Pour une société équitable, le Parti Québécois disciplinera les « gloutons »
mardi 11 septembre, 2018
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Le chef et la vice-cheffe du Parti Québécois, Jean-François Lisée et Véronique Hivon, ainsi que les candidats Nicolas Marceau (Rousseau) et Jean-Martin Aussant (Pointe-aux-Trembles), ont présenté les engagements du Parti Québécois pour lutter contre les paradis fiscaux et discipliner les hauts dirigeants qui touchent des salaires faramineux. Avec le Parti Québécois, ces personnes devront faire leur juste part, comme tous les Québécois.

 

EN BREF

 

Pour rétablir l’équité fiscale, le gouvernement du Parti Québécois s’engage à :

  • Mettre fin aux conventions qui légalisent l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux.
  • Instaurer une taxe « gloutons » pour freiner la hausse des salaires des hauts dirigeants.
  • Instaurer une taxe sur les profits détournés des multinationales.
  • Appliquer la TVQ à tous les biens étrangers achetés par le biais du commerce électronique.
  • Sortir la Caisse de dépôt et placement (CDPQ) des paradis fiscaux.
  • Annuler la déduction additionnelle sur les options d’achat, un cadeau du gouvernement libéral aux ultrariches.
     

« Un des grands enjeux de notre époque est l’iniquité croissante entre la fiscalité des familles de la classe moyenne et celle des patrons des grandes entreprises. La CAQ et le PLQ n’ont ni la volonté, ni le courage de nommer les choses telles qu’elles sont : le 1 % profite de privilèges et de stratagèmes auxquels n’ont pas accès monsieur et madame Tout‑le‑monde », a déclaré d’entrée de jeu Jean-François Lisée.

 

Lutter contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux

Le plan du Parti Québécois s’attaquera résolument aux paradis fiscaux, qui font perdre des centaines de millions de dollars au Trésor public. Nicolas Marceau a rappelé que le Parti libéral, loin de joindre sa voix au Parti Québécois, a été complice du gouvernement fédéral en légalisant, au Québec, des juridictions de complaisance, comme la Grenade et les îles Cook. « Les paradis fiscaux sont un cancer pour tous les gouvernements. Il est injuste que des millionnaires et des multinationales ne paient pas d’impôt, alors que les PME se font suivre de près par Revenu Québec et que les contribuables paient leur juste part, même s’ils ont très peu de marge de manœuvre », a-t-il soulevé.

 

Le porte-parole du Parti Québécois en matière de finances rappelle par ailleurs que Philippe Couillard a profité d’une juridiction de complaisance, à l’île Jersey. « Philippe Couillard défend même la liberté d’Eugénie Bouchard de déclarer ses revenus aux Bahamas! Les Québécois ne peuvent donc pas s’attendre à ce qu’il prenne ce problème au sérieux. Dans ce dossier, le Québec est outillé pour agir, pour autant que son gouvernement ait un peu de colonne vertébrale », a poursuivi M. Marceau.

 

Taxer les profits détournés et discipliner les « gloutons »

Nous introduirons une taxe sur les profits détournés, comme l’a fait le Royaume-Uni. « Le ministère des Finances évalue les pertes fiscales attribuables aux profits détournés à 159 M$ annuellement pour le gouvernement du Québec. Nous allons appliquer une taxe de 25 % sur ces profits détournés et nous retirerons le Québec des conventions fiscales signées avec des paradis fiscaux. Ainsi, les entreprises auront avantage à déclarer leurs revenus au Québec, ce qui nous permettra de récupérer ces 159 M$ », a précisé Nicolas Marceau.
 

« Depuis 1982, le salaire moyen de 99 % des Québécois a augmenté de près de 160 %. Pour les ultrariches, le 0,1%, il a augmenté de 489 %; c’est plus du triple! Ça n’a tout simplement aucun bon sens. Nous n’avons aucun problème avec la réussite ni avec la richesse, mais il y a des limites aux rémunérations stratosphériques. Quelques illustrations parfaites de cette indécence sont sans aucun doute les dernières augmentations de 40 % consenties à 6 dirigeants de Bombardier, la hausse de 26 % versée au PDG d’Hydro-Québec, ou encore la hausse de 75 % de la rémunération à la CDPQ ces trois dernières années. Ces exemples ont choqué beaucoup de Québécois », a pour sa part rappelé Jean-Martin Aussant.

 

Pour ramener plus d’équité fiscale, un gouvernement du Parti Québécois entend également limiter les salaires des dirigeants des sociétés d’État au niveau de celui du premier ministre. Une exception sera faite pour le PDG de la CDPQ, qui devra néanmoins lui aussi faire preuve de plus de retenue.

 

Le Parti Québécois s’inscrit dans une tendance mondiale et instaurera aussi une « taxe gloutons » sur les très hauts salaires des dirigeants des compagnies publiques. Le principe est simple : le salaire moyen, au sein d’une entreprise publique, sera comparé à la moyenne des 5 plus hauts revenus. Si le résultat des hauts salaires est plus de 30 fois supérieur, l’entreprise devra payer la « taxe gloutons », soit un pourcentage appliqué sur la portion des salaires des 5 plus hauts dirigeants excédant la norme des 30 fois.

 

Pour donner le temps aux entreprises de changer leurs pratiques, la mesure ne s’appliquera qu’à la troisième année de notre mandat, à un taux de 10 %. À partir de la quatrième année, le taux sera de 25 %. « En quelque sorte, c’est une "taxe solidarité", car elle servira à appuyer des missions sociales, comme l’aide aux enfants en difficulté ou le soutien aux proches aidants, aux aînés », a illustré Véronique Hivon.

 

La vice-cheffe a par ailleurs annoncé que le Parti Québécois s’engage à annuler un cadeau que les libéraux ont offert aux très riches Québécois. « Dans son plan pour le maintien des sièges sociaux datant de février 2017, le gouvernement a augmenté le taux de déduction d’impôt sur les options d’achat, le faisant passer de 25 % à 50 %. Autrement dit, au lieu de payer de l’impôt sur 75 % de leurs gains, les très riches en paient désormais sur la moitié seulement. Cette pratique totalement injustifiée a coûté 14 M$ aux Québécois, une somme que nous récupérerons », a-t-elle promis.

 

Sortir la Caisse de dépôt et placement des paradis fiscaux

Enfin, le Parti Québécois exigera de la Caisse de dépôt et placement qu’elle prévoie un plan de désinvestissement des paradis fiscaux. Elle y détient actuellement près de 27 G$ d’actifs, une somme qui a continué d’augmenter au cours de la dernière année. S’ajoute à ces engagements l’application de la TVQ à tous les biens étrangers achetés par le biais du commerce électronique, afin que nos commerçants soient sur un pied d’égalité avec les géants du Web.

 

« Avec notre plan, ce sera fini, les injustices. Nous réinvestirons l’argent récupéré dans les services. Les Québécois s’attendent à plus de justice, à plus d’équité. C’est ce que nous leur proposons, et nous sommes les seuls à avoir le courage de le faire », a conclu Jean-François Lisée.

 

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