Discours de Stéphane Bédard - Conseil national à Laval, samedi le 7 février 2015
lundi 9 février, 2015
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Le 7 février 2015, le chef de l'opposition officielle, Stéphane Bédard, s'est adressé aux militants du Parti Québécois rassemblés en Conseil national à Laval. Voici ses notes d’allocution.

La version prononcée fait foi.




Chères militantes, chers militants, c’est toujours un plaisir de vous revoir.

Merci aux militants de Laval de nous recevoir pour ce conseil national.

C’est toujours un privilège de m’adresser à vous, les militants. Vous qui êtes la force du Parti Québécois.

Je commencerai en vous présentant une personne, un militant, qui travaille très fort afin de se joindre à notre équipe de députés à l’Assemblée nationale. Je parle bien sûr de notre candidat dans Richelieu, Sylvain Rochon.

C’est un gars de Sorel-Tracy, un gars de terrain, qui connaît très bien sa circonscription. Depuis le mois de novembre, il parle aux gens, rencontre les groupes, fait preuve de compassion et veut changer les choses. C’est un leader, capable de se tenir debout et de bien représenter les gens de Richelieu à l’Assemblée nationale.

J’ai eu l’occasion de participer à deux événements dans Richelieu, et je peux vous dire que la mobilisation autour de lui est impressionnante.

D’ailleurs, je suis sûr qu’il y a bien des électeurs au Québec qui aimeraient être à la place des gens de Richelieu pour envoyer un message au gouvernement Couillard...

Comme le dit si bien Sylvain Rochon, pour les gens de Richelieu, le choix est clair : devant l’austérité libéralo-caquiste, on peut subir ou s’unir.

Nous allons nous unir derrière toi, Sylvain. Nous allons être présents au cours des prochaines semaines, jusqu’au 9 mars.

Mes amis, accueillons le futur député de Richelieu, Sylvain Rochon!


Hier fut une journée triste pour les patients du Québec. Le gouvernement a décidé d’imposer la réforme du docteur Barrette en nous bâillonnant sur le projet de loi 10.

J’aimerais saluer au passage celles et ceux qui ont fait la route, cette nuit, de Québec, après une longue journée de bâillon.

Le gouvernement a essayé de les empêcher d’être ici, mais c’est bien mal connaître l’équipe du Parti Québécois. Nos députés sont des militants, tout comme vous, et ils sont ici.

C’est une équipe compétente, engagée, près de son monde. C’est vraiment un immense honneur pour moi d’être leur chef... pour quelques mois encore!

Je les invite à se lever pour qu’on puisse tous ensemble les remercier!

Les priorités de votre groupe de députés sont claires : on va défendre les familles, soutenir les régions et le développement local, et promouvoir l’égalité des chances.

On a aussi travaillé pour les patients et pour les travailleurs de la santé. Vous le savez, en santé, le premier ministre nous promettait mer et monde. Il connaît ça, lui, la santé... On l’a bien vu en Arabie saoudite…

Ce qu’il a oublié de nous promettre, c’est qu’il allait plonger le réseau de la santé dans une réforme improvisée, bâclée, mise en place par le ministre Gaétan Barrette.

Le gouvernement a réalisé le rêve de M. Barrette : être au centre du réseau de la santé, sans aucune considération pour les patients ni pour ceux qui donnent des soins. Le ministre « bulldozer » a fait le choix de ne pas écouter.

Ce brassage de structures paralysera le réseau pendant des années. Il coûtera de l’argent au lieu d’en faire économiser. Ce n’est pas seulement nous qui le disons, ce sont aussi les intervenants du réseau de la santé. Même le club-école libéral, la CAQ, a finalement compris le projet de loi et s’est rangé derrière notre position!

Au Parti Québécois, on croit que les priorités des patients, ce sont des soins de première ligne efficaces, des résidences pour aînés de qualité, des soins à domicile, de la prévention. C’est aussi un milieu communautaire fort, ainsi que du personnel de la santé qu’on respecte.

J’ai d’ailleurs une pensée pour les travailleurs et les professionnels de la santé, qui auront à vivre avec ce brassage de structures.

Pour défendre les priorités du Parti Québécois en santé, nous avons une députée compétente, qui, devant l’arrogance du ministre Barrette, se tient debout. C’était son premier bâillon et elle l’a mené avec brio.

Bravo, Diane Lamarre!


Heureusement, hier n’était pas une journée uniquement centrée sur Gaétan Barrette.

Grâce au Québec et à la voie que nous avions tracée, la Cour suprême a reconnu l’aide médicale à mourir ainsi que la compétence pleine et entière du Québec en la matière.

La Loi concernant les soins de fin de vie adoptée au Québec est le fruit de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, une formidable initiative parlementaire, vous le savez.

Elle inclut non seulement l’aide médicale à mourir, mais aussi toute la question des soins palliatifs. Elle a changé notre façon de voir. C’est une approche intelligente, respectueuse de la population. Gaétan Barrette aurait d’ailleurs dû s’en inspirer.

Cette loi, on la doit à beaucoup de personnes. Mais une personne, plus particulièrement, a été au cœur de ce grand projet. Et nous avons la chance de l’avoir avec nous.

Véronique, merci d’avoir mené cette bataille de main de maître!


Chers amis, nous sommes conscients de l’ampleur de la tâche à l’Assemblée nationale. Nous sommes les seuls à proposer une vision différente.

C’est dans cet esprit que Sylvain Gaudreault a déposé un projet de loi pour affirmer la préséance de la compétence du Québec en matière environnementale. En d’autres termes, Sylvain propose que ce soit à nous de décider ce qui se passe au Québec, pas à l’Office national de l’énergie, pas au gouvernement fédéral, pas aux gouvernements des autres provinces, à nous! Bravo, Sylvain.

Je vous l’ai dit, nos priorités sont claires. Nous faisons le choix d’être sur le terrain, avec le monde, pour défendre les familles, les régions, le développement local et pour combattre les inégalités.

Du côté libéral, on fait quoi? On centralise. On coupe. On abolit. Avec l’appui de la CAQ.

Les libéraux font le choix des économies faciles sur le dos des plus démunis et des familles; ils font le choix d’avoir une approche comptable à courte vue, sans aucune vision d’avenir de notre société.

Est-ce cela que nous voulons, au Québec? Des choix basés sur l’individualisme? Sur le laisser-aller? Sur l’abandon de nos régions?

Depuis l’arrivée au pouvoir de Philippe Couillard, nous constatons une chose : on ne peut pas lui faire confiance.

Lors de la campagne électorale, il a parlé beaucoup, il a promis beaucoup. Et depuis qu’il est élu? Il navigue à vue. Il a renié ses engagements, l’un après l’autre. Il montre sa vraie nature. On ne peut pas lui faire confiance.

Ce qui est le plus dommage, c’est que les libéraux gouvernent en vase clos. Ils n’ont aucun respect pour les partenaires ni pour les acteurs sur le terrain. Ils sont convaincus de détenir la vérité suprême.

C’est peut-être pour ça que Philippe Couillard centralise tout à Québec, qu’il coupe dans les ressources des CLD, des CJE, des CRÉ.

Pour le Parti libéral, c’est bien simple : les régions n’existent plus. Les familles ne sont pas importantes. Les riches doivent être plus riches. Quant à la classe moyenne et aux pauvres... tant pis pour eux!

Au Parti Québécois, nous croyons que nous pouvons faire des choix différents.

Pour une véritable égalité des chances, tout citoyen, peu importe où il habite sur le territoire du Québec, a le droit d’obtenir des services, d’être appuyé. Tout Québécois a le droit d’avoir un gouvernement qui croit en lui et au potentiel de développement de sa communauté.

Les Québécois sont capables de briller dans tous les domaines. Nous avons fait notre marque dans une multitude de secteurs, comme l’aéronautique, l’aluminium ou le jeu vidéo.

Nous pouvons avoir mieux que l’austérité destructrice des libéraux et de la CAQ. C’est ce que nous défendons, au Parti Québécois.

L’austérité, c’est : une coupe de 300 millions dans les budgets des municipalités; une coupe dans le financement de Solidarité rurale; l’abolition du Fonds de soutien aux territoires en difficulté.

Philippe Couillard fait le choix d’écouter le Conseil du patronat, qui a dit qu’il fallait fermer les régions et les villages dévitalisés. Mais est-ce le choix des citoyens?

Nous, au Parti Québécois, nous faisons un choix différent. Parce que notre Québec, c’est aussi un Québec des régions. Nous sommes fiers de chacune d’elles, nous sommes fiers d’occuper notre si grand et si beau territoire. Nous sommes fiers de tous nos villages et de toutes nos villes.

Nous, c’est le Québec, tout le Québec!


En économie, c’est pareil. Le gouvernement est absent. Ça devient gênant quand le premier ministre va à l’étranger.

En campagne électorale, Philippe Couillard promettait la création de 250 000 emplois. Il n’y croit pas.

Dois-je vous rappeler que plus de 40 000 emplois à temps plein ont été perdus depuis l’arrivée des libéraux? Et que fait le premier ministre pendant que des emplois se perdent? Il attend et il reste dans son bureau. Il fait « le choix personnel » – eh oui! – d’attendre l’effet libéral.

Il faut une politique économique pour le Québec. On la réclame sans cesse à l’Assemblée nationale.

Si les libéraux n’ont pas d’idée, on en a pour eux. Le Québec doit avoir de l’ambition! Ça, c’est le point de départ.

Nous savons qu’ensemble, nous pouvons réaliser de grandes choses. Par exemple, dans notre politique économique, nous avions choisi de faire du Québec un leader dans l’électrification des transports. C’était un projet porteur, une vision claire.

Nous pouvons miser sur l’exportation, soutenir nos PME, nos entrepreneurs. La chute du dollar doit être une occasion pour appuyer nos entreprises manufacturières.

Eh bien! Non, le gouvernement attend…

Si le gouvernement ne sait pas quoi faire, qu’il poursuive au moins dans la voie que nous avions tracée. C’est la voie de l’avenir du Québec.


Pour l’avenir, nous devons également croire en nous. Croire en nos familles.

Pendant la campagne, Philippe Couillard disait qu’il n’allait pas augmenter les tarifs des services de garde au-delà de l’inflation. Or, qu’a-t-il fait? Encore « un choix personnel »! Il attaque les familles de la classe moyenne en haussant de façon importante les tarifs.

Mais, ce qu’il faut savoir, c’est que le gouvernement veut la fin du modèle des CPE. Il a freiné le développement des places et a bloqué tous les projets qui étaient en cours.

Nous, nous avions implanté des mesures progressistes de soutien aux familles qui font l’envie de toutes les démocraties occidentales. Même les Américains et le président Obama rêvent d’instaurer des garderies à contribution réduite.

Ce programme, nous l’avons mis en place, même dans un contexte économique difficile. Parce que les familles doivent être au centre de nos priorités.

Notre plus grande richesse collective s’incarne dans l’épanouissement des familles. On le sait, une société riche puise sa force dans le renouvellement de ses générations.


Un autre dossier sur lequel le premier ministre attend et n’intervient pas : l’intégrisme religieux.

Bon, on ne doit pas mentionner son passage dans un pays « dont-on-n’a-pas-le-droit-de-dire-le-nom »... Ça, je l’ai compris.

Mais il va falloir quand même que le premier ministre nous explique d’où viennent son « choix personnel » et son malaise d’agir contre l’intégrisme!

Hier, je lui ai posé une question à l’Assemblée nationale. Il s’est cité, mais en changeant les mots qu’il avait employés! Au lieu de dire « intégrisme religieux », Philippe Couillard s’est autocensuré et a parlé de « dérives religieuses »!

Coudonc! C’est quoi, le problème, quand vient le temps de dénoncer l’intégrisme?

Lutter contre l’intégrisme religieux et le radicalisme, ce n’est pas un choix personnel, c’est un choix de société!

Philippe Couillard peut-il nous indiquer, d’ailleurs, une forme d’intégrisme qui respecte l’égalité entre les hommes et les femmes? Peut-il nous indiquer une forme d’intégrisme qui fait la promotion des droits des homosexuels? Peut-il nous indiquer une forme d’intégrisme qui respecte les frontières entre la vie publique et la vie religieuse?

Agnès Maltais a fait une proposition claire pour comprendre, documenter et prévenir l’intégrisme religieux : celle de doter le Québec d’un observatoire en cette matière.

Des experts pourraient se pencher sur le phénomène de l’intégrisme et nous aider à mieux vivre ensemble.

Il faut agir! Que les autres partis nous suivent dans cette démarche!


Mes amis, cette semaine a marqué le début d’une nouvelle étape importante dans l’histoire de notre parti. La course à la direction est officiellement lancée.

Madame et Messieurs les candidats, merci pour la qualité de la campagne que vous menez jusqu’à maintenant. Vous faites honneur aux militantes et aux militants de notre grand parti.

Bravo pour vos propositions.

J’invite la candidate et les candidats à se lever, afin qu’on puisse, tous ensemble, les féliciter!


Être chef du Parti Québécois, c’est être chef d’un parti qui croit que le Québec se développerait mieux si nous faisions nos propres choix. Au lieu de choisir l’individualisme, nous devons choisir le collectif! Au lieu de choisir la centralisation, nous choisissons les régions!

Face à l’à-plat-ventrisme libéral devant Ottawa, nous faisons le choix de la liberté, de l’indépendance. Parce que nous devons prendre nous-mêmes nos décisions sur ce qui se passe ici, au Québec.

Et le moyen de le faire, c’est de choisir, pour nous, pour nos enfants, que le Québec devienne un pays!

Avec la qualité de notre candidate et de nos candidats, je suis convaincu que le prochain chef saura inspirer, convaincre et amener les Québécoises et les Québécois à se dire oui!

L’avenir du Québec passe par un pays!

Merci, mes amis.

Bon conseil national.

Et bonne course à la direction du Parti Québécois.

Bienvenue sur le site du Parti Québécois!

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