Allocution de Pauline Marois, première ministre du Québec et chef du Parti Québécois, à l'occasion de l'ouverture du conseil national portant sur les relations internationales du Québec
samedi 11 mai, 2013
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Voici l'allocution prononcée par Pauline Marois, première ministre et chef du Parti Québécois, à l'occasion de l'ouverture du conseil national portant sur les relations internationales du Québec.


La version prononcée fait foi

Je suis vraiment contente de vous retrouver. J’ai beaucoup pensé à vous ces dernières semaines.

On a entendu des gens affirmer que les bénévoles dans les partis politiques, ça n’existait plus. C’est peut-être le cas ailleurs mais, au Parti Québécois, il y a encore des milliers de bénévoles. Des Québécoises et des Québécois qui consacrent du temps et de l’énergie à faire avancer leurs idéaux. Et la preuve est là, devant moi : des centaines de bénévoles dévoués au Québec et à l’idée qui nous rassemble, celle de faire du Québec un pays!

Le Parti Québécois, ce sont des femmes et des hommes rassemblés autour de cette conviction que pour exister pleinement, le Québec doit prendre ses propres décisions.

Il y a dans notre parti des gens plus à gauche et d’autres plus à droite. Il y a des jeunes de 18 ans et d’autres qui ont 88 ans. Il y a des gens de la Gaspésie et d’autres de Lévis. De Jonquière à Chibougamau, en passant par Trois-Rivières et Baie-Comeau. De gauche, de droite, d’est en ouest et du nord au sud, ce qui nous rassemble, ce que nous voulons, c’est l’indépendance!

On a aussi entendu Philippe Couillard affirmer que le Parti libéral était devenu une machine à ramasser de l’argent et qu’il voulait qu’il redevienne un parti d’idées. Ce serait toute une révolution…

Je me souviens encore de cette fameuse fois où un militant libéral voulait débattre de la création d’une commission d’enquête : pas un seul libéral n’a osé l’appuyer.

Le Parti Québécois, c’en est un parti d’idées et de convictions.

L’expérience nous a appris que c’est une culture démocratique qui n’apparaît pas spontanément. Chez nous, ce sont les militants – des bénévoles – qui bâtissent le programme. Contrairement à d’autres, le Parti Québécois est capable d’appliquer ses idées et de changer le Québec. On doit le faire en écoutant les gens, en écoutant tout le monde.

Que le gouvernement s’ajuste en cours de route, c’est normal et c’est souhaitable. Notre objectif, ce n’est pas d’avoir raison tout le temps. Notre objectif, c’est d’avancer, de faire advenir le changement. Et, depuis le 4 septembre dernier, s’il y a une chose dont je suis absolument certaine, c’est que le Québec a déjà beaucoup changé.

On avance!


Nous formons un gouvernement souverainiste et notre objectif est très clair : c’est de faire du Québec un pays. Le préalable, c’est de remettre de l’ordre, de retrouver notre confiance collective. La première étape de notre mandat consistait en grande partie à remettre de l’ordre, justement. Cette étape est bien engagée et j’en suis très fière.

On aborde maintenant une autre étape de notre mandat. Une étape qui nous permettra de nous redresser, de nous donner un élan, de retrouver notre fierté et notre confiance. Quand nous aurons fait ça, nous pourrons aller plus loin, jusqu’au bout.

Il faudra que les Québécois nous donnent un mandat majoritaire. C’est ça, notre objectif : un gouvernement majoritaire!

La destination est claire, c’est le pays. Maintenant, on doit regarder d’où on part et quel chemin nous devons parcourir.

On part du 4 septembre dernier. Ça fait huit mois. Pendant la campagne électorale, j’ai affirmé à plusieurs reprises que nous allions hériter d’une maison en désordre et que ça allait prendre beaucoup de courage pour remettre tout en place.

La corruption, la crise sociale, la perte de contrôle de nos finances publiques et l’abandon de nos valeurs et de la défense de nos intérêts.

Quand on a ouvert la porte du gouvernement, ce qu’on a vu, c’est l’immense gâchis que les libéraux avaient laissé derrière eux. C’est comme s’il fallait faire le ménage et remettre de l’ordre dans une maison laissée à l’abandon pendant neuf longues années.

On a pris notre courage à deux mains et on s’est retroussé les manches. On a commencé par le plus urgent.

Ça parlait fort et ça se chicanait dans notre maison. Les gens oublient vite mais, il y a un an, on vivait une crise sociale provoquée par les libéraux, une crise qui a profondément divisé le Québec.

On a aboli la loi 78, on a annulé la hausse de 82 % des droits de scolarité et on a convoqué un sommet sur l’éducation, comme promis.

Nous, on a ramené la paix sociale. La crise, c’est fini!

On avait un problème financier avec la centrale nucléaire Gentilly 2, et de santé publique avec l’amiante. On est en train de sortir le nucléaire du Québec et de sortir le Québec de l’amiante. Et ça, jamais aucun gouvernement n’avait eu le courage de le faire avant nous.

Ni les libéraux ni les caquistes n’ont eu le courage d’annoncer aux Québécois, en campagne électorale, qu’il fallait en finir avec Gentilly 2. Pour aller chercher des votes, les libéraux ont menti aux gens du Centre-du-Québec et de la Mauricie, aux gens de Nicolet et de Trois-Rivières. Les libéraux ont menti aux Québécois.

Nous, on a dit la vérité, on a dit qu’on le ferait et on l’a fait!

On a ensuite posé des gestes pour ramener l’intégrité. À ce sujet, vous savez que je dois être très prudente…

Alors, sur les changements intervenus depuis le 4 septembre, je vais me contenter de trois mots : Mascouche, Montréal, et Laval!

Je vais ajouter ceci : Jamais, jamais je n’accepterai qu’en matière d’intégrité, on nous compare au Parti libéral. Jamais!

Tout nous oppose au Parti libéral. Nous, on s’est battus pendant trois ans pour obtenir une commission d’enquête, pendant que les libéraux freinaient des deux pieds. Il a fallu des pressions énormes de tout le Québec pour que l’UPAC soit créée. Chaque geste posé par le gouvernement libéral, il a fallu l’arracher.

Tous les jours, les libéraux nous répétaient qu’une commission d’enquête allait nuire aux enquêtes policières. La preuve du contraire a été établie de façon éclatante.

C’est nous qui avons insisté et obtenu que la commission se penche sur le financement des partis politiques. C’est nous qui avons dévoilé et dénoncé le scandale des garderies.

Que faisaient les libéraux pendant ce temps-là? Ils applaudissaient Tony Tomassi!

C’est nous qui avons présenté et fait adopter la loi 2 sur le financement des partis. On avait promis de sortir l’influence de l’argent de la politique et on l’a fait!

C’est notre gouvernement qui a présenté et fait adopter la loi 1 sur l’intégrité dans l’octroi des contrats publics. C’est notre gouvernement qui a présenté et fait adopter la loi qui oblige un élu municipal accusé au criminel à se retirer. Les gens de Mascouche attendaient ça depuis des années. Nous, on l’a fait!

On a déposé un projet de loi sur les élections à date fixe. On voudrait aller plus loin. Nous voulons que les élus qui ne terminent pas leur mandat sans raison valable ne puissent pas toucher une prime de départ. Les libéraux s’y opposent et font de l’obstruction.

Philippe Couillard avait promis de changer le Parti libéral, mais rien n’a changé. La principale force d’inertie au Québec, le plus grand obstacle à l’intégrité, ça reste encore et toujours le Parti libéral!

Notre gouvernement est en train de faire un sacré ménage. Le plus grand qu’on ait vu au Québec depuis le gouvernement de René Lévesque en 1976. Laissez-moi vous dire que la première année n’a pas été facile. En 1976, on dérangeait bien du monde et bien des intérêts. On s’est fait attaquer très durement.

C’est la même chose en 2013 : notre gouvernement dérange bien du monde. On se fait attaquer, mais que ce soit clair pour nos adversaires : on va tenir bon et on va continuer à faire avancer le Québec.

Quant aux nominations de notre gouvernement, j’en ai assez de laisser nos adversaires dire n’importe quoi. On voudrait nous comparer à l’ancien gouvernement libéral et j’en entends qui disent que rien n’a changé. C’est le contraire.

Depuis notre arrivée, toutes les nominations sont faites à partir de deux critères : la compétence et la confiance. Sur des centaines de nominations que nous avons faites, quelques personnes avaient des liens avec le Parti Québécois. C’est vrai, et il n’y a strictement aucun mal à ça. Chacune de ces personnes avait la compétence pour occuper ses nouvelles fonctions.

Je suis par exemple très fière du travail accompli par Jacques Léonard à la Ville de Montréal. Est-ce que quelqu’un peut imaginer une personne plus compétente et plus intègre que cet ancien ministre du Parti Québécois pour accomplir ce mandat?

Soyons clairs : Moi, je ne nomme pas des sénateurs. Moi, je ne nomme pas des juges, comme Jean Charest. La commission Bastarache, c’était sous les libéraux. Dans notre gouvernement, il n’y en a pas, de post-it jaunes!

Obnubilés par leur partisanerie, les libéraux ont laissé aller les dépenses de l’État. Les seules choses qui ont avancé sous les libéraux, c’est la dette et la corruption!

Nous, on a remis de l’ordre dans les finances du Québec. Ça a demandé beaucoup de courage à chacun des ministres et à toute l’équipe gouvernementale.

D’ailleurs, je demande à chacun des députés et ministres du gouvernement de se lever pour que vous puissiez les applaudir. Ils l’ont bien mérité.

Mais quand on a de l’ambition pour le Québec, et si on veut se donner les moyens de nos ambitions, on a la responsabilité de mettre les finances en ordre. Quand on veut que le Québec soit libre, on s’arrange pour ne pas qu’il soit dépendant des marchés financiers.

J’entends Québec solidaire nous accuser de tous les maux. Est ce qu’on nous reproche d’avoir annulé la hausse des droits de scolarité, d’avoir aboli la loi 78? Est-ce qu’on nous reproche d’avoir permis le vote des jeunes sur les campus avec la loi 13?

Est-ce qu’on nous reproche d’avoir baissé les impôts des 3 millions de Québécois les moins riches, en abolissant la taxe santé libérale? Est-ce qu’on nous reproche d’avoir augmenté les impôts de ceux qui gagnent plus de 100 000 dollars pour soulager les familles les moins riches de la classe moyenne?

Est-ce qu’on nous reproche d’avoir augmenté de 211 millions de dollars les impôts des banques pour rétablir plus de justice fiscale? Est-ce qu’on nous reproche d’avoir sorti le Québec du nucléaire, de l’amiante, d’avoir mis fin au programme des minicentrales et d’aller chercher plus d’argent auprès des compagnies minières?

Est-ce qu’on nous reproche d’investir dans l’énergie éolienne, une forme d’énergie propre qui procure des centaines d’emplois dans nos régions? Est-ce qu’on nous reproche d’avoir investi plus de 100 millions de dollars pour les soins à domicile?

Est-ce qu’on nous reproche le dépôt d’un projet de loi sur l’économie sociale ou de créer des milliers de places en garderie? Est-ce qu’on nous reproche la maternelle à quatre ans pour les enfants des milieux défavorisés? Est-ce qu’on nous reproche d’avoir rebâti en huit mois un Québec plus solidaire et plus juste?

Savez-vous : on a de quoi être fiers, très fiers de nous!


Pour gouverner, il ne faut pas être sectaire. Il ne faut pas se camper dans une idéologie rigide. Pour gouverner, il faut avoir une approche responsable, généreuse, ouverte : c’est ça le Québec pour tous.

Il faut être prêt à accueillir tout le monde. Le pays québécois n’est pas à droite ou à gauche, il est devant nous!

Remettre de l’ordre dans la maison, c’est aussi remettre le français au cœur de notre vie commune, de notre espace public. On a déposé un projet de loi très raisonnable, nécessaire, pour que le français cesse de reculer. On a fait preuve d’ouverture et même d’un esprit de compromis.

Philippe Couillard a tout rejeté en bloc. Pire : lui et son équipe rejettent maintenant les fondements mêmes de la loi 101 de René Lévesque.

Le chef libéral prône le bilinguisme institutionnel. C’est très inquiétant de voir le chef du Parti libéral du Québec adhérer au dogme fédéral de Trudeau et renier l’héritage de René Lévesque. Sur la question du français, ce qu’il propose, c’est une rupture fondamentale. Il veut faire reculer le Québec, pas de quelques mois, de 36 ans!

Dans cette première étape de notre mandat, on a rétabli la paix sociale. On est en train de ramener l’intégrité. On a remis les finances en ordre. On a remis de la rigueur dans les projets d’infrastructures. On est sur la bonne voie.

L’important, pour nous, c’est que le Québec change et il a déjà changé pour le mieux!

Maintenant, on aborde une autre étape de notre mandat. Celle où nous mettons en place les éléments qui vont nous permettre de mettre en œuvre la vision ambitieuse que nous avons.

Celle d’un Québec fier de son identité et de sa langue. Un Québec qui protège et fait la promotion des valeurs québécoises.

Nous abordons une étape de développement économique et social, d’investissements, de création d’emplois dans toutes les régions.

Pour nos jeunes familles, on a annoncé 28 000 nouvelles places en service de garde. On va mettre tous les efforts qu’il faut pour compléter le réseau.

En santé, on prend résolument le virage des soins à domicile. Nous allons investir plus de 9 milliards de dollars par année dans les projets d’infrastructures : hôpitaux, écoles, routes et transports en commun.

Cela signifie l’injection de centaines de millions dans les économies de chacune des régions. Ça signifie des dizaines de milliers d’emplois.

Nous allons le faire dans l’ordre, de façon rigoureuse, en gardant toujours à l’esprit que la capacité de payer des Québécois a ses limites.

Nous avons trouvé un point d’équilibre avec le nouveau régime minier, qui respecte intégralement les principes qu’on avait mis de l’avant. Nous avons mis en place les outils pour qu’il y ait plus d’emplois en transformation chez nous.

C’est vrai pour les mines, c’est vrai aussi pour la ressource forestière, avec la Charte du bois qu’on avait promise et qu’on a livrée! Le temps où les minières pouvaient exploiter nos ressources sans payer un sou, c’est fini! Quand le prix d’un minerai augmentera, le niveau des redevances augmentera. Il y aura plus de transparence et plus de responsabilité environnementale. Le temps où une minière pouvait amorcer l’exploitation sans avoir reçu toutes les approbations environnementales, c’est terminé!

Critiquer c’est facile, mais le tandem libéral-caquiste va aussi devoir prendre position.

J’ai une question pour le chef libéral : Que chaque minière soit obligée de payer des redevances, est-ce que vous êtes contre ça? Monsieur Couillard, est-ce que vous nous demandez de revenir au temps où les compagnies pouvaient exploiter nos ressources sans payer un sou?

Pour le Québec, imaginez ce que ce serait de laisser le tandem libéral-caquiste revenir à l’ancien régime. Le Québec a assez reculé pendant les neuf longues années de gouvernement libéral. Les choses ont changé : depuis le 4 septembre, le Québec s’est remis en marche!

Charte du bois, nouveau régime minier, nouvelle politique de développement nordique, ordonnée et orientée en fonction des communautés, y compris les Premières Nations et la nation inuite.

Nouvelle stratégie de développement économique pour la Gaspésie et les Îles de la Madeleine. J’y étais hier pour annoncer des investissements importants pour l’industrie éolienne. Une industrie lancée par un gouvernement du Parti Québécois et qui procure des centaines d’emplois de qualité en Gaspésie et ailleurs au Québec.

Nous avons déposé le projet de loi créant la Banque de développement économique du Québec, avec des fonds d’investissement pour la région de L’Amiante, pour le Centre du Québec et la Mauricie, pour l’économie sociale. La Banque aura des antennes dans chacune des régions et va faciliter la vie de nos entrepreneurs.

Nous sommes en train de tout mettre en place pour redresser le Québec.

Nous avons aussi un projet très ambitieux : l’électrification de nos transports. Vous savez de quoi je parle : on a élaboré ce projet ensemble, au Parti Québécois.

Ce chantier offre un potentiel extraordinaire pour tout le Québec. Il faut réaliser que nous importons du pétrole brut pour une valeur de 30 millions de dollars chaque jour, essentiellement pour nos transports.

Imaginez si au lieu d’utiliser ce carburant importé, nos transports utilisaient une forme d’énergie propre au Québec : l’électricité. Imaginez un peu si au lieu de laisser sortir des milliards de chez nous, l’argent était investi ici, dans notre économie, pour nous enrichir.

Électrifier nos transports, ça signifie miser sur des entreprises d’ici, qui fabriquent déjà des trains, des métros, des autobus, des batteries et des composantes pour les véhicules électriques. Ça signifie aussi la création de nouvelles entreprises.

Il faudra inventer de nouvelles technologies, innover dans nos façons de faire, dans l’urbanisme, le design, l’énergie.

Électrifier nos transports nous permettra de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Notre qualité de vie en sera améliorée et nos villes vont gagner en attractivité.

On a de l’énergie propre en grande quantité. Nous pouvons en faire un avantage économique important. On peut l’utiliser pour stimuler l’investissement et la création d’emplois dans toutes nos régions.

Nous avons créé un fonds de 200 millions de dollars pour les transports propres qui sera géré par la nouvelle Banque de développement économique. Un des créneaux de notre nouvelle politique de recherche et d’innovation sera le développement durable, avec un accent sur l’électrification des transports.

Au cours des prochaines années, nous investirons des milliards dans les transports collectifs. Prolongement du métro, train léger sur rail, autobus électriques, trains de banlieue. On a un levier puissant pour prendre ce virage et attirer des partenaires internationaux. J’ai mobilisé le gouvernement pour mettre en marche cet immense chantier.

Plutôt que d’importer du pétrole, nous pourrons exporter notre savoir-faire, nos technologies, notre matériel et nos composantes de transport électrique.

Nous voulons faire du Québec un pôle mondial des transports propres. Nous misons sur le développement durable, sur l’économie verte, sur l’innovation.

On a tout ce qu’il faut pour devenir une des premières sociétés au monde à électrifier ses transports. On est capables. Et, quand nous l’aurons fait, nous serons plus prospères et tellement plus fiers.

On a l’énergie, on a la volonté, on a la vision. Et, surtout, on a un ingrédient essentiel à tout grand projet : on a la fierté!

On a remis de l’ordre et on est en train de tout mettre en place pour redresser le Québec. Ça veut aussi dire défendre et promouvoir nos intérêts et nos valeurs partout, tout le temps.

Nous avons lancé notre programme sur la gouvernance souverainiste. On va combattre toutes les intrusions fédérales dans nos compétences. On va aussi travailler à prendre plus de place, à contrôler toujours plus notre propre destinée.

Nous avons mis en place une commission sur la réforme fédérale de l’assurance emploi. Je suis très fière que les Québécois puissent compter sur Rita Dionne-Marsolais et sur Gilles Duceppe pour défendre nos intérêts.

J’ai fait la promotion des intérêts du Québec sur trois continents, à Kinshasa, à Paris, à New York, à Londres. Chaque fois, j’ai aussi parlé de notre projet de faire du Québec un pays.

C’est absolument nécessaire de faire nous-mêmes la promotion de nos intérêts et de nos valeurs dans le monde. Personne d’autre ne le fera à notre place et surtout pas le gouvernement canadien. Nous devons nous faire connaître et expliquer notre projet de souveraineté.

Lors de mon séjour à Paris, j’ai fait en sorte que la France revienne à sa politique traditionnelle de « non-ingérence, non indifférence ». C’est un atout précieux pour l’avenir.

Et je veux vous dire ceci à propos de la reconnaissance internationale d’un Québec souverain : quand nous aurons dit « oui », nous serons reconnus.

La preuve a encore une fois été faite dans le livre La bataille de Londres. Les Britanniques étaient très clairs : aussi bien en 1980 qu’en 1995, la Grande Bretagne et les États-Unis auraient reconnu le Québec souverain au lendemain d’un « oui ».

Il ne faut pas cesser d’y travailler, mais nous ne devons pas avoir peur. Il n’y a aucune raison d’avoir peur. Le risque, pour le Québec, ce n’est pas la souveraineté, c’est de demeurer dans le Canada!

Parlant de ce livre, selon les Britanniques eux-mêmes, la Cour suprême aurait violé le principe de l’indépendance judiciaire. On demande au Canada de faire la lumière là-dessus.

Le Canada devrait être fier de tout savoir sur ce moment historique. C’est le contraire. Les autorités canadiennes ont peur de leur passé.

Stephen Harper nous dit qu’il ne veut pas ouvrir de vieilles chicanes, mais son gouvernement dépense notre argent, 70 millions de dollars, pour commémorer la guerre de 1812.

Il n’aime pas les vieilles chicanes, il aime seulement les très vieilles chicanes…

Nous, ce qu’on demande, ça ne coûte rien…

Les autorités canadiennes ont peur de ce que les Québécois pourraient apprendre. Ils ont peur de la vérité.

Eh bien, l’Assemblée nationale est unanime : nous, nous voulons toute la vérité!

La reconnaissance internationale et la viabilité économique… Même Jean Charest a reconnu que le Québec souverain serait un État tout à fait viable économiquement.

Parallèlement à l’action du gouvernement, notre parti est à l’œuvre. Je veux aussi vous donner quelques nouvelles du comité sur la souveraineté. Ses membres travaillent fort à remettre les études à jour. Le travail est rigoureux, sérieux, solide. Ces personnes de grande compétence et de grande qualité, je le rappelle, elles travaillent bénévolement. Le travail avance et quand le temps sera venu, les études seront prêtes.

De son côté, notre parti a lancé la plus grande campagne de promotion de la souveraineté de son histoire en dehors des campagnes référendaires. Qui sont les fers de lance de cette campagne? Ce sont des militants et des sympathisants bénévoles, c’est vous!

Pourquoi veut-on que le Québec devienne un pays? Une des raisons fondamentales, c’est qu’on ne veut pas que la nation québécoise disparaisse. On ne veut s’éteindre à petit feu.

Je veux que mes petits-enfants et mes arrière-petits-enfants parlent et vivent en français en Amérique. Que nous puissions nous raconter notre histoire, en étant fiers du chemin parcouru.

Pourquoi veut-on que le Québec devienne un pays? Parce qu’on a besoin de tous les moyens d’un État souverain pour aller au bout de nos possibilités, pour réaliser nos ambitions.

Disons-le aux Québécois : si on ne veut pas disparaître comme peuple et, surtout, si on veut aller au bout de nous-mêmes, au bout de nos possibilités, si on veut recommencer à rêver et à réaliser nos rêves comme nation, la seule voie possible, c’est de nous donner un pays.

On a remis de l’ordre au sein de l’État. Nous avons une vision très ambitieuse. Un Québec pour tous plus intègre, plus prospère, plus solidaire et fier de son identité.

On a remis de l’ordre et il faut continuer, ne pas lâcher.

La nouvelle étape que nous abordons est tout aussi importante. C’est le temps de développer, d’investir, d’innover.

Nous sommes en train de tout mettre en place pour que le Québec retrouve sa fierté, son allant, son ambition. C’est un préalable à notre projet de faire du Québec un pays.

Ça dérange bien du monde et on se fait attaquer durement. Mais on est passés à travers des moments bien plus difficiles. On a traversé toutes les tempêtes, surmonté tous les obstacles.

On n’a pas le droit de faiblir. On doit tenir bon, garder le cap. On doit se battre pour nos idées, mais il ne suffit pas d’avoir raison. Car on a une responsabilité face à l’histoire : nous, on doit gagner!

Parce que oui :

Merci.

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