Réjean Hébert dénonce les engagements de la CAQ concernant les pharmaciens
vendredi 31 août, 2012
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Sherbrooke – Candidat du Parti Québécois dans la circonscription de Saint-François, Réjean Hébert s'insurge contre les propositions improvisées et irresponsables du chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault. Ce dernier s'est engagé récemment à changer les règles qui entourent les ordonnances.

« Contrairement aux médecins de famille et aux autres professionnels de la santé, le pharmacien est accessible à tous les jours, et ce, partout sur le territoire québécois. Or, la proposition de la Coalition Avenir Québec de couper 250 M$ dans les pharmacies, en faisant en sorte que les médicaments soient désormais prescrits pour trois mois, pourrait mettre en péril la sécurité des patients, l'accès aux médicaments et la santé financière des pharmacies », a dénoncé Réjean Hébert.

Le candidat dans Saint-François note au passage qu'il est absurde de couper dans les revenus des pharmaciens propriétaires alors que le gouvernement vient tout juste de leur accorder de nouvelles responsabilités en matière de prescription et de renouvellement de médicaments.

La sécurité des patients

Selon l'Ordre des pharmaciens du Québec, il est impossible de prescrire certains médicaments pour une période de trois mois; les antipsychotiques, les antidépresseurs, les narcotiques et les drogues contrôlées pouvant carrément mettre en danger la vie d'un patient si un suivi régulier n'est pas effectué.

« Si les médicaments sont prescrits pour de courtes périodes, c'est pour que le médecin puisse faire un suivi auprès du patient afin de constater l'évolution de son état de santé. Ces observations permettent aux professionnels de la santé de voir si les médicaments sont efficaces et d'ajuster le traitement le cas échéant. On ne peut pas se permettre d'attendre trois mois pour réguler une ordonnance : ce n'est définitivement pas dans l'intérêt des Québécois », a ajouté le candidat dans Saint-François.

L'accès aux médicaments mis en péril

Actuellement, le montant maximal payable chaque mois à la pharmacie est de 82,66 $. Or, en prescrivant le médicament pour trois mois, le montant passe à 247 $.

« Pour plusieurs personnes, payer ce montant pour obtenir leurs médicaments, même pour trois mois, est bien trop élevé. On risque donc d'avoir des gens qui ne pourront être en mesure de se procurer la totalité de leurs médicaments. Manifestement, la CAQ ne pense pas aux travailleurs de la classe moyenne, notamment ceux qui n'ont aucune assurance collective », a poursuivi Réjean Hébert.

Une proposition qui sent l'improvisation

La Coalition Avenir Québec prétend être en mesure d'économiser 250 M$ en changeant les règles de prescription de médicaments. Rappelons qu'en moyenne un médicament est prescrit pour une durée de 18 jours. « La CAQ ne semble pas savoir que plus de 60 % des ordonnances de médicaments sont prescrites pour 29 jours et moins. La possibilité d'économiser 250 M$ en prescrivant les médicaments pour trois mois devient en pratique impossible. Cette proposition sent l'improvisation », a expliqué Réjean Hébert.

Des calculs qui ne tiennent pas la route

La Coalition Avenir Québec semble ignorer complètement le système pharmaceutique québécois. Voici ce que soulignait Normand Cadieux, vice-président exécutif et directeur général de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires, dans une lettre ouverte au journal Le Soleil le 24 août dernier : « les honoraires payés au pharmacien sont proportionnels au nombre de jours de traitement qu'il délivre pour son patient. Si le pharmacien fournit un approvisionnement de trois mois, il reçoit trois fois les honoraires mensuels. » « Si la CAQ avait parcouru l'entente entre les pharmaciens et le gouvernement du Québec survenue en 2007, elle n'errerait pas comme elle le fait présentement », a souligné le candidat dans Saint-François.

La santé financière des pharmacies

La proposition de couper 250 M$ dans les pharmacies représente un montant moyen de plus de 135 000 $ par pharmacie. « Une compression d'une telle ampleur occasionnera nécessairement des pertes d'emploi dans les laboratoires et même des réductions d'heures d'ouverture, diminuant ainsi la possibilité de consulter le professionnel de la santé le plus accessible : le pharmacien. C'est une proposition irresponsable », a conclu Réjean Hébert.