Accès aux soins de santé - Un plan courageux qui repose sur le bon diagnostic
mercredi 30 août, 2017
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Québec, le 30 août 2017 – Devant l’échec complet de la réforme Barrette, cette énième réforme libérale au cours des quinze dernières années, le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, et la porte‑parole en matière de santé, d’accessibilité aux soins et de soutien à domicile, Diane Lamarre, présentent un plan réaliste et innovant qui met enfin le patient au centre de notre système de santé.

EN BREF

  • Les réformes libérales de structures et les hausses faramineuses de la rémunération des médecins n’ont pas amélioré l’accès aux soins pour les patients;
  • C’est inévitable, il faut s’attaquer au cœur du problème, notamment (d’autres mesures sont énumérées plus bas)
    • Décloisonner les professions
    • Geler la rémunération des médecins et mieux répartir ces ressources
    • Garantir l’accès à des soins de première ligne les soirs et les fins de semaine.



« Avec leurs réformes de structures, les libéraux n’ont fait qu’affaiblir notre système de santé, sans jamais s’attaquer au cœur du problème. Nous, nous aurons le courage de prendre les vrais moyens pour qu’enfin les Québécoises et les Québécois aient accès aux soins auxquels ils sont en droit de s’attendre dans une société moderne et prospère comme la nôtre », a d’emblée déclaré Jean‑François Lisée.



Pour un décloisonnement en santé

Les libéraux s’y sont toujours refusés, mais le Québec ne peut plus attendre : il faut libérer les médecins d’un bon nombre d’actes et favoriser une vraie interdisciplinarité. « Nous proposons d’accroître le rôle des infirmières praticiennes spécialisées, les IPS, et d’étendre à l’ensemble du Québec le modèle des cliniques sans médecin pour traiter les urgences mineures. Les IPS pourraient également dispenser des services dans les CLSC afin de complémenter l’offre de première ligne. Il n’est pas normal, par exemple, que des infirmières soient supervisées par des médecins rémunérés à l’acte pour des opérations de vaccination, comme cela a été rapporté récemment. C’est ce genre d’aberrations qui font en sorte que les coûts augmentent, et que l’accès diminue. Plus que jamais, nous avons besoin d’un big bang clinique! », a pour sa part illustré Diane Lamarre.



Les autres professionnels doivent aussi détenir davantage de responsabilités dans la dispensation des soins. « Par exemple, les ergothérapeutes procèdent à l’évaluation des aînés pour le renouvellement de leur permis de conduire; pourquoi, sauf exception, ces derniers devraient-ils revoir un médecin? Les hygiénistes dentaires doivent pouvoir faire un nettoyage sans supervision, sinon les personnes en CHSLD n’auront plus jamais accès à ce service élémentaire. Quant aux dentistes, ils revendiquent avec raison l’accès au DSQ, car certains médicaments affectent la santé buccale. Les psychologues peuvent accélérer l’évaluation des enfants ayant des problèmes de santé mentale ou un TDAH. Les physiothérapeutes et les optométristes peuvent contribuer à l’évaluation et au traitement de plusieurs conditions. Les pharmaciens, les paramédics, les travailleurs sociaux, les audiologistes… bref, tous les autres professionnels ont beaucoup à offrir aux patients du Québec. Les Québécois contribuent depuis des décennies à leur formation, mais nos lois dépassées maintiennent ces professionnels dans des rôles réducteurs qui ne leur permettent pas d’apporter leur pleine contribution, alors que les médecins ne suffisent plus à la tâche. Ailleurs, en décloisonnant le rôle des autres professionnels, on a réussi à améliorer l’offre de services », a ajouté la porte‑parole.


Les patients au cœur de nos choix budgétaires

Le ministre de la Santé a eu carte blanche pour trouver des solutions aux problèmes d’accès aux soins, mais il a choisi de tout investir dans les médecins. En effet, les trois quarts des nouvelles sommes investies en santé sont allés dans les poches des 20 000 médecins, et ce, sans garantie d’amélioration de l’accès. Le contrat social n’a pas été respecté. « Cette décision est l’une des pires à avoir été prises au cours des dernières décennies en matière de finances publiques. Ce sont les patients et les contribuables qui en paient le prix. Une fois au gouvernement, nous allons immédiatement geler l’enveloppe de rémunération des médecins et réinvestir ces sommes dans les services. Et nous mettrons fin à leur incorporation, qui nous fait perdre annuellement des millions de dollars », a aussi indiqué Jean-François Lisée, qui note d’ailleurs que cette année, la rémunération des médecins augmentera encore minimalement de 6 %, ce qui représente près du tiers de la hausse de tout le budget en santé.



Pour un véritable accès aux soins de première ligne

« Que faire lorsqu’on fait partie des 25 % de Québécois n’ayant toujours pas accès à un médecin de famille? Et, même si on en a un, que faire lorsqu’on en a besoin le soir ou la fin de semaine? Trop de gens se retrouvent à l’urgence inutilement, et trop souvent. Il faut agir! », a ajouté Diane Lamarre.


« Nous allons nous assurer que les soins de première ligne sont accessibles au moment où les patients en ont vraiment besoin. Nous allons faire en sorte que les Québécois aient accès à des services les soirs et les fins de semaine. Nous garantirons un accès de proximité, à une IPS ou à un médecin, jusqu’à 21 heures. Et nous mettrons fin au ping-pong des médecins entre le système public et le privé », a également mentionné la porte‑parole.


Il s’agit là d’une annonce importante pour les patients du Québec. L’opposition officielle en aura beaucoup d’autres à faire au cours des prochaines semaines, notamment pour les aînés, ainsi qu’en matière de services sociaux, de soins à domicile, et de santé publique en général.


« L’élection d’un gouvernement du Parti Québécois en octobre 2018 donnera des résultats pour les patients du Québec. Les réformes de structures et les mauvaises solutions libérales ont déçu. Les patients sont encore désespérés. Or, il est possible de remonter cette pente; il s’agit d’avoir du courage. En ce domaine, les libéraux ont prouvé leur incapacité. Nous, nous allons le faire! », a conclu le chef de l’opposition officielle.


Rappelons enfin que l’équipe santé du Parti Québécois, composée des députés Diane Lamarre, de Sylvain Pagé et de Dave Turcotte, sillonnera les régions du Québec au cours des prochains mois afin de faire connaître nos propositions et de discuter avec les acteurs du milieu quant aux meilleures façons de déployer le plan, selon leur réalité sur le terrain.

 

Axe I : Pour un décloisonnement professionnel en santé

  1. Étendre à l’ensemble du Québec le modèle des cliniques sans médecin destinées aux urgences mineures et au suivi de certaines maladies, en permettant aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS ou superinfirmières) d’y exercer de façon autonome, selon le modèle de la coopérative SABSA.
  2. Faire des CLSC un lieu de dispensation de services par les IPS autonomes afin de complémenter l’offre de services en première ligne.
  3. Revoir le partage des compétences en santé et donner davantage d’autonomie aux professionnels de la santé autres que les médecins. Par exemple :
  • des équipes formées d’infirmières et de pharmaciens seront créées en CHSLD;
  • les infirmières et les pharmaciens pourront procéder à des opérations de vaccination;
  • les hygiénistes dentaires seront autorisés à faire des nettoyages en CHSLD et ailleurs;
  • les ergothérapeutes seront autonomes pour évaluer le renouvellement du permis de conduire des aînés, sauf exceptions;
  • les audiologistes pourront procéder à des lavages d’oreilles et à diverses manœuvres lors de vertiges positionnels, notamment;
  • les travailleurs sociaux pourront référer directement des patients à des professionnels en santé mentale (dans des cas d’itinérance, de toxicomanie, etc.);
  • les dentistes auront accès au DSQ, et pourront traiter des problèmes bucco‑dentaires;
  • les IPS et les psychologues pourront évaluer et prescrire, ce qui permettra d’éviter, entre autres choses, des délais quant au diagnostic et au traitement du TDAH;
  • les physiothérapeutes pourront prescrire des radiographies et offrir des soins de première ligne aux sportifs blessés. De plus, il leur sera possible de référer des patients à un spécialiste (orthopédiste, physiatre, etc.) sans passer par un médecin de famille;
  • les optométristes verront s’élargir encore davantage leur rôle dans les domaines du diagnostic, du traitement et du suivi de thérapie, puisqu’ils disposent de plateaux techniques que n’ont pas les médecins en cabinet;
  • les pharmaciens pourront revoir l’utilisation des médicaments;
  • les infirmières bachelières auront plus d’autonomie (elles pourront notamment demander des radiographies en cas de chute), ce qui accélérera le triage aux urgences;
  • les paramédics jouiront de davantage d’autonomie sur un plus grand nombre d’actes en situation d’urgence et en tant que premiers répondants.

4. Permettre à d’autres professionnels que les médecins de référer des patients à des spécialistes, sous certaines conditions.

 

Axe II : Les patients au cœur de nos choix budgétaires

5.     Geler, dès la prise de pouvoir, l’enveloppe de rémunération des médecins jusqu’à ce que la rémunération globale se rééquilibre autour d’une norme québécoise tenant compte de la part de la richesse que la société consent à verser à ses médecins – une norme qui ne doit pas être la moyenne canadienne.
6.     Réinvestir cet argent pour garantir un meilleur accès.
7.     Mettre fin à l’incorporation des médecins.

 

Axe III : Pour un véritable accès à la première ligne

8.     Garantir un accès de proximité à une infirmière spécialisée ou à un médecin jusqu’à 21 heures.
9.     Mettre fin au ping-pong des médecins entre le privé et le public.

 

Quelques exemples

Dans les autres provinces canadiennes et aux États-Unis, les IPS sont autorisées à prescrire des médicaments et à poser certains diagnostics. Celles du Royaume-Uni et de l’Australie jouissent elles aussi de beaucoup plus d’autonomie que les IPS québécoises. Il en va de même pour les hygiénistes dentaires ontariens.

Les pharmaciens sont autorisés à vacciner dans tous les États américains et presque toutes les provinces du Canada, ainsi qu’au Portugal et en Australie. Par ailleurs, en Ontario, ils sont autorisés depuis 10 ans à procéder à la révision des médicaments.