Déversement d’eaux usées - Des solutions existent, mais David Heurtel n’a plus la crédibilité nécessaire pour les mettre en œuvre
mardi 10 novembre, 2015
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Québec – Alors que la ministre fédérale de l’Environnement a décidé d’autoriser, sous conditions, le déversement de 8 milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent, le porte-parole du Parti Québécois en matière d’environnement, de développement durable et de lutte contre les changements climatiques, Mathieu Traversy, est d’avis que ce qu’on retiendra de cette crise, c’est que David Heurtel n’a plus aucune crédibilité comme ministre québécois de l’Environnement.

« Les nouvelles conditions établies par le gouvernement fédéral prouvent que David Heurtel a autorisé de façon précipitée la Ville de Montréal à effectuer ce déversement, sans avoir toute l’information scientifique disponible. Par conséquent, il a échoué dans son rôle de protecteur de notre eau et de notre environnement », a déclaré Mathieu Traversy.

Le Parti Québécois rappelle que David Heurtel a refusé de rendre public l’ensemble des documents relatifs à la demande d’autorisation faite par la Ville de Montréal. « Plus d’un mois après le début de cette crise, les Québécois constatent que le ministre s’est basé sur des documents auxquels les citoyens n’ont jamais pu avoir accès pour prendre sa décision. Nous lui avons pourtant demandé à de multiples reprises, sans succès, de rendre publics les avis consultés par son ministère, l’évaluation des autres options ainsi que celle des impacts cumulatifs sur le fleuve Saint-Laurent », a ajouté le député.

Par ailleurs, la situation aura mis en évidence les lacunes dans les procédures concernant le rejet des eaux usées par les municipalités. À cela s’ajoute le fait que le gouvernement libéral reste passif; il réagit aux crises plutôt que de proposer des solutions. Le Parti Québécois, comme plusieurs acteurs qui se préoccupent de la qualité de l’eau, pense qu’on doit tirer des leçons de cet épisode. « Il faut que le gouvernement du Québec se penche sur des solutions durables à apporter au traitement des eaux usées. Oui, il en existe! Le problème, c’est le porteur actuel de ces solutions. À notre avis, avec ses bourdes à répétition, David Heurtel s’est irrémédiablement disqualifié », a poursuivi le porte-parole.

Enfin, le Parti Québécois déplore la décision du gouvernement fédéral d’autoriser ce déversement, alors que le rapport d’experts stipule que beaucoup d’information reste indisponible, entre autres celle concernant les impacts cumulatifs sur la faune et la flore du fleuve Saint-Laurent. Il rappelle au nouveau gouvernement fédéral qu’il a promis, en campagne, d’investir, d’ici 10 ans, 20 milliards dans les infrastructures vertes, ce qui comprend celles dédiées à l’eau, notamment au traitement des eaux usées. « Le gouvernement fédéral ne peut pas simplement s’en laver les mains et fermer les yeux. Il devra mieux collaborer avec le gouvernement du Québec, et ce, toujours en fonction des priorités que le Québec aura établies », a conclu Mathieu Traversy.