Le Québec a besoin d’un programme pour l’inclusion numérique
jeudi 23 mars, 2017
Facebook
Twitter

Québec – Faisant écho à la demande du collectif citoyen Informatique pour tousParole d’excluEs, de la ressource informatique La Puce, entre autres groupes, et de milliers de personnes préoccupées par l’accès aux technologies de l’information (TI), la députée d’Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, et la porte-parole du Parti Québécois en matière d’économie numérique, Mireille Jean, réclament du gouvernement libéral qu’il mette en place un programme de formation qui permettra de lutter contre la fracture numérique.

Au Québec, selon une enquête menée en 2014 par le CEFRIO, 58 % des ménages dont le revenu est inférieur à 20 000 $ ne possèdent pas de connexion Internet à la maison. Ce taux grimpe à 70 % lorsque le chef de famille ne possède pas de diplôme d’études secondaires. Par ailleurs, 56 % des 65 ans et plus n’utilisent pas Internet de façon régulière. « On s’entend tous pour affirmer qu’Internet et les technologies numériques sont essentiels aux entreprises du Québec. Ce qu’on oublie trop souvent, c’est qu’ils sont tout aussi essentiels aux citoyens, quel que soit leur niveau social. Priver un citoyen de ces technologies, c’est le priver des possibilités de développement économique, social et intellectuel qu’elles offrent. Les chiffres montrent que le Québec est loin d’être une société hyperconnectée; il faut agir », a déclaré Mireille Jean.

« De nos jours, à la suite du virage technologique, Internet et divers logiciels sont nécessaires pour accéder à plusieurs services gouvernementaux, par exemple. Ne pas les maîtriser met les gens à l’écart, en marge de l’accès à la connaissance », a renchéri Lise Vincelette, membre d’Informatique pour tous.

Amélie Daigle, coordonnatrice générale de Parole d’excluEs, ajoute que « la fracture numérique prend sa source dans les inégalités socioéconomiques. Le gouvernement a le devoir d’agir pour favoriser le développement des compétences et l’accès aux TI. C’est d’ailleurs ce que notre programme pour l’inclusion numérique propose de faire ».

En effet, le collectif, de concert avec La Puce, a développé un programme de formation continue destiné aux organismes communautaires. Il permet à la fois d’initier la clientèle au numérique et d’actualiser leur équipement informatique. « Ce programme, gratuit et adapté aux besoins des non-initiés, offre des activités d’appropriation et de sensibilisation structurantes, partout au Québec », a précisé Louise St-Jacques, directrice de La Puce.

Aujourd’hui à l’Assemblée nationale, Carole Poirier a déposé une pétition, signée par 1872 personnes, réclamant la mise sur pied, par le gouvernement, d’un programme similaire. « Nous demandons au gouvernement du Québec d’agir pour lutter contre l’exclusion numérique et informatique; c’est une question d’équité », a-t-elle conclu.