Le nationalisme économique a une maison, c’est le Parti Québécois - Discours de Jean-François Lisée au conseil national de Québec
lundi 16 janvier, 2017
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NOTES POUR UNE ALLOCUTION DU CHEF DU PARTI QUÉBÉCOIS, MONSIEUR JEAN-FRANÇOIS LISÉE

NATIONALISME ÉCONOMIQUE

CONFÉRENCE NATIONALE DES PRÉSIDENTES ET DES PRÉSIDENTS QUÉBEC, LE DIMANCHE 15 JANVIER 2017

Pour visionner ce discours, cliquez ici!


La version prononcée fait foi.

« Je sais qu’il y en a qui diront :

Laissons les étrangers venir ici et investir leur argent, et tout ira bien.

Maintenant, cela n’est plus suffisant.

Les étrangers ne viennent ici que lorsque cela leur rapporte, et je comprends cela.

Pour nous, toutefois – oui, pour nous, Québécois de toutes origines –, est-ce que cela est suffisant?

Pouvons-nous nous contenter de ce que cela peut nous rapporter?

Serons-nous toujours victimes de cet état d’esprit qui nous condamne à ne toucher que les miettes qui tombent de la table à laquelle mangent ceux qui viennent d’ailleurs?

Mes chers amis, j’ai la conviction profonde que le peuple du Québec a fait son choix.

Je suis convaincu qu’il veut devenir le maître de son économie. »

Avez-vous remarqué que ce n’est pas mon style habituel?

C’est vrai.

Je viens de citer, mot à mot, un discours prononcé le 30 septembre 1962 par le premier ministre Jean Lesage.

Je viens de faire applaudir par un Conseil national du Parti Québécois un premier ministre libéral.

C’est un bon tour que je vous joue parce que ce discours est le texte fondateur du nationalisme économique québécois.

Il y a eu un avant, et il y a eu un après.

Et plus rien n’était pareil.

Le Parti Québécois a beaucoup contribué à moderniser le nationalisme économique à chacun de ses passages au pouvoir.

C’est notre tour de le faire.

Et ça presse.

Parce qu’autour de nous, sur ce continent, il n’y a pas que des enfants de chœur.

Et il va falloir montrer du muscle, défendre nos emplois, nos parts de marché, pied à pied au cours des années qui viennent.

Les sièges sociaux Le nationalisme économique, en 2017, c’est d’abord reconnaître l’importance considérable de garder, chez nous, nos propres sièges sociaux.

Ce n’est pas vrai que les compagnies sont apatrides.

Des propriétaires locaux embauchent davantage localement et s’investissent davantage dans leur communauté.

Agir résolument pour les garder, comme le font plusieurs autres États dans le monde, y compris le Royaume-Uni et les États-Unis, c’est une nécessité.

Il y a au gouvernement Couillard une naïveté néfaste face aux réalités du monde des affaires.

Un refus de se montrer ferme et actif, dans l’intérêt commun des Québécois.

Le contraire de l’esprit de Jean Lesage.

Élu en 2018, un gouvernement du Parti Québécois agira rapidement pour que la rétention des sièges sociaux stratégiques soit une des missions explicites de la Caisse de dépôt et d’Investissement Québec.

On ne veut plus revivre de Rona.

Jamais.

L’État québécois est généreux dans son aide aux entreprises pour faire émerger chez nous des champions.

Nous allons continuer à le faire, mais de manière plus efficace et plus ciblée.

Notamment en redonnant au programme des gazelles tous ses moyens, c’est-à-dire en ciblant les entreprises à plus fort potentiel de croissance et en les accompagnant vers un succès national, puis international.

Et les sièges sociaux internationaux de nos futures gazelles, savez-vous quoi? On va les garder chez nous!

De l’aide conditionnelle Avec nous, ce sera fini d’alimenter à coups de crédits d’impôt en recherche des compagnies qui partent à l’étranger avec, dans leurs poches, les brevets conçus avec notre argent.

Notre appui sera conditionnel.

C’est chez nous, ou vous remboursez.

Et s’il nous venait, au gouvernement du Parti Québécois, l’idée d’investir, disons, un milliard de dollars dans Bombardier, pensez-vous un instant qu’on oublierait d’exiger en échange des garanties contre les délocalisations? Quand je vous parle de naïveté néfaste.

Tournant le dos au pétrole, nous allons faire émerger au Québec une grappe d’électrification des transports qui peut et doit devenir une référence sur la planète.

Nous avons tous les outils, toutes les ressources, toute l’inventivité.

Ne manque que la volonté politique.

Elle se prépare, elle arrive, avec nous.

Augmenter la propriété québécoise Lorsque des entreprises fermeront leurs portes, notre premier réflexe sera de nous asseoir avec les salariés et les cadres mis à pied pour leur dire : et si on relançait l’usine en coopérative?

Et si, dans votre usine, vous étiez maîtres chez vous?

La propriété des terres agricoles du Québec est aussi un enjeu de nationalisme économique.

Nous sommes de la génération qui doit assurer que nos terres restent entre les mains d’agriculteurs québécois, pas entre celles de fonds d’investissement étrangers ou anonymes.

Nous nous y engageons.

Le nationalisme économique, c’est aussi les circuits courts, des tarifs d’électricité encore plus compétitifs pour les serres, de la place dans nos épiceries pour les produits locaux, un encadrement réglementaire allégé pour les petits producteurs.

Le gouvernement des PME Le nationalisme économique, c’est aussi favoriser l’entrepreneuriat sous toutes ses formes.

Et, pour commencer, arrêter de nuire.

Nos petites et moyennes entreprises croulent sous une paperasse municipale, québécoise et fédérale décourageante et contreproductive.

Assurer la qualité des produits, les droits des salariés, protéger l’environnement, oui, sans compromis.

Mais, à l’ère du numérique, comment expliquer que Québec et les municipalités n’aient pas informatisé ni simplifié leurs rapports avec les entreprises?

Au pouvoir, en 2018, nous serons comme jamais le gouvernement des PME.

Et un de nos premiers gestes sera de casser la culture du racket à Revenu Québec, plusieurs fois dénoncée par le Protecteur du citoyen.

Non, nos entrepreneurs ne doivent pas être présumés coupables.

Moi, fils d’entrepreneur, j’entends bien la grogne, partout au Québec, face aux tactiques douteuses de Revenu Québec. Nous allons y mettre un terme.

Les paradis fiscaux Le nationalisme économique, c’est refuser que des millionnaires québécois aillent cacher leurs épargnes dans les paradis fiscaux.

C’est arrêter d’appliquer bêtement à la fiscalité québécoise les échappatoires fiscales scandaleuses inventées par Paul Martin et Stephen Harper.

Des privilèges protégés, encore l’automne dernier, par Justin Trudeau, contre le vœu unanime de l’Assemblée nationale.

Un gouvernement du Parti Québécois va rendre imposables les comptes aux Bermudes de nos citoyens qui ont cherché à éviter l’impôt.

Aujourd’hui, les fraudeurs fiscaux qui avouent leur délit ne paient pas d’amende.

Je leur donne un préavis.

Quand le Parti Québécois sera au pouvoir, dépêchez-vous de sortir de l’ombre, car, plus vous attendrez, plus les amendes seront salées.

Nous avons besoin de l’argent que vous nous devez pour payer des soins à domicile, du soutien à nos enfants, des écoles saines, des CHSLD où on ne rationne pas les soins.

Votre comportement est honteux.

Avec vous, nous serons intraitables.

Notre juste part Le nationalisme économique, aujourd’hui, c’est réclamer, tant qu’on fait partie du Canada, la justice.

La juste part.

Les calculs sont nets.

Si on recevait la moyenne canadienne des investissements fédéraux productifs au Québec – pas plus que la moyenne, juste notre part –, notre économie profiterait d’une injection annuelle supplémentaire allant jusqu’à quatre milliards par an, créant 35 000 bons emplois directs.

Immédiatement, on recevrait moins de péréquation.

Immédiatement. Avec plaisir.

Vous connaissez la chanson de Dédé Fortin : Passe-moi la puck, pis on va en compter, des buts. Ottawa la passe souvent, la puck : des milliards de crédits d’impôt pour les sables bitumineux dans l’Ouest et le pétrole de Terre-Neuve, des milliards d’investissements publics pour le nucléaire en Ontario et pour son industrie automobile.

Pour le Québec? De la péréquation.

En prime, des insultes parce qu’on reçoit de la péréquation.

Un cercle vicieux d’appauvrissement et de dénigrement systémique.

Pensez-vous un instant que si le siège social de Bombardier était à Toronto ou à Edmonton, il attendrait encore son chèque d’aide du fédéral?

Il l’aurait reçu depuis longtemps.

Ottawa donne une garantie de prêt à Terre-Neuve pour son projet hydroélectrique.

Ok; qu’il nous passe la puck et fasse la même chose pour la dette courante d’Hydro?Québec, et nous allons économiser 9 milliards de dollars.

Sinon, c’est une injustice!

Le plus grand investissement de l’histoire du Canada est commencé.

Cent milliards de dollars pour des navires de guerre.

Notre part de la facture à nous, les contribuables québécois, c’est 20 milliards.

Mais la justice n’est pas passée par là.

Ottawa ne nous passe pas la puck.

Ottawa prend les 20 milliards et nous rend 600 millions, à Lévis.

C’est la plus grande injustice économique envers le Québec de l’histoire du Canada.

Je vous le dis : on va encore en parler dans 150 ans!

Écoutez bien : près de 20 milliards des impôts québécois vont servir à créer d’excellents emplois à Vancouver et à Halifax.

Ensuite, les fédéraux vont nous accuser de ne pas créer autant d’emplois qu’eux, ils vont nous envoyer de la péréquation en nous accusant d’être les assistés sociaux du Canada.

Non.

Non.

Vous trouvez que le Parti Québécois a bien réussi, il y a quelques années, en faisant du concept un peu obscur de déséquilibre fiscal un enjeu politique majeur?

Vous n’avez encore rien vu.

En 2018, notre gouvernement va faire de l’injustice du programme des navires de guerre une question centrale de la défense de nos droits face à Ottawa.

Parlant d’Ottawa, il va sans dire que le nationalisme économique, comme le nationalisme écologique, c’est refuser de se faire imposer un pipeline qui traverserait 860 de nos cours d’eau pour contribuer à réchauffer la planète.

Un nationalisme international Le nationalisme, ce n’est pas rester chez soi.

C’est être présent au monde, à sa manière, en défendant ses intérêts.

Et je vais vous parler un peu de libre-échange.

Au-delà des slogans.

Le premier homme politique québécois à avoir déclaré que le libre-échange avec les États-Unis serait bénéfique pour l’économie québécoise s’appelait René Lévesque.

Il a rapidement été suivi par Jacques Parizeau et Bernard Landry.

Le chef libéral, Robert Bourassa, était plus frileux.

Il trouvait que c’était un risque mal calculé.

Il pensait que les entrepreneurs québécois ne seraient pas assez forts pour résister à la concurrence américaine.

Les organisations syndicales craignaient qu’une entente avec les États-Unis nous force à réduire notre filet social.

Une crainte légitime, à l’époque.

Mais, à l’élection fédérale de 1988, dont c’était l’enjeu principal, ce sont les électeurs québécois qui ont donné à Brian Mulroney la majorité nécessaire pour aller de l’avant, contre le vœu de l’Ontario et de la majorité des provinces.

À peine dix ans plus tard, les entreprises québécoises avaient, plus que toutes les autres au Canada, pris des parts de marché au sud de la frontière, créé des emplois dans toutes les régions. Et notre filet social n’a pas fondu.

Il s’est étendu avec toutes les mesures adoptées par le gouvernement du Parti Québécois de 1994 à 2003.

Jacques Parizeau était aux anges.

L’accord avait « décanadianisé » l’économie québécoise.

Avant, 60 % de nos exportations nord-américaines allaient au Canada anglais. Après, 60 % allaient aux États-Unis.

Un renversement complet.

Un Québec beaucoup moins dépendant du Canada.

L’accord était-il parfait? Non.

Un chapitre empoisonné donnait aux entreprises le droit de poursuivre les États.

Une mauvaise idée.

En plus, le bois d’œuvre était exclu, ce qui nous a rendus très vulnérables pour la suite.

Mais, globalement, l’accord a permis l’expansion de centaines d’entreprises québécoises.

Comme ministre du Commerce extérieur, j’ai pu constater que lorsqu’une PME se met à exporter, elle investit dans son outil de travail, améliore ses produits, forme mieux ses salariés.

C’est un levier puissant pour augmenter la productivité.

Et ça, c’est essentiel.

En ce moment, notre productivité globale augmente de 0,7 % par année.

Pour financer durablement notre filet social, il faudrait doubler ce rythme.

C’est pourquoi notre proposition principale offre des mesures novatrices pour faire augmenter significativement le nombre de nos entreprises exportatrices, et, en conséquence, notre productivité, notre solidarité, notre richesse nationale.

Est-ce que ça signifie que tous les accords économiques internationaux sont dans notre intérêt? Absolument pas.

Les accords de dérèglementation financière ont été toxiques pour plusieurs nations dans le monde, et nous avons été chanceux de ne pas y avoir participé.

Pour l’Europe, il y a du pour, il y a du contre.

D’abord, il faut le savoir, l’accord actuel n’existe que par la volonté de deux États : le Québec et la France.

Jamais il n’aurait vu le jour sans notre volonté politique commune, et transpartisane dans les deux cas.

D’ailleurs, un Québec souverain aurait très bien pu négocier une entente de libre-échange avec l’Europe, plus intéressante encore que celle qui est devant nous.

Vous en doutez? Voici la liste des pays dont l’économie et la population sont équivalentes ou plus faibles que celles du Québec, et qui ont pourtant signé des accords avec l’Europe : la Norvège, l’Égypte, le Pérou, Israël, le Maroc.

À part le fait que leur économie est moins forte que celle du Québec, ces pays avaient autre chose en commun : ils n’avaient pas besoin de demander la permission à Ottawa.

C’est vrai, un Québec indépendant ne pourrait pas signer d’entente avec les pays du pacifique.

Un argument géographique imparable.

Savez-vous quoi? C’est une bonne chose.

L’accord transpacifique est un mauvais accord.

Je suis content qu’il soit mort et enterré.

Entre autres, pour le signer, le Canada voulait encore sacrifier notre industrie agricole.

Alors, bon débarras.

Mais revenons à l’Europe.

Quel intérêt? On y trouve 500 millions de consommateurs, davantage qu’aux États-Unis.

Et, si on signe, nos PME vont pouvoir y vendre leurs produits environ 10 % moins cher que les produits de nos concurrents américains.

Un avantage concurrentiel décisif.

Du sirop d’érable jusqu’aux avions québécois.

Combien d’emplois on va créer avec ça? Vous ne trouverez aucune estimation satisfaisante.

Comme on n’en avait aucune avant le libre-échange avec les États-Unis.

La réponse est directement liée au dynamisme de nos entreprises.

Et moi, j’ai confiance en elles.

Je les ai vues à l’œuvre aux États-Unis, en Afrique et en Chine.

C’est beau à voir. Mais il fallait que le Canada s’en mêle.

À la 11e heure, pendant la négociation, Ottawa a décidé que pour favoriser le bœuf de l’Ouest, il allait sacrifier les entreprises laitières et fromagères du Québec.

Il allait mettre en péril cette extraordinaire réalisation des dernières années : l’émergence d’excellents fromages fins de toutes les régions du Québec. On se comprend : un Québec indépendant n’aurait jamais sacrifié sa propre industrie pour aider le bœuf de l’Ouest, le bœuf d’un autre pays.

Le nationalisme économique, c’est savoir utiliser le rapport de force dans une négociation.

Et, dès qu’on a été informé de ce mauvais coup d’Ottawa, Pauline Marois, Nicolas Marceau aux Finances, François Gendron à l’Agriculture et moi au Commerce extérieur avons mis le poing du Québec sur la table.

Cet accord, il ne peut pas s’appliquer sans que le Québec adopte le décret d’application.

Alors, non, avons-nous dit, nous ne signerons ce décret que lorsqu’Ottawa s’engagera formellement à compenser de façon adéquate le tort qu’il nous cause.

Sinon, c’est non.

C’est ce que Parizeau aurait fait.

C’est ce que Péladeau aurait fait.

Et c’est ce que je ferai.

Mais les grands naïfs économiques qui nous gouvernent, appuyés par François Legault, d’ailleurs, ne veulent pas que le Québec ait de rapport de force.

Ils nous mettent en position de faiblesse.

Et on a reçu, en décembre, la facture de la faiblesse.

Le tort causé par Ottawa, sur 5 ans, s’élève précisément à 1,5 milliard de dollars pour notre industrie.

Ottawa offre d’éponger moins du quart de cette somme.

C’est ça, le coût de la faiblesse.

Il y a aussi dans l’accord cette détestable clause des recours investisseur-État.

Les Wallons avaient raison de vouloir l’enlever. Nous, au Parti Québécois, étions d’accord avec eux et je suis intervenu personnellement en ce sens auprès du premier ministre français.

Comme gouvernement, nous ne voulons pas la revoir, à l’avenir.

Ce qui me choque le plus, du gouvernement Couillard, c’est son refus de tenir une commission parlementaire sur l’accord.

Son refus de laisser les parlementaires l’étudier, d’entendre les experts, de confronter les points de vue.

C’est lamentable. Quand on dit qu’on veut négocier tous nos traités, c’est parce qu’on veut les négocier dans la plus grande transparence possible et laisser les parlementaires faire leur travail sans contrainte avant de prendre une décision.

Il y a des dogmatiques du libre-échange.

Certains qui pensent que ce n’est jamais bon, certains qui pensent que c’est toujours bon.

La nation québécoise, qui exporte hors de ses frontières la moitié de tout ce qu’elle produit, doit choisir au cas par cas les ententes, accepter celles qui sont bonnes et rejeter celles qui ne le sont pas.

Buy Québécois Act Mais parmi les amants béats, il y a ceux qui croient que ces accords nous interdisent, partout et toujours, de favoriser l’achat local, le contenu québécois.

Je les invite à visiter un pays qui s’appelle les États-Unis.

Ils signent des accords de libre-échange (et pas seulement des bons) et, en plus, ils ont le Buy American Act.

Ils font les deux en même temps. Pour citer un des grands personnages de notre culture cinématographique : « eux autres, ils l’ont, l’affaire, les Amaricains ».

Le gouvernement du Parti Québécois va introduire, dès son élection en 2018, une politique d’achat québécois, de contenu québécois, partout où c’est possible.

Le nationalisme économique, ça s’applique aussi à la culture.

Le contenu francophone et le contenu québécois doivent prédominer dans les vitrines électroniques qui sont aujourd’hui les magasins culturels en ligne.

Vous pensez que c’est impossible de faire plier ces géants?

C’est ce qu’ils avaient dit à Gérald Godin, qui a pourtant forcé les puissants majors américains à diffuser le même jour, au Québec, les versions française et anglaise des nouveaux films.

Impossible?

C’est ce qu’ils avaient dit à Louise Beaudoin, qui a pourtant forcé les Microsoft et Apple à diffuser le même jour les versions francophone et anglophone des nouveaux logiciels.

Pourquoi? Parce qu’ils ont mis le poing du Québec sur la table.

Deux derniers éléments, pour terminer ce tour d’horizon du nationalisme économique.

Concertation La concertation.

Une valeur québécoise.

La concertation comme déclencheur d’une action commune pour faire passer le nationalisme économique à la vitesse supérieure.

Nous devons à René Lévesque et beaucoup au président de la FTQ d’alors, Louis Laberge, la pratique des grands sommets et des grands chantiers collectifs.

On doit à un ministre libéral, Gérald Tremblay, d’avoir implanté au Québec le concept des grappes industrielles, un modèle de concertation de grande valeur.

J’ai eu le privilège de travailler aux grands sommets de 1996, qui ont amené la relance économique et sociale du Québec.

C’est vrai aussi localement.

Ici, à Québec, dans les années 90, notre capitale était arrivée au bout de son modèle économique.

Les acteurs politiques et économiques se sont réunis.

Ils pouvaient compter sur le leadership rassembleur d’un gouvernement du Parti Québécois.

Tous avaient à cœur le développement de Québec.

Tous connaissaient son énorme potentiel, le talent de ses gens.

Les atouts étaient là.

Ensemble, ils ont trouvé la manière.

Résultat : Québec est passée de « Vieille Capitale » à « Capitale de l’innovation ».

Une ville créative et prospère, reconnue à travers le monde pour sa vitalité, sa culture, sa beauté, son dynamisme, pour sa qualité de vie et son plein emploi.

L’exemple de Québec est d’autant plus inspirant que les atouts qui ont fait sa réussite sont présents dans toutes nos régions :

Du talent et de la créativité;

Nous en avons beaucoup.

De l’ouverture envers nos partenaires économiques à travers le monde;

Ça aussi, nous en avons.

De l’audace;

Avec nous, la concertation sera de retour.

Nos leviers financiers. Finalement – et cela me permet de boucler la boucle avec Jean Lesage et son conseiller d’alors, Jacques Parizeau –, il y a nos grands outils économiques, que nous pouvons employer plus et mieux.

La Caisse de dépôt et placement doit retrouver dans sa loi dès 2018 l’équilibre voulu par Lesage entre le rendement et le développement économique du Québec.

Nous irons plus loin en ce sens, en lui donnant un mandat explicite de développement économique régional et sectoriel.

Et, si elle fait des grands projets, elle les fera avec une politique de contenu québécois.

Double mandat pour Nicolas Marceau Il y aura bientôt 10 milliards de dollars dans le Fonds des générations. Comment utiliser une partie de ce fonds pour accélérer la croissance économique durable du Québec, tout en réduisant le poids relatif de notre dette?

Je donne aujourd’hui un double mandat à Nicolas Marceau. Premièrement, de consulter et de proposer les meilleures façons de rendre plus productive une partie des 2 milliards de dollars que nous déposons chaque année dans le Fonds des générations pour en faire un moteur supplémentaire de nationalisme économique québécois.

Ce sera notre façon de léguer aux prochaines générations à la fois une dette plus légère et une économie plus forte.

Deuxièmement, élaborer avec nous la politique d’achat québécois la plus robuste possible, pour notre prochain gouvernement.

Mes amis, le nationalisme économique québécois a une maison, c’est le Parti Québécois. Il a une équipe, les membres du Parti Québécois.

Il aura, dès 2018, un pilote, le gouvernement du Parti Québécois.

Merci!