Début de la consultation sur l'immigration au Québec : pour accueillir 50 000 nouveaux arrivants, la ministre Weil devra démontrer la capacité d'accueil et d'intégration du Québec
mardi 31 mai, 2011
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Québec – « Avec les orientations proposées par le gouvernement pour le prochain plan d’immigration du Québec 2012-2015, le Parti Québécois reste circonspect face aux ambitions affichées et aux moyens mis en place. Pour accueillir 50 000 nouveaux arrivants par année, comme le souhaite le gouvernement libéral, la ministre Kathleen Weil devra impérativement faire la démonstration que le Québec est capable de les accueillir et de les intégrer adéquatement ».

C’est ce qu’a déclaré le député de Deux-Montagnes et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’immigration, Benoit Charette, alors que s’amorce aujourd’hui la consultation sur l’immigration au Québec. Cette consultation revêt un caractère particulier puisque le gouvernement libéral n’a pas respecté l’esprit de la loi et tient cette consultation avec une année de retard.

Le gouvernement libéral n’a pas répondu aux préoccupations du Vérificateur général

La volonté de maintenir un seuil élevé d’admission par année, alors que la capacité d’accueil n’est pas démontrée, est préoccupante. « Maintenir un seuil élevé pour en arriver à 50 000 personnes par année en 2015 exige nécessairement que le gouvernement libéral prenne ses responsabilités. Il faut donc se donner les moyens de les intégrer à la société québécoise. Or, l’an dernier, le Vérificateur général a démontré que le gouvernement en était incapable et qu’il navigue à vue », a poursuivi le député de Deux-Montagnes.

Rappelons que dans son rapport 2010-2011, le Vérificateur a fait le constat que le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles n’a pas d’indicateurs socioéconomiques pour bien cerner la capacité réelle du Québec à accueillir et à intégrer en emploi les nouveaux arrivants. Il précisait même que sans évaluation, le ministère ne peut s’assurer que le Québec est capable de supporter les hausses progressives des volumes d’immigration, tout en optimisant les retombées de l’immigration sur le développement du Québec.

« Il faut s’inquiéter de la perspective où la ministre Weil n’a pas l’intention de se doter de tels indicateurs avant 2012, comme elle l’a affirmé le mois dernier. Ainsi, les seuils proposés ne correspondent pas à la capacité actuelle d’intégration du Québec », a précisé M. Charette.

Sans plan de francisation, l’intégration est vouée à l’échec

Plus spécifiquement, le Parti Québécois se questionne sur les moyens que le gouvernement libéral entend se donner pour augmenter le niveau de connaissance du français chez les candidats de la catégorie des travailleurs qualifiés. Le député de Deux-Montagnes demandera des explications sur le fait que le gouvernement n’entende pas améliorer le fonctionnement du système de sélection des candidats à l’immigration dans les différents bassins géographiques d’origine. « La sélection sur dossier papier comporte trop de lacunes et cela nuit à une intégration réussie », a souligné le député.

M. Charette questionnera la ministre sur la volonté de rééquilibrer les bassins géographiques, une mesure à laquelle le Parti Québécois ne souscrit pas. « Un rééquilibrage au profit de l’Asie et de l’Amérique pourrait mettre en péril la proportion de personnes parlant français et la faire diminuer. Sans plan de francisation, l’intégration est vouée à l’échec », a-t-il soutenu.

« Pour que l’immigration au Québec soit un succès, il faut se donner les moyens pour une intégration efficace. Si le passé libéral est garant de l’avenir, les perspectives sont peu reluisantes. Un coup de barre s’impose si on veut accueillir toutes ces personnes pour les prochaines années », a conclu Benoit Charette.

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