Le gouvernement libéral multiplie les décisions qui nuisent à la francisation des immigrants
lundi 16 avril, 2012
Facebook
Twitter

Québec – Réagissant à une manchette du quotidien Le Devoir, le député de Drummond et porte-parole de l'opposition officielle en matière de langue, d'immigration et de communautés culturelles, Yves-François Blanchet, s'est dit stupéfait d'apprendre que le gouvernement du Québec restreint l'accès aux cours de français pour les nouveaux immigrants alors qu'il insiste sur la nécessité de connaître l'anglais. « La solution n'est pas d'angliciser les immigrants, mais bien de franciser les milieux de travail », a-t-il déclaré.

« Cette décision de la ministre Kathleen Weil est un affront de trop au droit de travailler en français au Québec. Il ne s'agit plus ici d'une dérive, mais d'une négligence dangereuse. En offrant des cours d'anglais et en limitant l'accès aux cours de français pour les formations à temps partiel, le gouvernement Charest participe à l'anglicisation des immigrants », a dénoncé Yves-François Blanchet.

Le Parti Québécois partage pleinement l'inquiétude des intervenants communautaires et des employés du ministère qui estiment que le message qu'envoie la ministre Weil, c'est qu'au Québec, la langue de l'intégration est au choix de l'immigrant. « À Montréal, trop d'entreprises affichent en anglais, trop de dirigeants sont unilingues anglophones, l'accès au cégep en anglais est libre. Ni plus ni moins, on suggère que la vraie langue du succès, c'est l'anglais et que le français est repoussé vers les banlieues et pour de moins bons emplois. Ça, c'est l'œuvre du gouvernement libéral », a indiqué le député de Drummond.

« La ministre ne peut pas ignorer ce qu'il se passe dans son propre ministère. Elle en est responsable, et ce sont ses propres employés qui la dénoncent. Il y a quelqu'un, quelque part, qui lui a dit de tolérer l'anglicisation. Comme si ce n'était pas assez, on lui intime désormais de la favoriser. L'accès aux cours de francisation doit être maintenu; la ministre doit aussi s'assurer que tous les gens recrutés à l'étranger participent à une formation afin de maîtriser le français et sa collègue Christine St-Pierre doit faire respecter la loi 101 dans les milieux de travail », a poursuivi Yves-François Blanchet.

Le Parti Québécois croit nécessaire que les travailleurs, immigrants ou non, qui se voient offrir des cours d'anglais, le justifient par une preuve d'emploi au terme de la formation et une explication valable de l'exigence de l'anglais pour occuper cet emploi.

« L'intégration cohérente et harmonieuse des gens qui choisissent de vivre parmi nous, au Québec, est notre premier devoir envers eux. Ça passe évidemment par l'enseignement du français et le droit à un emploi décent en français. Au Parti Québécois, nous estimons nécessaire de réécrire et d'appliquer la loi 101, d'étendre sa portée aux entreprises de 11 à 50 employés ainsi qu'aux cégeps, tout en assurant la francisation harmonieuse de tous les immigrants », a conclu Yves-François Blanchet.