Le gouvernement libéral de Jean Charest est un complice passif de l'anglicisation
mardi 8 novembre, 2011
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Québec – Le député de Drummond et porte-parole de l’opposition officielle en matière de langue et d’immigration, Yves-François Blanchet, s’insurge contre la politique du laisser-faire et l’indifférence complaisante du gouvernement libéral et de la ministre responsable de l’application de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre.

« Les cas d’infractions à la Charte se multiplient partout à Montréal et à Laval. Ce phénomène se répand tout autour de la métropole et dans les régions. Soixante-seize infractions ont été relevées en matière d’affichage commercial uniquement dans la circonscription de la ministre St-Pierre. Sa réponse? Les entreprises ne sont pas toutes en situation d’illégalité… Un moment donné, ça fait! Les Québécois sont en droit d’attendre de la ministre qu’elle agisse avec intelligence! », a déclaré Yves-François Blanchet.

Langue de travail dans le secteur public : une étude alarmante

Cette situation survient au même moment où une toute nouvelle étude de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) pour l'Institut de recherche sur le français en Amérique (IRFA) démontre qu'il y a 13,9 % des emplois publics au Québec dont la langue de travail est principalement l'anglais alors que les Anglo-Québécois représentent 8,7 % de la population en âge de travailler, soit un écart de 5,2 %. Cela représente 2,2 milliards de dollars de surplus en masse salariale. Si on ajoute les employés qui disent utiliser régulièrement l'anglais au travail, dans le secteur public au Québec, c'est 31 % d'entre eux qui travaillent en anglais le plus souvent ou de façon régulière dans le réseau de la santé, tandis que cette proportion s'élève à 40 % dans les administrations publiques.

« Ces données sont alarmantes, sauf pour les libéraux. Quel État au monde contribue aussi activement à faire en sorte que sa langue nationale soit autant concurrencée par une autre au sein même de sa fonction publique? Il n’est pas question de toucher aux droits linguistiques des anglophones en matière de santé, d’éducation ou de services publics, mais ces 2,2 milliards de dollars de financement ont l’effet contraire de ce à quoi ils devraient servir : franciser la fonction publique du seul État d’Amérique dont la seule langue officielle est le français », a précisé Yves-François Blanchet, qui estime cette étude cruciale et entend s’assurer que le gouvernement agisse en conséquence.

« Le gouvernement et la ministre responsable de la loi 101 participent à l’anglicisation de Montréal. Ils en sont, de fait, les complices passifs. Cette passivité et ce laisser-faire, intentionnels ou complaisants, sont devenus la marque même de la politique linguistique de Jean Charest et de Christine St-Pierre. Il n’est pas étonnant que les mouvements se multiplient et que les gens descendent dans la rue. La ministre a raison : le problème n’est pas un manque de moyens. C’est un manque de volonté », a conclu le député de Drummond.