Anglicisation des immigrants : Québec défait d'une main ce qu'il tente de faire de l'autre
lundi 2 avril, 2012
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Québec – « Régulièrement, les Québécois sont témoins d'incohérences dans les politiques de francisation des immigrants. Ce matin, ce que nous apprenons dans différents médias nous renforce dans notre conviction que le gouvernement libéral doit adopter de véritables mesures de francisation du travail à Montréal et au Québec plutôt que d'angliciser les immigrants. »

C'est ce qu'a déclaré le député de Drummond et porte-parole de l'opposition officielle en matière de langue et d'immigration, Yves-François Blanchet, après avoir pris connaissance de plusieurs manchettes ce matin sur la situation du français chez les immigrants.

Il souligne que le Québec accueille 50 000 immigrants par année, mais qu'il est incapable de déployer les ressources nécessaires pour les franciser. Or, le gouvernement dépense des millions pour les angliciser. « Le problème n'est pas que les immigrants ne parlent pas un assez bon anglais, mais bien que l'anglais soit exigé partout, y compris là où la loi demande que le français soit la langue d'usage », a-t-il ajouté.

Le député de Drummond rappelle que lors des audiences, à l'Assemblée nationale, sur la politique d'immigration déposée par la ministre Kathleen Weil, plusieurs intervenants ont dénoncé l'incapacité de l'État québécois à franciser correctement les nouveaux arrivants. « On invite des immigrants au Québec en leur annonçant une société française. Or, lorsqu'ils foulent le sol, ceux qui ne parlent pas français réalisent qu'ils peuvent parfaitement bien y vivre en anglais et ceux qui parlent français réalisent tout aussi vite que sans l'anglais, ils auront du mal à y trouver un travail », a poursuivi Yves-François Blanchet.

Le Parti Québécois demande à la ministre Weil de corriger cette nouvelle incohérence du gouvernement libéral en matière d'immigration et de francisation. « Il ne faut pas s'étonner maintenant que la moitié des immigrants qui font un transfert linguistique le fasse vers l'anglais. La ministre Weil doit mettre fin à cette ambiguïté malsaine; la langue de travail, la langue d'affichage et la langue commune au Québec, c'est le français. La ministre doit déployer toutes les ressources nécessaires pour franciser nos immigrants et cesser de contribuer à l'anglicisation de Montréal », a conclu Yves-François Blanchet.