Gaz de schiste : un moratoire à portée de main?
mercredi 29 février, 2012
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Québec – L'Assemblée nationale du Québec sera appelée à voter demain sur une motion du Parti Québécois qui pourrait enfin instituer un moratoire complet sur l'exploration, la fracturation hydraulique et l'exploitation des gaz de schiste.

« Le Québec et les Québécois sont actuellement des cobayes. L'argumentaire des gazières et du gouvernement libéral s'effrite de jour en jour. Les risques pour la santé des citoyens et pour l'environnement existent et sont importants », a déclaré la députée de Vachon et porte-parole de l'opposition officielle en matière de mines et de gaz de schiste, Martine Ouellet.

La députée souligne que des milliers de citoyens se mobilisent actuellement en Estrie, en Montérégie, dans le Centre-du-Québec et dans Chaudière-Appalaches, inquiets des impacts des gaz de schiste. « Notre devoir comme élu, c'est de prendre des décisions éclairées, pas sous l'influence de puissants lobbys », a-t-elle ajouté.

Un débat de deux heures aura lieu demain à l'Assemblée nationale sur la motion suivante :

« Que l'Assemblée nationale du Québec exige qu'un moratoire sur l'exploration, l'exploitation et la fracturation hydraulique des gaz de schiste soit décrété immédiatement jusqu'à l'adoption d'une loi-cadre sur les hydrocarbures. »

Au terme de ce débat, un vote aura lieu. « Il faut maintenant espérer que l'appui de la CAQ pour un moratoire sur les gaz de schiste n'était pas seulement des paroles en l'air et que les neuf députés caquistes vont écouter la population avant les lobbys du gaz. Si tel est le cas, les libéraux seront isolés et le moratoire pourrait être à portée de main », a poursuivi la députée de Vachon.

De son côté, le député de L'Assomption et porte-parole de l'opposition officielle en matière de développement durable, d'environnement et de parcs, Scott McKay, tient à rappeler que l'idée d'un moratoire n'a rien d'un coup de tête et s'appuie sur une vaste réflexion. Le député a d'ailleurs déposé un projet de loi en ce sens, le projet de loi 396, le 27 octobre 2010. « La population n'est pas dans le coup, l'acceptabilité sociale n'est pas au rendez-vous, les inquiétudes des citoyens sont légitimes et il est temps d'y répondre. L'étude environnementale stratégique n'a même pas de plan de réalisation précis, la composition de son comité et son mandat sont mis à mal par de nombreux représentants de la société civile. Pendant ce temps, les gazières jouent toujours aux apprentis sorciers et peuvent procéder à la fracturation hydraulique des puits de la Vallée du Saint-Laurent. Il faut que ça cesse », a conclu Scott McKay.