« Re-découvrez le Parti Québécois » - Discours de Jean-François Lisée au conseil national de Québec
lundi 16 janvier, 2017
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NOTES POUR UNE ALLOCUTION DU CHEF DU PARTI QUÉBÉCOIS, MONSIEUR JEAN-FRANÇOIS LISÉE

CONSEIL NATIONAL DU PARTI QUÉBÉCOIS QUÉBEC, LE SAMEDI 14 JANVIER 2017

Pour visionner ce discours, cliquez ici!


La version prononcée fait foi.

Re-découvrez le Parti Québécois.

C’est un message puissant.

Un message qui s’adresse à nous, militantes et militants du PQ.

Un message qui s’adresse à tous nos concitoyens, hommes et femmes, de tous les coins du Québec et de toutes les origines.

Re-découvrez.

C’est qu’il y a quelque chose à re-découvrir.

Un élan, une force, un projet passé de décennie en décennie, de génération en génération, et que nous incarnons, nous, dans cette salle, pour aujourd’hui et demain.

Nos pères fondateurs ont marqué le Québec d’aujourd’hui.

René Lévesque en convainquant les Québécois de nationaliser l’électricité.

Une audace folle à l’époque et qui a transformé, qui a propulsé le Québec.

Jacques Parizeau a été l’architecte de la Caisse de dépôt et placement, le plus grand levier économique de notre histoire.

Ensemble, au pouvoir, et avec leurs successeurs premiers ministres Lucien Bouchard, Bernard Landry et Pauline Marois, ils ont fait franchir au Québec des frontières nouvelles.

Créant le ministère de l’Environnement et lançant l’assainissement des eaux; inventant le zonage agricole, les lois sur la protection du consommateur et la protection de la jeunesse;

Protégeant aussi la santé et la sécurité des salariés, offrant à tous l’assurance automobile, l’assurance médicaments;

Faisant sortir des milliers de femmes de la pauvreté grâce à la perception automatique des pensions alimentaires,

Appliquant, seuls en Amérique du Nord, l’équité salariale;

Offrant le meilleur soutien du continent aux familles, grâce aux garderies à bas prix et à un généreux programme de congé parental.

Quoi que l’on fasse, où que l’on regarde dans le Québec d’aujourd’hui, on trouve partout la trace de l’action du Parti Québécois.

Pour donner aux acteurs locaux et régionaux des outils, du pouvoir et des ressources, pour prendre les décisions de concert avec la société civile, pour soutenir les coopératives et l’économie sociale.

Tout cela, il faut le re-découvrir.

Être membre du Parti Québécois, c’est porter dans sa tête, ses tripes et son cœur la fierté de réalisations nombreuses, concrètes et extraordinairement positives pour le Québec.

La transformation de notre économie.

L’irruption d’une classe d’affaires francophone.

Locale, puis nationale, puis internationale; c’est au Parti Québécois qu’on doit tout ça.

À la vision et à la volonté de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard.

Le virage technologique de Québec, de Montréal et d’ailleurs, c’est à Bernard Landry qu’on le doit, à sa vision et à sa volonté.

Il y a eu une année où le Québec a créé 126 000 emplois, une année, avec l’équipe du Parti Québécois au pouvoir.

Jamais les libéraux n’y sont arrivés. Les résultats sont là.

Prenons le temps de les re-découvrir ensemble.

Qui est le parti de l’économie au Québec?

Laissons d’abord répondre les chiffres :

Le gouvernement Lévesque.

Pendant les années Bourassa.

Sous les premiers ministres Parizeau, Bouchard et Landry.

Pendant les années de Jean Charest.

Pendant l’année Marois.

Sous Phillippe Couillard.

Voyons maintenant pour la moyenne globale :

Parti Libéral.

Parti Québécois.

Alors, je vous pose la question : quel est le parti de l’économie au Québec?

Quel est le parti de l’économie au Québec?

Et quel est le parti de la justice sociale?

L’économiste Pierre Fortin a comparé l’évolution de la pauvreté au Québec et au Canada ces dernières années.

Le plus grand recul de la pauvreté de notre histoire, on le doit aux gouvernements Parizeau-Bouchard et Landry.

Avec le Parti Québécois, la pauvreté recule.

Quand les libéraux reviennent, la pauvreté augmente.

Alors, qui est le parti de la justice sociale au Québec?

Nous sommes le parti qui donne des résultats.

Et tout ça, on l’a fait en tentant, deux fois, de faire franchir au Québec le seuil de la communauté des nations et en adoptant une grande loi qui a donné au français la place qui lui revient dans ce coin d’Amérique : la première place!

Que vous ayez pris votre carte du Parti Québécois à sa fondation ou il y a cinq minutes, vous êtes toutes et tous les porteurs de cet esprit, de cette audace, de cette exigence de faire toujours franchir de nouvelles frontières au Québec. Ça, il faut le re-découvrir en soi-même.

Comme militante, comme militant et comme parti.

Il faut retrouver les sources de cette fierté et la rendre contagieuse.

Ces dernières années, plusieurs se sont détournés de nous, pas parce qu’ils nous connaissaient mal, mais parce qu’ils ne nous reconnaissaient pas.

Nous n’étions pas clairs.

Nous n’étions pas nets. Nous n’étions pas constants.

Et s’ils nous re-découvraient nets, clairs et constants?

Durant notre course au leadership, vous avez choisi un nouveau cap.

En 2018, rendre au Québec le service le plus urgent qui soit, fermer le chapitre des années libérales et offrir un gouvernement honnête, dynamique, compétent.

En 2022, obtenir le mandat de réaliser l’indépendance.

C’est clair, c’est net, c’est constant.

Nous sommes désormais tous unis pour tourner le dos au pétrole, miser franchement et résolument sur l’électricité, l’énergie renouvelable, les emplois durables, refuser le gaz et le pétrole de schiste, dire non, non et non à Énergie Est.

La proposition principale que vous avez entre les mains incarne une volonté écologiste plus déterminée que jamais.

Désormais, voter bleu, c’est voter vert.

C’est clair, net et constant.

Sur l’identité, sur la laïcité, nous ferons de grands pas en avant, structurants, mesurables, clairs et nets.

Pour le français, nous allons faire preuve d’une audace nouvelle.

Jamais auparavant nous n’avons proposé de réclamer une réelle connaissance du français à 100 % des nouveaux arrivants. Jamais.

Jamais nous n’avions proposé un examen de français pour l’obtention des diplômes de cégep et d’université anglophones. Jamais.

Nous avons une détermination renforcée de maintenir une nette majorité de francophones sur l’île de Montréal, d’étendre la loi 101 aux moyennes entreprises et aux entreprises sous juridiction fédérale, de tourner le dos au bilinguisme institutionnel.

L’effet combiné de ces mesures nous permettra d’enrayer le déclin du français et de prolonger puissamment le grand effort de la loi.

Et si on faisait exprès, ensemble, de choisir les combats qui sont à la fois les plus efficaces pour le progrès du français et les plus rassembleurs?

Si on essayait ça, pour une fois? Efficace et rassembleur.

Dans la proposition que vous allez étudier et améliorer, vous trouverez des choix limpides.

Non aux baisses d’impôt qui profiteraient aux plus riches.

Mais oui à mettre plus d’argent dans les poches des familles et de ceux qui en ont vraiment besoin.

Oui à réinvestir dans des services publics d’éducation et de santé qui doivent devenir beaucoup plus efficaces qu’aujourd’hui, répondre beaucoup mieux aux besoins de chacun.

Nous serons clairs, nets et constants.

En plus, vous avez choisi un nouveau chef.

Et si on faisait preuve de constance en le gardant pendant plusieurs années?

Re-découvrir le Parti Québécois, c’est aussi une façon de se montrer.

C’est avoir le cran de sortir de sa coquille, d’aller au-devant de ceux qui nous ont quittés, ne s’intéressent pas à nous ou ont été convaincus par nos adversaires que nous ne sommes pas fréquentables.

Restant fidèles à nos convictions, on peut, on doit avoir une attitude nouvelle.

Étonner, faire des clins d’œil. Il y en a un qui semble avoir trouvé la formule.

Regardez!

Lien de la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=BVMlzwLiwvc

Être convaincu, être convaincant, mais sans être hargneux ou chicanier.

Être décomplexé.

Être zen.

Accepter qu’on ne sera pas tous d’accord sur tout.

Qu’on ne va pas tous au même rythme.

Et que l’important, c’est d’aller dans la même direction et de viser la même destination.

Le Canada fête son 150e. On pensait que le PQ aborderait cette question avec un air grave, triste, rabat-joie.

Lien de la vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=WV2g3pp1Ka8

Mais non.

Une nouvelle attitude, c’est d’aborder le sujet avec un sourire en coin, comme ceci :

Certains nous ont dit que les Québécois ne s’intéressent pas au passé.

Si c’était vrai, ça, ce serait triste et grave.

Mais c’est le contraire.

Sur les réseaux sociaux, notre première image de L’Autre 150e a été une des cinq les plus populaires de tout ce qu’on a mis en ligne depuis un an.

Nous travaillons, vous le savez, à un nouvel argumentaire, 50 réponses plus une sur l’indépendance, dans les mois qui viennent.

Nous préparons avec nos partenaires souverainistes une feuille de route vers l’indépendance qui sera notre boussole commune en 2022, mais qu’il faut commencer à élaborer ensemble dès maintenant.

Nous allons parler d’indépendance sans inhibition, comme je l’ai fait en m’adressant au congrès de l’Union de producteurs agricoles, ou au congrès du grand syndicat Unifor, comme je le ferai à la chambre de commerce de Montréal fin janvier, lors de mes interventions à l’Assemblée nationale ou en mettant Philippe Couillard au défi d’en débattre avec moi, pendant une heure, à la télévision.

Mon offre tient toujours.

Rarement, ces dernières années, on n’a eu un message aussi clair, une proposition aussi nette, une production média inventive.

Pour que nos concitoyens re-découvrent notre parti et notre message, il faut pouvoir le communiquer, rejoindre nos voisins, nos cousines, nos collègues.

Et nous avons désormais entre les mains un outil extraordinairement puissant.

Nos militants.

Nos membres.

Et leurs connexions Internet.

Si nous décidons tous, nous, les militants et les militantes réunis dans cette salle, et si nous convainquons la moitié seulement de nos 90 000 membres de mettre sur nos pages Facebook et nos fils Twitter une capsule vidéo par semaine, nous allons atteindre, ensemble, autant de gens que si on la faisait passer à Tout le monde en parle.

Imaginez.

Nous avons davantage de membres que tous les autres partis au Québec réunis.

Réunis.

Il faut les re-découvrir.

Les mettre à contribution.

Les activer.

Nous sommes, collectivement, un outil de communication massif.

Finalement, et c’est peut-être le plus important, re-découvrez le Parti Québécois, c’est un message qu’on lance à chaque Québécoise et à chaque Québécois.

On leur dit : nous savons que vous avez soif de changement.

Nous savons que vous souhaitez des élus honnêtes et compétents.

Des réponses claires.

Une détermination nouvelle.

Nous savons que beaucoup d’entre vous n’êtes pas prêts, pour l’instant, à faire le pas vers le pays.

Nous respectons votre rythme.

Et si cet enjeu faisait écran entre vous et nous, s’il était un obstacle infranchissable, sachez que par respect pour vous, nous avons levé cet obstacle, pour la prochaine élection, le prochain mandat.

Et que nous pouvons donc faire œuvre commune sur tous les sujets qui nous préoccupent au quotidien.

Vous, libéraux déçus de vos chefs actuels; vous, venus du Chili, d’Algérie, d’Inde ou de Chine, qui cherchez à participer pleinement à l’avenir de votre Québec d’adoption;

Vous, les non-francophones, les libéraux vous tiennent pour acquis, sans vous représenter vraiment ni vous considérer.

Vous n’êtes plus prisonniers d’un seul parti, vous avez le choix.

Re-découvrez nous.

Et vous, nos partenaires indépendantistes de Québec solidaire;

Vous avez fait le bon choix, en décembre, d’ouvrir le dialogue vers la convergence.

Nous sommes différents, comme l’étaient en 1995 Mario Dumont, Lucien Bouchard et Jacques Parizeau.

Et, croyez moi, ils étaient très, très, très différents.

Mais, dans le respect de leurs différences, ils ont fait cause commune.

Aujourd’hui, vous et nous avons assez en commun pour additionner nos forces et faire, ensemble, avancer le Québec.

Vous, qui avez été tentés par la CAQ mais voyez qu’elle n’est plus une coalition, sachez que le parti des familles et des PME, il est ici, au Parti Québécois.

Sachez que le parti qui veut des services publics efficaces, il est ici, au Parti Québécois.

Sachez que le parti rassembleur qui peut, demain, chasser les libéraux, comme il l’a fait plusieurs fois dans le passé, il est ici, au Parti Québécois.

Re-découvrez nous.

Il faut profiter au maximum de cette décision, lucide mais difficile, que nous avons prise de reporter le référendum pour tisser des liens avec tous ceux qui partagent nos convictions sur la santé, l’éducation, l’économie, l’identité.

Faire équipe avec eux, créer pendant ces années un réel lien de confiance.

Et les inviter à faire avec nous en 2022 le reste du chemin, vers le pays.

Maintenant qu’on se connaît, maintenant qu’on a amélioré le Québec ensemble, maintenant qu’on a cassé la croûte, rigolé, pleuré ensemble.

Maintenant qu’on se fait confiance, un coup parti, viens, on va faire un pays ensemble.

Tu vas voir, tu vas aimer ça. Ça va être formidable.