Redevances minières : le premier ministre ne respecte pas sa parole
lundi 29 août, 2011
Facebook
Twitter

Québec – Alors que le premier ministre Jean Charest affirmait en mai dernier au journaliste Alexandre Shields du Devoir qu’il était « prêt à débattre » de la question des redevances minières et que l’automne serait certainement un bon moment pour le faire, il nous dit exactement le contraire en ce moment en marge de son voyage en Asie.

« C’est aberrant que le premier ministre revienne ainsi sur sa parole. Le projet de loi 14 est l’occasion par excellence d’établir un régime de redevances qui fera en sorte que les Québécois s’enrichissent et au lieu de ça, Jean Charest préfère ne rien faire », a déploré la porte-parole de l’opposition officielle en matière de mines et députée de Vachon, Martine Ouellet.

« Pourquoi le premier ministre revient-il sur sa parole? Est-ce dans le but d’amadouer les investisseurs chinois en leur faisant miroiter des ressources naturelles pratiquement gratuites? », s’est questionnée la députée.

Le Parti Québécois propose d’aller chercher le maximum de redevances minières en mettant en place une redevance obligatoire sur les revenus bruts, sans déduction fiscale, tout en établissant un partage équitable du surprofit, comme le font les Australiens. De plus, le Parti Québécois propose de prendre des prises stratégiques de participation dans les entreprises minières comme le font déjà Terre-Neuve et la Norvège pour le pétrole.

« Rien n’a été réglé depuis le dépôt du rapport dévastateur du Vérificateur général. Sur les quatre milliards de revenus bruts réalisés par l’industrie minière québécoise en 2009-2010, le gouvernement du Québec a perçu uniquement 23 millions en droits nets. Près de la moitié des minières québécoises (7 sur 18) ne paie absolument aucune redevance parce qu’elles ne font aucun profit après l’application de toutes les déductions fiscales. 12 % de zéro dollar égale zéro dollar. Même si le gouvernement augmente ce pourcentage à 16 %, ça fera toujours zéro dollar! C’est inadmissible! Il faut que ça change et vite! Nous n’avons pas les moyens de nous priver plus longtemps de ces revenus, quoi qu’en pense Jean Charest », a conclu Martine Ouellet.