Adoption du projet de loi C-10 - Monsieur Charest, dites la vérité aux Québécois : qui va payer?
mercredi 14 mars, 2012
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Québec – « L'agenda rétrograde du Canada a franchi une autre étape hier avec l'adoption du projet de loi C-10 qui fera régresser le modèle québécois de justice pénale pour les adolescents et coûtera 1 milliard de dollars au cours des cinq prochaines années. Qui va payer pour ça? »

C'est la question que pose le député de Marie-Victorin et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires intergouvernementales canadiennes, Bernard Drainville, au lendemain de l'adoption du projet de loi C-10, le gouvernement du Québec ayant été incapable de se faire entendre par le gouvernement fédéral.

Ainsi, le Québec se retrouve aujourd'hui à appliquer une décision qu'il dénonce. « Même si l'Assemblée nationale du Québec s'est prononcée unanimement contre des dispositions de C-10, elles vont malgré tout s'appliquer au Québec. Au surplus, cette loi coûtera 750 millions de dollars pour la construction de nouvelles prisons et jusqu'à 100 millions de dollars par année en coûts récurrents. Le gouvernement du Québec a déjà indiqué qu'il n'entend pas payer la facture, Ottawa refuse également d'assumer ce montant. On se retrouve dans une impasse. Qui va payer? », se demande Bernard Drainville.

Le plan C du Canada et des conservateurs

Le 1er novembre 2011, lors de sa comparution devant le Comité permanent de la justice et des droits de la personne de la Chambre des communes, le ministre québécois de la Justice, Jean-Marc Fournier, déclarait « qu'on va se retrouver dans une spirale d'emprisonnements ». Il ajoutait « il y a une lumière rouge et on ne paiera pas. Je ne sais pas si c'est assez clair? On ne paiera pas. »

« Le rouleau compresseur du gouvernement conservateur est à l'œuvre. Avec C-10, on a un autre exemple de l'affaiblissement juridique du Québec qui s'inscrit dans le plan C du Canada », a soutenu le député de Marie-Victorin.

« Le Québec perd son modèle, un modèle qui prône la réhabilitation de nos jeunes. Le Canada a posé un geste hier, un geste qui heurte de plein front les valeurs québécoises. Le gouvernement Charest a été incapable de faire entendre l'unanimité québécoise. Son rapport de force est totalement anéanti. Les premières victimes de ce manque de leadership seront d'abord les jeunes, mais également les contribuables qui, d'une façon où d'une autre, vont devoir payer. Devant autant d'injustice, Jean-Marc Fournier doit nous dire aujourd'hui : ça veut dire quoi "on ne paiera pas", concrètement? », a conclu Bernard Drainville.