Contre un projet de loi qui place le ministre au centre du système de santé
vendredi 28 novembre, 2014
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Québec – La députée de Taillon et porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et d’accessibilité aux soins, Diane Lamarre, considère que c'est le patient qui doit être au cœur du système de santé et non le ministre. Or, dans ce qu’il propose, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, veut qu'on lui accorde les pleins pouvoirs sur le réseau.

De toute évidence, devant l’ampleur et l’urgence des besoins, la réforme proposée n’apporte aucune solution pour répondre aux vrais problèmes du réseau, ni pour améliorer l’accès et la qualité des soins pour les usagers et les patients. C’est pourquoi le Parti Québécois a voté contre le principe du projet de loi 10.

« Contrairement à ce que prétend le ministre, la quasi-totalité des groupes entendus en commission parlementaire ont émis de sérieuses réserves et de vives inquiétudes à propos du projet de loi 10. Tous sont d’avis qu’il plongera le réseau de la santé dans une grande instabilité qui le paralysera pendant plusieurs années. Loin d’engendrer des économies, le projet de loi générera des dépenses, entre autres en raison des coûts associés à la transition, à l’uniformisation des systèmes informatiques et au redéploiement des équipes et des directions », a déclaré Diane Lamarre.

« La réforme du ministre Barrette ne vise pas l’amélioration de l’accès aux soins, il l’a admis lui-même. Elle cherche plutôt à concentrer toutes les décisions, même les plus simples, dans les mains du ministre, ce qui créera un goulot d’étranglement au ministère et rendra le système plus lourd et vulnérable. Par ailleurs, le projet de loi s’inscrit en droite ligne avec les actions centralisatrices de ce gouvernement jusqu’à maintenant à l’égard des régions, c’est-à-dire qu’elle représente des coupes dans le développement local et régional. En effet, on prive les municipalités, les CLD, les carrefours jeunesse-emploi – et j’en passe – d’importantes ressources. C’est très inquiétant pour nos régions », a-t-elle ajouté.

La députée est également très préoccupée par le manque d’attention du ministre quant à la situation vécue sur le terrain. « On ne le sent pas sensible aux réalités des plus vulnérables. Dans la vraie vie, sur le plan des soins et des services sociaux offerts, tout ne se calcule pas en minutes; c’est plus complexe que des colonnes de chiffres! La majorité des groupes a dit au ministre qu’il y avait des besoins urgents à régler avant de mettre en œuvre cette réforme administrative. De plus, jamais on n’a entendu Gaétan Barrette parler des difficultés d’accès pour l’usager, du patient, ou encore des réels enjeux du réseau, tels que la nécessité de bonifier les soins à domicile et d’améliorer l’accès à la première ligne, ou encore les bénéfices qu’on pourrait obtenir en s’attaquant au surdiagnostic et en favorisant un meilleur suivi par différents professionnels de la santé et des services sociaux. De ces dernières mesures, il y aurait des améliorations et des économies concrètes à court terme à obtenir; c’est tout de suite qu’on doit faire mieux! », a poursuivi Diane Lamarre.

Quels seront les amendements du ministre?

« Cela fait plus d’une semaine que nous demandons au ministre de la Santé de déposer ses amendements, et il refuse toujours de collaborer. Selon nous, des correctifs doivent absolument être apportés à plusieurs aspects de son projet de loi, notamment :

  • le maintien d’instances consultatives locales, le respect de la voix citoyenne et l’intégration des acteurs locaux et régionaux dans la gestion des établissements;

  • l’équilibre entre les champs de compétence « santé » et « services sociaux » pour chacun des duos « pdg et pdg adjoint »;

  • la préservation de l’autonomie actuelle du réseau de protection de la jeunesse;

  • la répartition réaliste et équilibrée des pouvoirs entre les instances régionales et ministérielles;

  • la considération des particularités régionales, dont les aspects géographiques et démographiques, dans le découpage du territoire proposé.

« Le ministre devra également déposer un plan de transition détaillé, tel que l’a demandé le Protecteur du citoyen, ainsi que l’évaluation des coûts de sa réforme, qui n’ont toujours pas été rendus publics. Sans des ajustements majeurs sur ces aspects et une plus grande transparence sur les impacts réels de la réforme proposée, ce projet de loi demeurera inacceptable », a conclu Diane Lamarre.