Garantie de prêt du gouvernement fédéral au projet Bas-Churchill : une réédition de la nuit des longs couteaux en plein jour!
vendredi 19 août, 2011
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Québec – Le Parti Québécois dénonce fermement le gouvernement fédéral qui vient de signer une entente de principe pour fournir une garantie de prêt au projet hydroélectrique du Bas-Churchill au Labrador, un projet de 6,2 milliards de dollars. Cette entente sera supportée à même les impôts que les Québécois envoient à Ottawa.

« En accordant cette garantie à Terre-Neuve, le gouvernement du Canada donnera une occasion en or à nos voisins de concurrencer injustement Hydro-Québec sur le marché de l'exportation. Les Québécois n’ont pas à payer pour ça, alors que nous avons toujours financé nous-mêmes nos infrastructures hydroélectriques! Il s’agit ni plus ni moins de la réédition de la nuit des longs couteaux, mais en plein jour!», a déclaré Sylvain Gaudreault, député de Jonquière et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’énergie.

« Alors que l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité en avril dernier une motion exprimant sa profonde opposition à ce sujet, comment le premier ministre peut tolérer que les Québécois se fassent ainsi avoir? », a poursuivi Sylvain Gaudreault.

« Les belles paroles de Nathalie Normandeau et de son patron, Jean Charest, lors des dernières élections fédérales n’ont eu aucune résonance. Depuis qu’ils ont donné leur appui à un cadre canadien en énergie, il y a un mois, ils ont donné le feu vert à ce projet qui porte atteinte aux intérêts du Québec. Ils ont ainsi perdu tout rapport de force. En plus d’être une intrusion directe dans un champ de compétences des provinces, c’est une démonstration d’un manque de volonté dans la défense de nos ressources stratégiques », a ajouté Bernard Drainville, député de Marie-Victorin et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires intergouvernementales canadiennes.

« Quelle crédibilité reste-t-il à Jean Charest, lui qui se revendique du titre de grand bâtisseur québécois, alors qu’il laisse sans sourciller le gouvernement fédéral débâtir ce que les Québécois ont mis des décennies à construire? Comment peut-il laisser Stephen Harper piétiner l’héritage de Jean Lesage et de René Lévesque en ne défendant pas les intérêts québécois? », s’est questionné Bernard Drainville. « Outre le Bloc, il y a fort à parier que tous les autres partis ne diront mot contre cette entente qui brime le Québec. C’est inacceptable! »

Saisir les tribunaux

« Cette garantie de prêt aura pour effet de changer les règles actuelles en matière de transport et d’exportation d’électricité sur les marchés. Pour ces raisons, nous demandons au premier ministre du Québec de se ressaisir et de porter cette décision devant les tribunaux sans tarder. Les intérêts du Québec et des Québécois doivent être protégés! », a rétorqué Sylvain Gaudreault.

« Hier, les Québécois ont vu Jean Charest demander à Stephen Harper de l’aide pour la reconstruction d’un nouveau pont Champlain. Ce matin, le premier ministre a sa réponse, les demandes du Québec sont ignorées une fois de plus », a conclu le député de Marie-Victorin.