Le ministre Maka Kotto annonce le classement de quatre biens culturels, à Montréal, à Québec et à Saguenay
vendredi 19 octobre, 2012
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Montréal – Le ministre de la Culture et des Communications, M. Maka Kotto, annonce le classement de quatre biens en vertu de la Loi sur les biens culturels. Ainsi, à Montréal, l'édifice de la Banque canadienne impériale de commerce et le site archéologique du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni, à Québec, les Nouvelles-Casernes, et, à Saguenay, la chapelle de l'oratoire Saint-Joseph et ses biens mobiliers sont désormais classés et inscrits au Registre du patrimoine culturel du Québec.

« Le Québec est détenteur d'un patrimoine très riche et fort diversifié. Surtout, il a la fierté de le reconnaître et de le protéger. Les quatre biens pour lesquels j'ai signé un avis de classement au cours des derniers jours sont d'une valeur exceptionnelle, largement démontrée », a déclaré M. Kotto.

Un site archéologique chargé d'histoire

Situé sous une portion de la place D'Youville, entre les rues McGill et Saint-Pierre, le site archéologique du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni renferme les vestiges des édifices qui ont abrité le marché Sainte-Anne et l'ancien parlement du Canada-Uni, de même que l'égout collecteur William. Ces structures ont été construites initialement dans les années 1830, à la suite de la démolition des fortifications de Montréal, afin d'améliorer les installations sanitaires de ce secteur et d'approvisionner la population croissante des faubourgs.

Le bâtiment du premier marché Sainte-Anne, de style néoclassique, construit en pierre de taille de 1832 à 1834, s'inspirait du Quincy Market (1824-1826), à Boston. En 1844, il deviendra le siège du parlement du Canada-Uni jusqu'aux émeutes de 1849, alors que les Tories (principal parti d'opposition) incendient le parlement pour protester contre la Loi d'indemnité pour les pertes subies pendant les insurrections de 1837 et 1838. Au cours de cet incendie, le parlement et le contenu de sa bibliothèque (25 000 livres) ont été complètement détruits. En 1851, les vestiges de l'édifice ont été rasés jusqu'au niveau des caves, et les fondations d'un nouveau marché Sainte-Anne ont été édifiées sur celles de l'ancien parlement.

« La Ville de Montréal avait demandé ce classement pour protéger un site qui renferme les fondations du premier et du troisième marchés Sainte-Anne ainsi que de l'ancien parlement. Ce sont des témoins extraordinaires de l'histoire de notre ville », a souligné la responsable de la culture, du patrimoine, du design et de la condition féminine au comité exécutif de la Ville de Montréal, Mme Helen Fotopulos.

Une banque de la rue Saint-Jacques

L'architecture monumentale de l'édifice de la Banque canadienne impériale de commerce, située sur la rue Saint-Jacques, témoigne à la fois de la prestance et de la prospérité de l'institution. Érigé de 1907 à 1909, l'édifice comprend des bureaux répartis sur six étages et cinq chambres fortes. L'intérieur se caractérise par la qualité de la sculpture des éléments architectoniques et la richesse des matériaux tels que la pierre de Caen, l'acajou, différents marbres, le granite, le plâtre et le bronze. L'édifice est doté d'un imposant portique à six colonnes corinthiennes et d'un balcon en fer ornemental.

Les Nouvelles-Casernes

Les Nouvelles-Casernes ont été construites de 1749 à 1752 pour loger les troupes françaises envoyées en renfort dans la ville de Québec, à la suite de la prise de Louisbourg par les Britanniques, en 1745. Après la prise de Québec, en 1759, les casernes sont habitées par les militaires britanniques pendant plus de cent ans. Lorsque la garnison quitte la ville de Québec, en 1871, les Nouvelles-Casernes sont réaménagées pour loger la première fabrique canadienne de munitions. Ses ouvriers participent à l'effort de guerre du Canada pendant les deux conflits mondiaux du XXe siècle. En 1964, la cartoucherie cesse définitivement ses opérations. En 1965, les Augustines de l'Hôtel-Dieu ont fait l'acquisition des Nouvelles-Casernes, qui sont devenues par la suite la propriété du Centre hospitalier universitaire de Québec.

Le classement des Nouvelles-Casernes couvre l'enveloppe extérieure des sept bâtiments, l'intérieur des sections 1, 2, 3, 4 et 7 ainsi que le sous-sol des sections 5 et 6. Ce classement est un premier pas vers le sauvetage de l'édifice.

La chapelle de l'oratoire Saint-Joseph à Saguenay

La chapelle de l'oratoire Saint-Joseph a été construite selon les plans de l'architecte Léonce Desgagné, de 1941 à 1943, au cœur d'un ensemble conventuel et hospitalier appartenant aux Augustines. Sa valeur patrimoniale repose notamment sur son intérêt architectural. Elle comporte une charpente en béton armé, et son intérieur présente un profil polygonal. Des piliers triangulaires en béton sont élevés contre les murs en brique polychrome.

Le décor intérieur, issu de la collaboration de l'architecte Léonce Desgagné et des artistes, est une illustration marquante du renouveau de l'art sacré qui se produit au Québec de 1930 à 1950. La grande majorité des éléments du mobilier, dont les bancs, le maître-autel et les autels latéraux, a été dessinée par Léonce Desgagné.