Huntingdon - La ministre St-Pierre n'a qu'une chose à faire : appliquer la loi
jeudi 8 mars, 2012
Facebook
Twitter

Québec – Pour le Parti Québécois, la décision de la Ville de Huntingdon de se soustraire à la Charte de la langue française est un affront pur et simple et s'explique par la négligence du gouvernement libéral à protéger notre langue. « Le gouvernement ne peut pas permettre que quiconque se moque officiellement de la loi 101 parce qu'il sait que l'État ne fera rien », a déclaré le député de Drummond et porte-parole de l'opposition officielle en matière de langue, Yves-François Blanchet.

La Charte de la langue française confère à l'Office québécois de la langue française (OQLF) le pouvoir de transmettre au Directeur des poursuites criminelles et pénales les dossiers des contrevenants aux dispositions de la loi 101. Les amendes peuvent atteindre 20 000 dollars par infraction, le double en cas de récidive. « Le gouvernement a les moyens de forcer le respect de la loi. La Ville de Huntingdon a voté une résolution de défi à la loi, le maire annonce déjà qu'il défiera les décisions de la cour et la ministre nous dit que l'OQLF enquête. L'OQLF enquête sur quoi? La résolution de la ville n'est-elle pas une preuve suffisante?, se demande Yves-François Blanchet. Le Parti libéral est pas mal plus énergique pour imposer l'anglais à l'école que pour protéger le français dans l'administration publique », a-t-il ajouté.

Le Parti Québécois estime que le gouvernement renonce à toute autorité morale en ne sévissant pas immédiatement avec sévérité. La ministre St-Pierre a le pouvoir de sanctionner l'affront de Huntingdon. Qui plus est, le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire peut aussi intervenir puisque son titulaire peut présenter une requête pour faire annuler une décision municipale. « Si on laisse faire Huntingdon, ce sera qui après? On sait déjà que plusieurs autres municipalités ignorent la loi 101 au quotidien. C'est un geste illégal, il faut donc que la ministre agisse en conséquence », a poursuivi le député de Drummond.

Pour lui, c'est la méthode passive choisie par la ministre St-Pierre, qui se cache sans cesse derrière l'OQLF, qui entraîne de telles situations. « À l'évidence, la ministre Christine St-Pierre a peur. Craint-elle de compromettre la relation privilégiée entre la communauté anglophone et le Parti libéral? Or, ça dure depuis dix ans. On recule sur l'affichage, on recule sur la langue de travail jusque dans les sociétés d'État, on recule sur les écoles passerelles et maintenant on permet à des villes entières, sans gêne, de rire au visage de la loi la plus populaire au Québec, s'insurge le député. Encore ce matin, on apprend que c'est l'anglais qui domine et qui est imposé sur le chantier du CHUM. Il est temps que ça cesse », a indiqué le porte-parole du Parti Québécois.

Enfin, le député de Drummond affirme que Jean Charest manque de légitimité pour s'envoler à Paris dans les prochains jours afin de parler de langue française avec le Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf. « Le français est foulé aux pieds au Québec même. Le devoir de Jean Charest et de Christine St-Pierre, c'est de cesser de parler et d'agir avec fermeté. Ne rien faire, c'est se rendre complice de ceux qui bafouent notre français », a conclu Yves-François Blanchet.