L’opposition officielle dénonce le manque d’ambition du gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté
lundi 13 novembre, 2017
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Québec, le 13 novembre 2017 – Le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’emploi, de solidarité sociale et de lutte contre la pauvreté, Harold LeBel, critique vivement certaines recommandations du rapport dévoilé aujourd’hui par le Comité d’experts sur le revenu minimum garanti.

EN BREF

  • Le rapport recommande que les personnes seules aptes à l’emploi reçoivent une aide équivalente à 55 % de la Mesure du panier de consommation (MPC), soit à peine la moitié du montant nécessaire pour sortir de l’extrême pauvreté.
  • Nous croyons que cette augmentation de seulement 3 % est nettement insuffisante; elle correspond, concrètement, à 40 $ de plus par mois.
  • Le mandat confié au comité avait-il vraiment pour but d’aider les plus vulnérables? La question se pose.
  • Alors que le gouvernement va dévoiler son nouveau plan de lutte contre la pauvreté, c’est un manque d’ambition que de vouloir sortir seulement 100 000 personnes de l’extrême pauvreté, alors qu’elles sont plus de 800 000 en ce moment.

« Il faut le dire : la Mesure du panier de consommation, c’est en quelque sorte le fameux "seuil de la pauvreté". Or, ne disposer que de 55 % de la MPC, tel que le recommande le rapport, c’est sortir de l’extrême misère, mais demeurer pauvre. Actuellement, l’aide sociale assure à toute personne 52 % de la MPC. Une augmentation de 3 %, c’est seulement 40 $ de plus par mois. Le gouvernement doit faire mieux et s’assurer que tous les Québécois ont accès à un revenu décent, qui leur permette de réellement sortir de la pauvreté », a réclamé Harold LeBel.

« On dirait que le gouvernement a donné au Comité un mandat qui allait lui fournir les recommandations dont il avait besoin. En effet, le mandat n’étant pas spécifiquement axé sur l’amélioration du soutien au revenu – il était davantage orienté vers la simplification du régime et l’incitation au travail –, le comité pouvait difficilement recommander la bonification substantielle des prestations d’aide. Le gouvernement cherchait-il vraiment une façon d’aider les plus vulnérables, ou plutôt à justifier l’indéfendable programme Objectif emploi, présenté cet été? », s’est demandé le porte-parole.

« Le Québec compte actuellement 800 000 personnes en situation d’extrême pauvreté. Si le gouvernement applique les recommandations du rapport dans son prochain plan de lutte contre la pauvreté, seulement 100 000 pourront en sortir. Un État riche comme le Québec ne peut tolérer cet état de fait! Je demande au ministre François Blais de faire preuve de courage et de ne pas se contenter du statu quo. Pour arriver à des résultats qui vont réellement aider nos concitoyennes et nos concitoyens, de l’ambition et un plan solide sont nécessaires », a‑t‑il conclu.