Informatique - Un inquiétant glissement de l’expertise vers le privé
vendredi 15 mai, 2015
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Québec – Le député de Sanguinet et porte-parole de l’opposition officielle pour le Conseil du trésor et en matière de ressources informationnelles, Alain Therrien, remet en question la formation d’un comité par le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, au sein duquel les compagnies privées en informatique seront appelées, conjointement avec le gouvernement et les plus gros clients informatiques de l’État (CSST, RAMQ, SAAQ, réseaux de la santé et de l’éducation…), à définir les orientations, les politiques et les priorités d’action en matière de technologies de l’information.

« Au moins six des dix plus importants fournisseurs informatiques du secteur public québécois font partie des associations qui siégeront au comité avec le gouvernement. La proximité entre les besoins des organismes gouvernementaux et les fournisseurs de services est inquiétante. En effet, il y a de fortes chances, à notre avis, que les orientations, les politiques et les priorités d’action soient favorables à ces mêmes fournisseurs. Le ministre a même exclu du comité les représentants des professionnels du secteur public, ce qui démontre son parti pris pour les fournisseurs externes. Je me questionne sur la volonté réelle du ministre de ramener l’expertise à l’interne », a déclaré Alain Therrien.

Rappelons que le gouvernement du Parti Québécois avait travaillé pour accroître l’autonomie du gouvernement en matière informatique, à l’inverse de ce qui se fait actuellement. Pour ce faire, il avait prévu créer deux centres d’expertise en informatique, à Rimouski et à Saguenay. Le gouvernement du Parti Québécois avait également planifié l’implantation d’un centre d’expertise pour le logiciel libre. Malheureusement, toutes ces initiatives ont été freinées par le gouvernement libéral.

Par ailleurs, en 2004, le gouvernement Charest avait assis à la même table les plus grandes firmes de génie-conseil et le ministère des Transports, dans le but de développer une vision de partenariat. L’histoire semble se répéter. « Le comité formé par Martin Coiteux rappelle exactement celui de 2004, et on connaît la suite : perte d’expertise majeure pour l’État, forte hausse des contrats accordés au privé, dépassements de coûts, collusion, corruption et, finalement, la tenue de la commission Charbonneau, qui a éclaboussé le Parti libéral. Ce n’est pas une bonne idée de confier le développement des orientations et des priorités d’action au secteur privé; les Québécois y perdront encore », a conclu le député de Sanguinet.