats de l'enquête de L'actualité. « D'une part, nous croyons que le phénomène n'est pas irréversible, que la relation entre les deux communautés est encore saine et cordiale et que les ponts ne sont pas coupés. Toutefois, l'heure des choix est venue. Les Québécois doivent maintenant prendre en main l'avenir de leur langue. »

« Encore quatre ans de régime libéral et cette fois, il sera trop tard. On ne parviendra peut-être plus à sauver le français à Montréal et un peu plus tard, au Québec. Il n'est plus possible de le nier », a affirmé Nicolas Girard.

« Au Parti Québécois, nous allons réécrire la loi 101, restaurer son esprit, la renforcer et surtout, l'appliquer. Les Québécois n'ont jamais renoncé au français. Les libéraux, oui. Nous allons corriger les dégâts de dix ans de gouvernement sans vision, sans courage et sans cœur et nous allons redonner à notre langue toute sa dignité. Mieux, nous allons lui donner un pays », a conclu Yves-François Blanchet.