Pauline Marois propose de rapatrier le régime d'assurance-emploi au Québec
lundi 14 novembre, 2011
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Québec – La députée de Charlevoix et chef de l’opposition officielle, Pauline Marois, propose de rapatrier le régime d’assurance-emploi au Québec. C’est ce qu’elle a déclaré aujourd’hui alors qu’elle prenait part à une conférence de presse organisée par Action-Chômage Québec en compagnie de la députée de Taschereau, Agnès Maltais, et du député de Marie-Victorin, Bernard Drainville.

« Il s’agit d’un programme social fondamental qui touche des millions de Québécois, dont plusieurs dans la région de la Capitale-Nationale, incluant Charlevoix. Chacun des salariés et presque tous les employeurs paient des cotisations d’assurance-emploi. Il est plus que temps de le rapatrier au Québec pour en faire un programme décent, moderne et efficace qui réponde véritablement à nos besoins », a déclaré Pauline Marois.

Quelques grands principes devraient guider la mise en place d’un régime québécois d’assurance-emploi selon Pauline Marois. « Il devrait d’abord être une véritable assurance pour les salariés. Il devrait être une solution à la pénurie de main-d’œuvre spécialisée. Les employeurs devront en sortir gagnants et enfin le régime québécois devrait viser une réduction à long terme des taux de cotisation des employeurs et des employés ».

« Dans le régime fédéral actuel, plusieurs travailleurs payent des cotisations sans être assurés. Il y a des travailleurs saisonniers, des jeunes et un nombre disproportionné de femmes qui sont laissés en plan présentement. Les employeurs, qui payent des cotisations, sont eux aussi pénalisés. L’assurance-emploi devra donc redevenir ce qu’elle aurait toujours dû être : une assurance », a expliqué la chef de l’opposition officielle.

Le programme québécois devra par ailleurs faire partie de la solution au problème de pénurie de main-d’œuvre spécialisée. « Si nous faisions la recension de tous les emplois sans travailleur et de tous les travailleurs sans emploi, nous pourrions probablement conclure qu’en théorie, le Québec est une société de plein emploi. Évidemment, en pratique c’est différent. Nous pourrons, avec un programme québécois d’assurance-emploi, inciter davantage de nos travailleurs à suivre une formation spécialisée en demande auprès des employeurs. Cela aura le triple avantage d’aider les travailleurs, les employeurs et l’économie québécoise », a-t-elle ajouté.

Les coûts administratifs du programme actuel sont très élevés. Juste pour le Québec, ce sont 485 millions de dollars en frais de fonctionnement. En couplant les services de fonctionnement d’Emploi-Québec et ceux du programme d’assurance-emploi, nous pourrons ainsi économiser des millions de dollars qui serviront à payer les prestations ou à réduire les cotisations.

« Ce que nous proposons aujourd’hui, c’est un projet d’avenir rassembleur pour les travailleurs et les employeurs qui en sortiront gagnants. Il s’agit d’une vision où le Québec gagnera à prendre ses propres décisions », a ajouté la chef de l’opposition officielle, en invitant les représentants de tous les partis politiques tant à Québec qu’à Ottawa à s’unir autour de cette idée gagnante pour le Québec et à réclamer d’une même voix le rapatriement du régime d’assurance-emploi.

« Le gouvernement Harper ne rate pas une occasion de répéter que son gouvernement ne s’ingère pas dans les compétences des provinces et qu’il ne croit pas aux vertus des programmes sociaux. Il devrait donc être heureux de se débarrasser de la gestion du programme d’assurance-emploi », a conclu Pauline Marois, en se montrant confiante de pouvoir doter le Québec d’un outil vital pour son développement économique et social.