Avec un gouvernement du Parti Québécois Montréal restera majoritairement francophone
mercredi 29 août, 2012
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Montréal – « Nous refusons d'être la génération qui verra Montréal marginaliser le français! Nous n'accepterons pas que les francophones soient bientôt en minorité sur l'île et nous ne laisserons pas le français perdre sa masse critique dans la métropole du Québec. » C'est un véritable cri du cœur qu'a lancé aujourd'hui le candidat du Parti Québécois dans Rosemont, Jean-François Lisée.

Il est temps d'agir!

Le constat établi en septembre 2011 par l'Office québécois de la langue française (OQLF) est clair. Alors qu'on doit se réjouir des progrès du français comme langue seconde à Montréal, le déclin de la proportion de Montréalais pour lesquels le français est la langue principalement parlée est très préoccupant. Alors que ce pourcentage s'élevait à plus de 61 % en 1971, il dépassait à peine 54 % en 2006 et devrait chuter, si rien n'est fait, à 47 % dans moins de 20 ans.

« L'affaiblissement de la majorité francophone met en péril notre capacité collective à intégrer les nouveaux arrivants au français dans la métropole et fragilise l'avenir du français, a-t-il déclaré, en ajoutant que l'avenir du français au Québec va se jouer sur l'île de Montréal d'ici 20 ans. Il est plus qu'urgent d'affirmer notre ferme volonté politique de maintenir une majorité francophone sur l'île et d'ouvrir un grand chantier pour y arriver. »

Deux mesures pour redonner à Montréal son caractère francophone

Plusieurs mesures apparaissant déjà dans la plateforme du Parti Québécois concourent à l'atteinte de cet objectif, notamment sur la langue de travail et celle de l'éducation. Après avoir fait état des mesures générales d'appui au français et des mesures de relance de la métropole, le Parti Québécois propose deux axes d'action visant spécifiquement la préservation d'une majorité francophone sur l'île de Montréal : la composition linguistique de l'immigration et le développement d'un milieu de vie favorable aux jeunes familles francophones.

La composition linguistique de l'immigration est l'une des principales variables qui alimentent le déclin de la proportion de francophones à Montréal. Un gouvernement du Parti Québécois modifiera les critères de sélection des candidats à l'immigration de façon à favoriser les candidats qui ont le français comme langue d'usage et qui satisfont aux autres exigences de compétence.

Le départ des jeunes familles francophones vers la banlieue au moment de l'arrivée d'un enfant constitue l'autre cause principale du déclin du français. Un gouvernement du Parti Québécois ouvrira un chantier destiné à définir, de concert avec les élus et les acteurs montréalais œuvrant dans les secteurs de l'habitation, des transports, de l'environnement, de la sécurité et du développement durable, des actions propres à retenir les familles sur l'île de Montréal.

Cette deuxième mesure sera d'application générale et ouverte à tous les citoyens, sans égard à la langue. Puisque la plupart des départs concernent les francophones, l'application de cette mesure aura un impact positif sur la composition linguistique de l'île. Un comité ministériel aura le mandat de mettre en place un plan d'action visant la désignation d'un Montréal majoritairement francophone au cours de la première année du mandat.

« Fidèles à la mémoire de René Lévesque et à l'esprit de la loi 101, nous comptons respecter le présent et agir pour l'avenir. Il n'est évidemment pas question de s'ingérer dans la langue utilisée par les citoyens dans leur vie privée ou de les inciter à changer. Nous comptons influencer les tendances démographiques à venir pour assurer la pérennité du français dans la métropole, le lieu principal des rencontres linguistiques et de l'intégration des nouveaux arrivants », a expliqué Jean-François Lisée, en soutenant que le maintien d'un Montréal majoritairement francophone est dans l'intérêt de tous les Québécois qui désirent préserver en Amérique une société francophone en santé pour les générations à venir.

Une action en plusieurs volets

Ces mesures s'ajoutent à celles déjà annoncées dont l'adoption d'une nouvelle Charte de la langue française qui s'étendra à de nouveaux domaines tels que les entreprises de 11 à 49 employés, les cégeps et les écoles de formation professionnelle. Un gouvernement du Parti Québécois mettra un terme aux écoles passerelles.

« Les libéraux n'ont rien fait, les caquistes et les solidaires ne feront rien. Lors de la publication des résultats de l'étude de l'OQLF en septembre 2011, le premier ministre Jean Charest a minimisé l'importance du recul du français à Montréal en disant qu'il fallait contextualiser ces données. Depuis, il n'en a plus jamais reparlé », a-t-il affirmé.

À Québec solidaire, la porte-parole Françoise David a déclaré que ces données n'étaient pas préoccupantes en soi, mais qu'elles le seraient si la proportion de francophones sur l'île chutait en bas de 40 %. La CAQ se désintéresse de la question de la composition linguistique de l'île de Montréal, ce qui explique sans doute pourquoi des opposants farouches à la loi 101, tels Robert Libman et William Johnson, appellent à voter pour François Legault. Ces trois partis sont également opposés à d'autres mesures structurantes, comme l'extension de la loi 101 au niveau collégial et l'introduction d'une citoyenneté québécoise qui exigera des nouveaux immigrants une connaissance minimale du français.

« Le Parti Québécois est le seul qui a le courage d'affirmer haut et fort que le déclin de la proportion de francophones sur l'île de Montréal est inacceptable. La volonté politique que nous exprimons aujourd'hui ne concerne pas que les Montréalais. Elle concerne le Québec tout entier. Nous savons que tous les Québécois sont inquiets de l'avenir du français dans la métropole. Nous savons que tous les Québécois souhaitent éviter que se crée un clivage linguistique entre Montréal et le reste du Québec. L'objectif d'une majorité francophone sur l'île est et doit être l'objectif de toute la nation », a conclu Jean-François Lisée.