Bilan économique du Québec : une année 2011 désastreuse et des perspectives inquiétantes pour 2012
jeudi 12 janvier, 2012
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Montréal – « Le bilan économique 2011 du Québec est le plus négatif au Canada. Le Québec a perdu 51 000 emplois alors que dans le reste du Canada, il s'en est plutôt créé 250 000. Pour une seconde année consécutive, le Québec s'est classé au 8e rang sur 10 au chapitre de la croissance économique, loin derrière la moyenne canadienne ». C'est le triste bilan qu'a dressé aujourd'hui le député de Rousseau et porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances et de développement économique, Nicolas Marceau.

« Pire, le taux de chômage actuel de 8,7 % nous ramène dix ans en arrière. Il est maintenant supérieur à ceux de l'Ontario, du reste du Canada et des États-Unis, a indiqué Nicolas Marceau, en rappelant que lorsque l'économie du Québec se portait mieux que celle de ses voisins, le premier ministre s'en attribuait le mérite. Maintenant que le Québec est la seule province à avoir perdu des emplois en 2011, que les 69 500 emplois perdus au cours des trois derniers mois représentent un record de médiocrité et que notre croissance économique est inférieure à celle de nos voisins, faut-il également en attribuer le mérite à Jean Charest? »

Le revenu disponible des Québécois a également reculé en 2011 et l'année 2012 qui débute laisse entrevoir le pire. « Avec les nombreuses hausses de taxes et tarifs en vigueur depuis le 1er janvier qui entraînent un fardeau fiscal additionnel de quelque 2 milliards de dollars, cela fait reculer davantage le revenu disponible des Québécois. Concrètement, l'ensemble de ces hausses viendra freiner notre croissance économique de 1 % », a ajouté le député de Rousseau.

Plus d'investissements publics que privés

En 2011, la part des investissements privés non résidentiels du Québec représente 13 % du total canadien. « À chaque fois qu'un dollar est investi par le secteur privé au Canada, seulement 13 sous reviennent au Québec. La sous-performance du secteur privé combinée aux emprunts massifs faits par le gouvernement pour investir dans les infrastructures a créé une situation insoutenable à long terme. Pour la première fois au Québec, il y a davantage d'investissements publics que d'investissements privés. Il s'agit d'une situation unique en Amérique du Nord », a expliqué Nicolas Marceau.

Le ministre des Finances a d'ailleurs confirmé l'analyse faite l'automne dernier par le Parti Québécois à l'effet que le gouvernement ne peut plus augmenter ses investissements pour contrecarrer l'effet d'un nouveau ralentissement. La dette a augmenté de 55 milliards de dollars. « La situation est d'autant plus inquiétante que le Québec est à la limite de ce que son endettement peut supporter. La dette du Québec est en hausse de plus de 10 milliards de dollars pour une deuxième année consécutive et a crû de 55 milliards de dollars sous le gouvernement libéral. La part de la dette dans notre économie atteindra 55,5 %, ce qui nous ramène à la situation qui prévalait avant l'atteinte du déficit zéro sous le gouvernement du Parti Québécois. Depuis 2003, la dette s'est accrue de 42 % », a conclu le député de Rousseau, en s'inquiétant du véritable héritage politique de Jean Charest.