Le Parti Québécois demande le dépôt d'un projet de loi pour accroître le rôle des pharmaciens dans le système de santé
mardi 10 mai, 2011
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Québec – Le Parti Québécois veut forcer le gouvernement libéral à se commettre et à déposer un projet de loi à l’Assemblée nationale avant la mi-juin afin d’accroître le rôle des pharmaciens dans le système de santé québécois.

« Les pharmaciens sont des professionnels de la santé, mais actuellement sous-utilisés. Répartis dans 1700 points de service, ils sont 5200 à offrir un service de proximité partout sur le territoire. Il est temps de provoquer le débat et que celui-ci ait lieu à visage découvert. Par le dépôt d’un projet de loi, nous pourrons vaincre les résistances et démontrer qu’au Québec, nous avons la volonté de rendre notre système de santé plus efficace », a déclaré la députée de Taschereau et porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, Agnès Maltais.

Elle rappelle qu’en Alberta, en Colombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick et en Ontario, les pharmaciens peuvent prolonger, renouveler et parfois, sous certaines conditions, prescrire des médicaments. « Nous n’avons pas besoin de réinventer la roue : inspirons-nous de ce qui se fait ailleurs pour l’adapter à notre réalité », a indiqué Mme Maltais.

Un geste essentiel pour rendre le système plus efficace

Rappelant qu’un Québécois sur quatre n’a pas de médecin de famille, la députée de Taschereau souligne la nécessité d’innover pour désengorger la première ligne. « Il est inutile de se fendre en quatre pour trouver des solutions. Elles existent mais il faut avoir le courage de les appliquer », a ajouté Agnès Maltais.

Pour sa part, la députée de Mirabel et porte-parole de l’opposition officielle en matière de lois professionnelles, Denise Beaudoin, estime qu’avec le dépôt d’un projet de loi, les ordres professionnels auront le devoir de s’expliquer. « Actuellement, les discussions se tiennent, semble-t-il, mais derrière des portes closes. Il faut redonner confiance aux citoyens et ouvrir les portes de ce débat. Ne perdons pas de vue l’essentiel : nous devons, comme législateurs, favoriser le partage des compétences entre les professionnels de la santé pour soulager notre réseau public de santé », a affirmé Denise Beaudoin.

La volonté d’Yves Bolduc est-elle réelle ou virtuelle?

Une motion a donc été déposée à l’Assemblée nationale afin de forcer les députés libéraux à se prononcer sur cette solution. Cette motion se lit ainsi :

« Que l’Assemblée nationale du Québec exige du gouvernement libéral la présentation, d’ici le 10 juin 2011, d'un projet de loi qui permettra aux pharmaciens d'exercer de nouvelles responsabilités visant à améliorer la qualité et l’efficacité des soins de santé à la population, notamment : prolonger certaines ordonnances qui ne sont plus renouvelables en fonction de critères précis; adapter une ordonnance lorsque la situation l’exige; contribuer à la résolution de certains problèmes de santé simples, incluant des infections bénignes; demander certains tests de laboratoire pour surveiller la sécurité de l’utilisation des traitements; administrer certains médicaments.

Que cette motion devienne un ordre de l’Assemblée nationale du Québec ».

« Avec cette motion, nous pourrons débattre sereinement à l’Assemblée nationale d’une solution efficace pour améliorer le système de santé québécois. Nous pourrons enfin vérifier si la volonté du gouvernement d’accroître le rôle des pharmaciens est réelle ou simplement virtuelle », a conclu Agnès Maltais.