Monsieur

Pierre Karl Péladeau

Chers compatriotes, Mes premiers mots vont aujourd’hui à Mme Lisette Lapointe et à la famille de monsieur le premier ministre Jacques Parizeau. Je vous offre, au nom de l’équipe du Parti Québécois, mes sincères condoléances. M. Jacques Parizeau est un homme d’exception. Il a été un grand serviteur de l’État. Il a fait le choix […]

mardi 2 juin, 2015
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Chers compatriotes,

Mes premiers mots vont aujourd’hui à Mme Lisette Lapointe et à la famille de monsieur le premier ministre Jacques Parizeau. Je vous offre, au nom de l’équipe du Parti Québécois, mes sincères condoléances.

M. Jacques Parizeau est un homme d’exception. Il a été un grand serviteur de l’État. Il a fait le choix de consacrer sa vie à ses concitoyens et à ses compatriotes. Il leur a offert un des plus beaux legs : la modernité. Jacques Parizeau, c’est l’homme de la modernité du Québec.

La liste des réalisations de ce grand homme d’État est impressionnante. Pensons à sa participation à ce geste significatif d’affirmation nationale que fut la nationalisation des compagnies d’électricité.

En tant que conseiller économique et financier du premier ministre Jean Lesage, c’est Jacques Parizeau qui a obtenu un prêt important auprès des institutions financières américaines, alors que les syndicats financiers de la rue St. James et de Toronto s’opposaient à cette nationalisation.

Grâce à sa détermination, il offrit au Québec l’émancipation financière, et la liberté de faire ses propres choix.

Premier Québécois à obtenir un doctorat de la London School of Economics, le professeur des HEC Jacques Parizeau a contribué à l’émergence d’une nouvelle génération de financiers et d’économistes québécois francophones.

Il initia ou participa à la création des plus importants leviers économiques de notre nation : la Régie des rentes, la Caisse de dépôt et placement, la Société générale de financement, entre autres.

Comme ministre des Finances du premier ministre René Lévesque, il institua le Régime épargne-actions, faisant la promotion des entreprises québécoises de la littératie financière.

Son apport est aussi considérable pour la création du Fonds de solidarité de la FTQ.

Ces deux institutions s’ajoutent à ces outils de développement qui sont partie intégrante de notre société. Ils ont permis à l’État de soutenir les entreprises d’ici, depuis près de 50 ans.

Je salue, d’ailleurs, l’initiative du premier ministre Philippe Couillard de baptiser l’édifice abritant la Caisse de dépôt et placement, à Montréal, « édifice Jacques Parizeau ».

J’ai eu l’occasion de passer quelques moments avec M. Parizeau il y a quelques années. J’avais sollicité une rencontre, que j’ai obtenue avec lui à son domicile, à l’Île des-Sœurs.

J’ai eu avec lui une discussion autour du service public, de l’intérêt public et de l’intérêt du Québec.

C’est à partir de ce moment-là que ma réflexion s’est entamée sur mon propre engagement en politique, pour l’indépendance du Québec. Il est pour moi une grande source d’inspiration à l’égard de l’action politique qu’il a entreprise, mais aussi et surtout pour l’audace et l’ambition qu’il a toujours eues pour le Québec. La profondeur de ses convictions ne fait aucun doute.

Tout au long de sa vie, liée entièrement au développement du Québec moderne, M. Parizeau a profondément cru à la capacité des Québécois à devenir réellement maîtres de leur destinée et de leur avenir.

Grand intellectuel et économiste réputé, Jacques Parizeau a mené sa vie publique avec droiture, intégrité et courage.

Grâce à lui et à de très rares autres, la nation québécoise a franchi les portes de la modernité, jusqu’aux abords du pays du Québec.

Il a été la bougie d’allumage pour les Québécois, pour nous faire comprendre que tout était possible pour nos ambitions, ici comme ailleurs, sur toutes les tribunes.

Chaque Québécoise et Québécois porte, en quelque sorte, une partie de l’héritage de Jacques Parizeau.

Le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre, c’est de continuer. Son œuvre est inachevée, mais le chemin est tout tracé. Nous suivrons ses pas. Comme il l’a dit :

« La Révolution tranquille a été l’œuvre de quatre ministres, d’une vingtaine de fonctionnaires et d’une vingtaine de chansonniers, puis de poètes. »

Merci, Monsieur Parizeau, d’avoir été l’un de ces grands fonctionnaires, l’un de ces poètes et l’un de ses grands citoyens.

Vous êtes, pour toujours, un géant du Québec. Merci, Monsieur Parizeau.

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