Rencontres du Conseil canadien des ministres des pêches et de l'aquaculture et du Conseil des ministres des pêches et de l'aquaculture de l'Atlantique à Québec : le gouvernement fédéral demeure insensible aux réalités des pêcheurs québécois
jeudi 5 septembre, 2013
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Québec – La ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ministre du Travail et ministre de la Condition féminine, Mme Agnès Maltais, ainsi que Jeannine Richard, adjointe parlementaire du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, ont défendu les intérêts et les priorités des pêcheurs et des aquaculteurs québécois, à l'occasion des rencontres du Conseil canadien des ministres des pêches et de l'aquaculture et du Conseil des ministres des pêches et de l'aquaculture de l'Atlantique qui se terminent aujourd'hui dans la ville de Québec.

Réunis dans la Capitale nationale, les ministres des pêches des provinces, des territoires et du gouvernement fédéral ont discuté des dossiers qui préoccupent l'industrie de la pêche et de l'aquaculture commerciales. Mesdames Maltais et Richard ont profité de l'occasion pour faire valoir tant les préoccupations que les priorités du gouvernement du Québec en ce qui concerne les nombreux enjeux abordés au cours de ces deux jours de réunion, notamment à propos de la réforme de l'assurance-emploi et de la situation difficile vécue par l'industrie du homard de l'Atlantique en 2013.

La ministre Maltais a profité de la rencontre pour faire part à la ministre fédérale des Pêches et des Océans, Mme Gail Shea, de la vive inquiétude du gouvernement du Québec au sujet des répercussions de la réforme fédérale de l'assurance-emploi sur la viabilité économique de l'industrie de la pêche et de l'aquaculture commerciales et sur les populations des régions maritimes du Québec. Elle a insisté sur le fait que la réforme fédérale risque de pénaliser injustement le secteur de la pêche et de l'aquaculture.

« Le gouvernement fédéral fait la sourde oreille aux revendications du Québec. En abolissant le projet pilote des cinq semaines additionnelles de prestations et en obligeant les travailleurs saisonniers à accepter des emplois moins bien payés, il vient déstabiliser le marché de la pêche et de l'aquaculture du Québec. Il s'agit d'une réforme irresponsable puisqu'elle ne reconnaît pas que ce sont les emplois qui sont saisonniers et non les travailleurs », a affirmé Mme Maltais. La ministre a rappelé que 74 % des prestataires d'assurance-emploi de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine et 56 % des prestataires du Bas-Saint-Laurent font partie des prestataires fréquents particulièrement visés par la réforme.

Mme Maltais a demandé à la ministre fédérale de faire des représentations auprès de ses collègues du gouvernement fédéral afin que les conséquences néfastes anticipées de cette réforme sur les régions ressources et les travailleurs saisonniers soient prises en compte et que cette réforme soit suspendue jusqu'à ce que le gouvernement fédéral démontre qu'elle n'aura pas d'effets négatifs sur le Québec.

Pour sa part, l'adjointe parlementaire du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Jeanine Richard, a défendu la position du Québec relative à la pêche au homard. « La situation qui sévit dans la pêche au homard fragilise les entreprises et l'économie des régions maritimes. On ne peut pas rester les bras croisés. L'industrie connaît des problèmes structuraux importants en grande partie parce que le gouvernement fédéral ne modernise pas ses mécanismes de gestion de la pêche en tenant compte des nouvelles réalités des marchés et de l'industrie », a indiqué Mme Richard. Elle a d'ailleurs rappelé que le gouvernement du Québec a dû mettre en place des mesures d'aide financière urgentes pour éviter que la situation financière de certaines entreprises de pêche au homard ne se dégrade davantage et mette en péril la poursuite de leurs activités.

En matière d'aquaculture, le Québec a indiqué son intention de ne pas appliquer le nouveau projet de règlement fédéral à son industrie aquacole. L'aquaculture au Québec est très bien encadrée par la législation et la réglementation québécoises déjà en vigueur, qui couvrent les impacts environnementaux sur lesquels le gouvernement fédéral entend légiférer. Les ministres ont également discuté d'un projet de règlement fédéral visant à lutter contre les espèces aquatiques envahissantes. Le Québec a indiqué qu'il disposait déjà de sa propre réglementation en la matière, mais qu'il était prêt à discuter avec le gouvernement fédéral et les provinces voisines pour une meilleure collaboration et un meilleur arrimage de leurs interventions visant à lutter contre l'établissement et la propagation de ces espèces Tout dédoublement réglementaire entre les deux ordres de gouvernements serait cependant néfaste pour l'industrie.

Rappelons que la pêche commerciale contribue de façon importante à l'économie des régions maritimes du Québec. Un peu plus de 3 000 pêcheurs et aides-pêcheurs assurent les activités de capture au Québec. Ces activités génèrent chaque année des débarquements moyens de près de 54 000 tonnes de produits marins. La valeur des expéditions des produits issus de la pêche commerciale dépasse les 340 millions de dollars. L'industrie aquacole québécoise comprend près de 130 entreprises, procure environ 300 emplois annuellement et génère des ventes estimées à près de 12 millions de dollars.