Pour passer vraiment de l’échec au succès
mardi 22 mai, 2018
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Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, la porte-parole en matière d’immigration et de diversité, Catherine Fournier, et le porte-parole en matière de développement des régions et de décentralisation, Sylvain Gaudreault, ont présenté aujourd’hui les propositions du Parti Québécois en matière d’immigration, y compris celles visant à favoriser la régionalisation de l’immigration. Des gestes concrets seront nécessaires pour renverser la tendance, alors que plus de 90 % des nouveaux Québécois s’installent dans la région métropolitaine, et ce, malgré une pénurie de main-d’œuvre et un déclin démographique touchant principalement les régions du Québec.

Ils ont présenté aux médias un document majeur sur le sujet : « Immigration, les propositions du Parti Québécois pour passer vraiment de l’échec au succès », disponible au www.pq.org/immigration.

 

EN BREF
Nos propositions visent à :
o    Répondre directement aux pénuries d’emplois en choisissant, parmi les candidats à l’immigration, ceux qui peuvent immédiatement combler les besoins là où ils se situent, notamment en région, et en évaluant correctement leurs diplômes et leurs acquis. Notre objectif : faire en sorte que 25 % des nouveaux arrivants s’installent en région dans un premier mandat;

o    S’assurer que les candidats disposent, avant d’arriver, d’une connaissance suffisante du français pour s’intégrer immédiatement dans leur emploi et leur société d’accueil;

o    Bien vérifier, au point d’entrée, que les candidats adhèrent aux valeurs et aux lois québécoises, puis renforcer cette connaissance par la suite;

o    Ne compter que sur les outils actuellement disponibles pour le gouvernement du Québec, donc ne rien proposer qui suppose l’accord d’Ottawa afin de garantir le succès de cette nouvelle politique.

Depuis 15 ans, la politique d’immigration libérale est un échec complet : main-d’œuvre, francisation, reconnaissance des acquis et des diplômes, régionalisation et rétention.
Les propositions de la CAQ, loin de réparer les erreurs du PLQ, aggraveraient la situation.
 
 

« Depuis 15 ans, la politique d’immigration libérale est un échec complet : sur le plan de la main-d’œuvre, de la francisation, de la reconnaissance des acquis et des diplômes, de la régionalisation et de la rétention, notamment. Nous avons des propositions concrètes, applicables immédiatement, vers de vrais succès. Une vraie politique de succès de l’immigration doit aujourd’hui répondre à plusieurs objectifs simples : répondre aux pénuries d’emplois, particulièrement en région; s’assurer de la connaissance suffisante du français; bien vérifier, au point d’entrée, que les candidats à l’immigration s’engagent à respecter les valeurs et les lois québécoises; et ne compter que sur les outils disponibles au Québec. C’est ce à quoi nous nous engageons », a déclaré Jean‑François Lisée.

Régionalisation de l’immigration

« De loin, le meilleur filtre pour choisir un futur employé venu de l’étranger est l’employeur, qu’il soit privé, public, coopératif ou institutionnel. En ce moment, les employeurs embauchent ces travailleurs de façon temporaire puis, une fois au Québec, ils disposent d’une voie rapide pour obtenir leur Certificat de sélection grâce au Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Le même processus s’applique aux étudiants étrangers qui souhaitent rester au Québec. Un gouvernement du Parti Québécois généralisera cette pratique gagnante ayant fait ses preuves. Mais il ira plus loin. Dans les secteurs et les régions où l’on observe une pénurie de main-d’œuvre, l’existence d’une offre d’emploi validée liant employeur et candidat avant l’arrivée au Québec mettra également son dossier dans une voie express d’approbation et de vérification des autres critères, notamment linguistiques », a déclaré Catherine Fournier.

« C’est une aberration de voir que dans la grille de sélection actuelle, un immigrant qui indique vouloir travailler en région reçoit à peine deux points de plus qu’un immigrant qui indique vouloir travailler à Montréal. Avec la pénurie de main-d’œuvre actuelle qui touche toutes les régions du Québec, cette situation ne peut plus durer. Si l’on veut réellement inverser la tendance, il faut donner un coup de barre, maintenant. Un gouvernement du Parti Québécois agira rapidement en modifiant la grille de sélection afin que 16 points soient accordés aux immigrants ayant une offre d’emploi validée en région, ce qui représente le double des points présentement accordés à une offre d’emploi validée dans la région métropolitaine de Montréal. De plus, nous créerons une nouvelle catégorie afin d’accorder des points supplémentaires à un immigrant qui s’engage à s’établir de façon permanente en région », a ajouté Sylvain Gaudreault.

Le Parti Québécois souhaite également étendre le programme « Un emploi en sol québécois », qui incite les immigrants installés dans la métropole, où leur taux de chômage est plus grand, à combler des emplois vacants en région. Mené par la Fédération des chambres de commerce du Québec, ce programme sera étendu aux trois régions qui n’y ont pas accès (Bas-Saint-Laurent, Gaspésie, Côte-Nord) et sera rendu permanent. « Un emploi en sol québécois » a donné d’excellents résultats. Uniquement pour le projet pilote, ce sont 2 500 emplois rendus disponibles parmi plus de 260 entreprises régionales participantes. Les députés s’engagent également à ce qu’un gouvernement du Parti Québécois rouvre les bureaux régionaux du ministère de l’Immigration et en implante d’autres dans les régions touchées par la pénurie de main-d’œuvre.

Pour contrer les échecs de la francisation : s’assurer de la connaissance suffisante du français au point d’entrée

Il est illusoire de croire que la simple augmentation des budgets en francisation va faire disparaître par magie un taux d’échec de 90 % et un taux de départ du Québec de 40 à 50 % des immigrants qui viennent chez nous avant de découvrir qu’ils n’ont ni la compétence linguistique nécessaire à l’intégration, ni parfois l’envie de l’acquérir, préférant aller ailleurs. Le gaspillage d’argent et de temps, pour la société québécoise et pour l’immigrant, est un immense gâchis. Plusieurs pays européens ont une solution à ce problème : s’assurer que les immigrants connaissent la langue nationale au point d’entrée, donc avant d’arriver. En date de 2013, 17 pays de la zone européenne sur 27, donc 63 %, réclamaient la connaissance de leur langue nationale avant l’entrée dans leur pays. Cela exclut bien sûr les réfugiés et les demandeurs d’asile.

Certains affirment qu’il serait impossible de recruter chaque année quelques dizaines de milliers d’immigrants qualifiés détenant, à leur arrivée, une connaissance du français langue première ou langue seconde. Le document dévoilé aujourd’hui démontre que le bassin mondial de citoyens parlant français excède 270 millions de personnes, réparties sur tous les continents.

On y note entre autres que la proportion de Portugais (23 %), de Hollandais (21 %), de Britanniques (16 %) et d’Allemands (14 %) qui parlent le français est supérieure au nombre de Canadiens hors Québec qui le parlent (10 %). Sans compter, évidemment, les 63 millions de Français, les 8 millions de Belges et les 117 millions de francophones d’Afrique. On trouve aussi des concentrations importantes au Vietnam (650 000), en Thaïlande (556 000) et ailleurs. Aux États-Unis, chaque année, 1,3 million d’étudiants l’apprennent au secondaire et 216 000 étudiants aux études supérieures. En Asie, entre 2009 et 2013, le nombre de gens apprenant le français seulement dans l’offre des Alliances Françaises a augmenté d’un million! Le nombre de Chinois et d’Indiens qui apprennent le français aux études supérieures est en croissance marquée. Il y a 20 ans, 32 universités chinoises enseignaient le français. En 2014, on en comptait 142!

Le document rendu public aujourd’hui explique comment l’exigence de connaissance du français au point d’entrée serait modulée en fonction de la qualification de l’emploi convoité ou obtenu. Quant aux craintes parfois évoquées sur l’attraction de personnel hautement qualifié, le document revient sur les exceptions actuellement en vigueur qui couvrent ces besoins particuliers et ponctuels, et s’engage à les maintenir pour l’avenir.

Vérifier que les candidats adhèrent aux valeurs et aux lois québécoises

« La CAQ a lancé un débat absurde sur un “test des valeurs” qu’elle voudrait faire passer aux candidats à l’immigration trois ou quatre ans après leur arrivée sur le territoire. Faute de quoi, la personne se verrait refuser son Certificat de sélection du Québec et deviendrait “sans statut”, donc sujette à l’expulsion par le Canada. Cette proposition est inapplicable car jamais un gouvernement canadien n’accepterait de modifier sa politique d’immigration pour répondre aux volontés de la CAQ. Elle aurait, en outre, de graves conséquences sur le plan humain, manquant profondément d’égard à la démarche d’intégration de la personne candidate à l’immigration, à celle de son conjoint ou de sa conjointe, ainsi qu’à celle de ses enfants – possiblement nés ici – ou aux liens qu’ils auront développés dans leur emploi comme à l’extérieur de celui-ci.

Le Québec oblige depuis plusieurs années tous les candidats à l’immigration adultes à signer une déclaration des valeurs. Cette signature est obligatoire pour que la demande soit valide. Nous bonifierons cette déclaration, incluant entre autres le respect des droits des LGBTQ+ et l’interdiction du port des signes religieux en position d’autorité, dès que notre gouvernement la mettra en place », a précisé Catherine Fournier.

Utiliser les outils disponibles ici et éviter l’écueil du fédéral

« Il est parfaitement illusoire de concevoir, en 2018, une politique d’immigration québécoise se fiant à la bonne volonté du gouvernement fédéral, comme le fait la CAQ. Les impératifs de la pénurie de main-d’œuvre, des besoins des régions pour l’attraction d’étudiants étrangers, et de mesures fortes pour freiner le déclin du français dans la métropole ne peuvent attendre le bon vouloir d’Ottawa. Le programme du Parti Québécois en matière d’immigration évite complètement l’écueil fédéral. Ses mesures sont applicables immédiatement et changent complètement la donne pour l’emploi, pour les régions et pour le français », a conclu le chef de l’opposition officielle.