Le gouvernement du Québec s'oppose à la stratégie d'éducation internationale du gouvernement Harper et demande une pleine compensation financière
mercredi 22 janvier, 2014
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Québec – Alors que le gouvernement de Stephen Harper vient d’annoncer sa nouvelle stratégie en matière d’éducation internationale, le gouvernement du Québec dénonce cette intrusion d’Ottawa en éducation, une compétence exclusive du Québec.

L’éducation, de l’école primaire à l’université, constitue un champ de compétence qui relève exclusivement des provinces. Pour des raisons d’efficacité et d’ordre constitutionnel, le Québec entend demeurer maître de ses priorités et de ses orientations en matière de mobilité étudiante et de relations internationales en enseignement supérieur.

La stratégie fédérale comporte deux volets : un montant de 10 M$ sur deux ans consacré à l’image de marque du Canada à l’international et l’octroi de 13 M$ sur deux ans pour des bourses de mobilité destinées aux étudiants québécois et étrangers. La stratégie se donne aussi pour cible de doubler le nombre d’étudiants étrangers au Canada d’ici 2022. Or, le Québec a déjà ses propres programmes en la matière et juge inutile ce dédoublement.

Compensation financière requise par le Québec pour son retrait des programmes de la stratégie fédérale

Dans cette perspective, le gouvernement du Québec entend se retirer des programmes découlant de la stratégie en plus de demander une pleine compensation financière.

Le gouvernement du Québec pourrait utiliser ces sommes à meilleur escient en bonifiant notamment :

  • son programme de bourses de mobilité internationale destiné aux étudiants québécois;
  • ses ententes sur la mobilité étudiante et l’exemption des droits de scolarité supplémentaires avec d’autres pays;
  • son soutien aux universités et collèges du Québec dans leur stratégie d’internationalisation en fonction de leurs besoins spécifiques.

« Le Québec doit pouvoir investir selon ses besoins et ses priorités en éducation, non pas selon les intérêts du gouvernement du Canada. C’est pourquoi le Québec doit recevoir cet argent par un transfert plutôt que sous forme de divers programmes établis par Ottawa », a souligné le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, M. Pierre Duchesne.

Le gouvernement fédéral ne tient pas compte de la réalité particulière du Québec. Nous sommes encore en présence d’une stratégie canadienne qui ne tient pas compte de la spécificité québécoise. Attirer des étudiants étrangers dans une nation francophone implique une stratégie différente de celle d’une nation anglophone. L’application de la doctrine Gérin-Lajoie, la Constitution et le bon sens appellent à ce qu’Ottawa respecte la compétence du Québec », a affirmé le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur, M. Jean-François Lisée. D’ailleurs, M. Lisée attend toujours un retour du gouvernement fédéral sur la possibilité que le Québec reçoive une pleine compensation relativement aux programmes découlant de la stratégie.

La mobilité des étudiants québécois et des étudiants étrangers

Le gouvernement du Québec exerce ses responsabilités en ces matières depuis fort longtemps. En effet, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie verse, pour l’année 2013-2014, un montant totalisant 17,5 M$ en bourses et en programmes de mobilité pour les étudiants des collèges et des universités souhaitant aller étudier à l’international. De plus, la part d’étudiants étrangers venant étudier au Québec augmente d’année en année, notamment grâce aux 40 ententes internationales signées entre le Québec et divers pays. Un nombre grandissant de ces étudiants étrangers fait ensuite le choix d’immigrer au Québec de manière permanente, ce qui est facilité par le Programme de l’expérience québécoise, dans la mesure où ces étudiants ont acquis une maîtrise suffisante du français. Ce programme est d’ailleurs une réussite, le nombre d’étudiants qui ont reçu un Certificat de sélection étant passé de 606 en 2010 à 2156 en 2013.

« La présence grandissante d’étudiants étrangers à Montréal pose des défis sur le plan linguistique. Plusieurs d’entre eux ne maîtrisent pas le français à leur arrivée, occupent des emplois dans les commerces du centre-ville et représentent un potentiel important dans l’accueil permanent que le Québec peut leur offrir, puisqu’ils connaissent le Québec et détiennent un diplôme d’un établissement d’enseignement québécois. Concilier ce défi et ce potentiel, c’est la responsabilité du gouvernement du Québec, pas du gouvernement canadien », a affirmé la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles et ministre responsable de la Charte de la langue française, Mme Diane de Courcy.

Dédoublements administratifs

Pour le gouvernement du Québec, l’utilisation par le gouvernement fédéral de la dimension internationale pour s’ingérer dans une compétence exclusive du Québec est inacceptable.

« C’est au Québec de déterminer ses besoins en matière de recrutement des étudiants étrangers et de mobilité des étudiants québécois. Il  va de soi qu’il n’appartient pas à Ottawa d’établir les paramètres du positionnement international de notre réseau d’éducation. La présente stratégie du gouvernement fédéral est une illustration additionnelle des problèmes qu’engendrent les ingérences d’Ottawa dans les compétences exclusives du Québec », indique le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, à la Francophonie canadienne et à la Gouvernance souverainiste, M. Alexandre Cloutier.

Pour obtenir une pleine compensation financière, le gouvernement du Québec poursuit ses représentations auprès du gouvernement fédéral. Le ministre Duchesne a d’ailleurs fait parvenir une lettre en ce sens au ministre Fast ce matin, où il s’oppose à la stratégie d’éducation internationale du gouvernement fédéral dévoilée le 15 janvier dernier.

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