Notre langue, sa défense et sa vigueur doivent être une priorité
mercredi 2 août, 2017
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Notre langue, sa défense et sa vigueur doivent être une priorité
 
Québec, le 2 août 2017 – Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de francophonie d’Amérique, Stéphane Bergeron, le lieutenant pour la langue française, Maka Kotto, ainsi que la porte‑parole en matière d’immigration et de communautés culturelles, Carole Poirier, sont très inquiets de constater la chute de l’usage du français au Québec et dans le reste du Canada.
 
 
EN BREF
  • Notre devoir, c’est d’assurer une présence vigoureuse et dynamique du français.
  • Pourtant, le gouvernement de Philippe Couillard ne cesse de couper dans les services en francisation.
  • Le Parti Québécois propose 20 mesures pour l’intégration des immigrants, incluant une politique globale pour leur francisation.
  • Nous demandons également que 100 % des immigrants sélectionnés maîtrisent le français lors de leur arrivée au Québec.
 
« Je suis alarmé, mais peu surpris, d’apprendre que le français est en déclin, et ce, même au Québec. Le gouvernement de Philippe Couillard a coupé de façon dramatique dans les services en francisation. Alors qu’il devrait assurer la préservation du français et soutenir les francophones d’Amérique, il regarde la situation avec des lunettes roses. Au printemps dernier, Jean-Marc Fournier se félicitait de résultats qui nous semblaient pourtant inquiétants, au lieu de redoubler d’ardeur, de réinvestir massivement en francisation et d’y aller de nouveaux efforts pour que la langue française demeure en croissance, au Québec comme ailleurs en Amérique, plutôt qu’en recul, comme c’est présentement le cas », a déclaré Stéphane Bergeron.
 
« La responsabilité de défendre avec pragmatisme notre langue commune va de pair avec son rayonnement au-delà de nos frontières. Pourtant, le gouvernement actuel instrumentalise la langue et ses locuteurs pour mousser son option visant à faire du Québec une "province comme les autres", alors que le fait est, bien au contraire, que peu importe qu’on soit indépendantiste ou fédéraliste, la défense et la promotion du français doivent constituer des objectifs prioritaires en soi et non des enjeux secondaires soumis à des considérations politiques et partisanes », a ajouté Maka Kotto.
 
« Le Parti Québécois propose 20 mesures pour l’intégration des immigrants, incluant une politique globale pour leur francisation. Nous voulons également atteindre l’objectif de francisation 100 %. Pour cela, nous proposons d’assurer que chaque travailleur qualifié sélectionné ait une connaissance intermédiaire ou avancée du français, et nous souhaitons que les réfugiés puissent profiter d’une période de francisation et d’adaptation rémunérée. C’est ainsi que nous assurerons la pérennité de notre langue », a conclu Carole Poirier.
 
 
 
 
Quelques mesures proposées par l’opposition officielle en matière de langue, de francisation et d’intégration des Québécois d’adoption
 
 
Renforcer le français langue de travail :
·        Soumettre progressivement les entreprises de 25 à 50 employés à la procédure de certification de francisation, tout en leur offrant l’accompagnement et le soutien appropriés;
·        Appliquer la Charte de la langue française aux entreprises de juridiction fédérale;
·        Permettre aux travailleurs de déposer des plaintes anonymes à l’OQLF lorsque des postes offerts requièrent une connaissance d’une langue autre que le français sans que cela soit nécessaire;
·        Instaurer des comités de francisation dans les établissements publics de grande taille tels que les hôpitaux;
·        Resserrer les critères qui permettent aux entreprises d’exiger l’anglais à l’embauche et sensibiliser les entreprises au droit de travailler en français de tous les Québécois, particulièrement de ceux issus de l’immigration;
·        Défendre les droits des salariés francophones à travailler en français au sein de la fonction publique fédérale et des Forces armées canadiennes.
 
Renforcer le français comme langue d’enseignement :
L’enseignement du français doit être valorisé et renforcé à chaque étape du parcours scolaire, pour les jeunes qui fréquentent les réseaux francophones ou anglophones.
 
Au niveau collégial :
Le choix des cégeps anglophones par une trop grande proportion d’élèves allophones doit être renversé par une action robuste pour rendre les cégeps francophones plus attractifs sur tous les plans, notamment dans leur offre linguistique, en :
·        Instaurant une épreuve uniforme de français dans tous les cégeps, y compris les cégeps de langue anglaise.
 
Au niveau universitaire :
Le réseau universitaire québécois est une des grandes réussites du Québec moderne. Le fait qu’on y trouve des institutions francophones et anglophones de grand renom est un atout et personne ne remet en cause la possibilité, pour chaque étudiant, de choisir ses études universitaires.
 
Il faut cependant s’assurer que les finissants de toutes nos universités, y compris anglophones, aient les compétences requises pour réussir dans un marché du travail francophone. De même, il serait normal que les filières limitées ou contingentées soient offertes aux étudiants dans une proportion proche de la composition linguistique, donc des besoins, du Québec.
 
Finalement, il faut prendre concrètement en compte le déséquilibre entre la capacité des universités anglophones d’attirer des étudiants étrangers et celle des universités québécoises, et pallier ce déséquilibre.
Cela peut se faire en :
·        Entamant avec les universités anglophones un dialogue pour que leurs étudiants issus du Québec maintiennent ou améliorent leur français tout au long de leur cursus et que leur connaissance du français soit une condition d’obtention de leur diplôme; que l’initiation au français fasse partie du cursus de leurs étudiants venus de l’extérieur du Québec.
 
Atteindre l’objectif de francisation 100 % :
·        Assurer une connaissance intermédiaire ou avancée du français pour chaque travailleur qualifié sélectionné, ainsi que pour son conjoint ou sa conjointe;
·        Assurer aux réfugiés une période de francisation et d’adaptation rémunérée;
·        Inscrire dans la loi le droit à la francisation pour chacun;
·        Sensibiliser l’ensemble des immigrants au devoir civique de francisation, permettant notamment de participer pleinement aux débats publics;
·        Bonifier de façon importante le financement et l’organisation de la francisation au Québec.
 
Faire les bons choix pour le succès des futurs Québécois d’adoption :
·        Confier au Vérificateur général, assisté par l’Institut de la statistique du Québec et des experts en démographie, en emploi et en intégration, le mandat de recommander, d’une part, le nombre d’immigrants dont on peut raisonnablement assurer l’intégration et le succès, compte tenu de l’effort public actuellement engagé, et de déterminer, d’autre part, les seuils et investissements optimaux pour l’atteinte d’objectifs démographiques et de main-d’œuvre mesurables;
·        Favoriser le jumelage préalable des candidats avec des employeurs intéressés, dans des forums d’emploi sur place ou virtuels, comme les « Journées Québec » aux quatre coins du globe;
·        Assurer un recrutement et un soutien actif d’étudiants étrangers francophones et francophiles, en vue de l’obtention d’un diplôme d’une université ou d’un cégep québécois, et les inciter à s’établir durablement au Québec.