Allocution de Pauline Marois, première ministre du Québec, à l'occasion de l'ouverture du Sommet sur l'enseignement supérieur
lundi 25 février, 2013
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Voici l'allocution de Pauline Marois, première ministre du Québec, à l'occasion de l'ouverture du Sommet sur l'enseignement supérieur:

La version prononcée fait foi

Aller de l’avant

«Je voudrais d’abord vous remercier d’être ici, de participer à ce sommet sur l’avenir de l’enseignement supérieur au Québec. Je vous remercie au nom de tous les Québécois, car ce dont nous allons discuter concerne tous les Québécois.

« Les premiers touchés sont bien sûr les étudiants et les professeurs, les chercheurs et les dirigeants de nos établissements. Il y a aussi ceux qui sont encore tout jeunes et qui pourraient vouloir accéder, dans cinq ou dix ans, à l’enseignement supérieur; les plus vieux, qui pourraient vouloir retourner aux études et se perfectionner; il y a les entreprises, qui dépendent de plus en plus de la qualité de la formation de leurs employés et de la recherche universitaire; tous ceux qui bénéficient de la présence des cégeps et des universités dans leur milieu; et, finalement, tous ceux qui financent l’enseignement et la recherche avec leurs impôts.

« Nous avons donc une responsabilité collective envers tous les Québécois. Cette exigence transcende chacun d’entre nous, chacun de nos intérêts. Nous avons tous ensemble une obligation de réussite, qui sera mesurée selon notre capacité à aller de l’avant.

« C’est mon premier message : à l’issue du sommet, nous devrons être en mesure d’aller de l’avant.

Mettre l’accent sur ce qui nous unit

« Chacun d’entre nous a ses idées sur le chemin que devrait prendre notre système d’enseignement supérieur. Je crois cependant que sur l’essentiel, nous sommes d’accord. Nos universités et nos collèges sont une de nos plus grandes richesses collectives, un bien précieux que nous devons soutenir.

« Nous convenons tous, également, que le savoir constitue le moyen le plus sûr de développer notre société, notre culture, notre économie. L’éducation est aussi le moyen par excellence d’épanouissement d’une personne.

« Ce que nous devons viser, comme société, c’est l’excellence. L’excellence de l’enseignement, de la recherche, de la gestion de nos établissements et, surtout, l’excellence de nos jeunes, de toutes celles et de tous ceux qui ont le talent et le désir de poursuivre des études supérieures.

« Nous voulons construire une société du savoir. Cette aspiration ne doit pas nous diviser, elle doit nous unir. Le Québec vient de traverser une importante crise sociale au cours de laquelle nous avons beaucoup insisté sur ce qui nous divise. Tout le monde peut constater que ça n’a fait avancer ni la société québécoise ni l’enseignement supérieur.

« C’est mon second message : pour aller de l’avant, nous devons mettre l’accent sur ce qui nous unit.

Faire preuve d’ouverture

« Bien sûr, ça ne signifie pas que des désaccords ne vont pas persister entre nous à la fin du sommet. Cet exercice ne vise pas à tout régler en quelques heures. Nous continuerons à travailler ensemble mercredi matin.

« Le sommet, c’est l’occasion de rétablir le dialogue, de rebâtir des ponts et de retisser des liens entre nous. C’est aussi le moment de nous donner des objectifs communs et de trouver ensemble les moyens de les atteindre.

« Je l’ai déjà mentionné et j’aimerais vous le redire aujourd’hui : le gouvernement est ferme sur les principes, mais souple sur les moyens.

« Sur les objectifs, je crois bien que nous sommes tous d’accord. Par exemple, que l’enseignement supérieur s’avère un des moteurs essentiels à notre développement comme société : on s’entend tous là-dessus.

« Nous sommes d’accord pour dire que le financement des universités est un investissement très rentable pour la nation québécoise. Donc, le gouvernement est prêt à financer nos universités de façon adéquate, durable et prévisible. Ce financement provient de la poche des Québécois et il est normal que ceux-ci aient l’assurance que cet investissement soit maximisé.

« Du côté des étudiants, nous avons toujours affirmé que nous étions guidés par deux objectifs :

  • assurer l’accessibilité
  • et réduire au maximum l’endettement de nos jeunes.

« En annulant la hausse exagérée des droits de scolarité, nous avons atteint une partie de nos objectifs. Le Québec demeurera l’endroit en Amérique du Nord où l’enseignement supérieur est le plus accessible. Nos jeunes vont demeurer les étudiants les moins endettés du continent. Nous sommes déterminés à augmenter l’accessibilité des étudiants, ceux de première génération en particulier. Les universités, les étudiants et tout le Québec y gagneront.

« Maintenant, les moyens peuvent varier. Nous sommes très ouverts là-dessus.

« C’est mon troisième message : je vous demande, à tous, de faire preuve d’ouverture.

« Notre présence à tous témoigne de notre engagement envers la jeunesse, et aussi envers nos établissements d’enseignement supérieur. Nous avons la responsabilité d’aller de l’avant pour construire un Québec du savoir. Il est temps que chacun fasse son bout de chemin pour qu’après le sommet, on passe à une autre étape, on se donne un nouvel élan.

« Fixons-nous des objectifs communs, des objectifs ambitieux. Nous pourrons les atteindre en entretenant un dialogue constant, permanent.

« Ce que je souhaite, c’est que le Québec se relance à la poursuite de l’excellence, de la créativité, de l’épanouissement de chacun de nos jeunes. Voilà notre responsabilité.

« Aller de l’avant, mettre l’accent sur ce qui nous unit et faire preuve d’ouverture.

« Je nous souhaite et je souhaite pour tout le Québec que nous ayons des échanges fructueux.

« Je vous remercie encore une fois d’être ici.

Bon sommet! »