« Le gouvernement Charest a fait son temps » - Pauline Marois
jeudi 3 mai, 2012
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Québec – « Après neuf ans de pouvoir, le gouvernement Charest montre l'usure d'une fin de régime. Plus rien ne fonctionne. La confiance de la population envers le premier ministre est rompue. L'insatisfaction à l'égard du gouvernement n'a jamais été aussi élevée. Le premier ministre et le Parti libéral s'accrochent au pouvoir. Nous sommes dans un cul-de-sac et la seule façon de changer les choses, c'est de déclencher des élections générales et de changer de gouvernement. »

C'est ce qu'a déclaré la chef de l'opposition officielle et députée de Charlevoix, Pauline Marois, alors qu'elle prenait la parole à l'Assemblée nationale dans le cadre de la motion de censure qu'elle a déposée aujourd'hui.

Le bilan du gouvernement est désastreux. Non seulement Jean Charest a démontré qu'il était incapable de gérer la crise étudiante qu'il a lui-même créée, mais les autres dossiers où le premier ministre a échoué sont également très nombreux. L'économie est à bout de souffle; l'attente en santé augmente; nos ressources naturelles sont vendues au rabais; les intérêts du Québec sont bafoués par Ottawa et la corruption a envahi nos institutions et a ébranlé la confiance de la population.

Au chapitre de l'économie, le bilan libéral n'est guère plus reluisant. Les chiffres sont implacables. En 2011, le Québec a perdu 51 000 emplois. En 2010, le déficit commercial du Québec a atteint 25 milliards de dollars. Ce sont 69 millions de dollars qui quittent le Québec à tous les jours pour créer de la richesse et des emplois à l'étranger. Le gouvernement n'a aucune stratégie pour contrer cet état catastrophique de notre balance commerciale.

« La seule politique de Jean Charest depuis neuf ans aura été d'endetter le Québec. Le premier ministre est actuellement responsable de 33 % de toute la dette accumulée, le tiers de toute la dette. Il ne peut même pas se vanter de mieux contrôler les dépenses que les gouvernements précédents. De 1994 à 2003, les dépenses de l'État ont augmenté de 21 % alors que sous le régime libéral les dépenses auront crû de 43 % depuis 2003 », a-t-elle dénoncé.

« En ce qui a trait à la défense des intérêts du Québec, le chef libéral se retrouve aujourd'hui dans une position unique dans l'histoire du Québec. Jean Charest est le seul premier ministre à avoir renoncé à toute demande pour modifier le statut du Québec. Pour la première fois de l'histoire, le premier ministre a renoncé en ne demandant plus rien à Ottawa. Le bilan c'est que jamais le Québec n'aura été dans une telle position de faiblesse devant Ottawa », a-t-elle ajouté, en rappelant que le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes a même déclaré récemment qu'Ottawa nous avait oubliés.

« La gestion du conflit étudiant est un vrai désastre. Depuis maintenant 80 jours, le Québec s'enfonce dans une crise étudiante provoquée de toutes pièces par le premier ministre lui-même en haussant de façon drastique les droits de scolarité. Le gouvernement a refusé le dialogue. Il a refusé de suspendre la hausse et a refusé la nomination d'un médiateur. Puis, le premier ministre a affiché son mépris envers les étudiants en faisant des blagues douteuses. Sans égard pour sa fonction et ses responsabilités, il a jeté de l'huile sur le feu », a-t-elle expliqué, en ajoutant que le premier ministre est indifférent aux conséquences de ce conflit et ne cherche qu'à diviser les Québécois.

« Le premier ministre a présidé à une dérive éthique sans précédent de son propre gouvernement. En abaissant les standards éthiques, en exigeant des quotas de financement de ses ministres, en acceptant de recevoir un salaire secret, le premier ministre a lancé un signal de laxisme. Et les écarts se sont multipliés. Il aura fallu près de trois ans, plus d'une centaine de questions à l'Assemblée nationale, des motions, des pétitions et des manifestations pour que finalement le premier ministre daigne déclencher une enquête publique sur l'industrie de la construction », a-t-elle rappelé.

« On ne peut plus continuer comme ça. La seule solution, c'est de changer de gouvernement. Il faut remettre le Québec en marche et pour y arriver il faut se relever, se tenir debout, fièrement. Il faut changer de direction. Laissons les Québécois décider. Les Québécois veulent changer de gouvernement et veulent changer de direction. Le gouvernement libéral a fait son temps. Le chef libéral a fait son temps. Il faut maintenant donner à la population l'occasion de faire ses choix. Laissons la démocratie parler », a conclu Pauline Marois.