Les problèmes de l’Alberta ne sont pas la faute du Québec
jeudi 28 novembre, 2019

Pascal Bérubé

L’Alberta a fait des choix mal avisés. C’est le cas depuis des décennies. Espérer une stabilité financière à long terme en s’appuyant sur un prix du pétrole historiquement élevé était un combat perdu d’avance. 


Au cours des dernières années, nous avons entendu, encore et encore, les arguments fallacieux selon lesquels le Québec vit aux crochets des taxes payées par les Albertains. Le premier ministre Jason Kenney est le dernier d’une longue lignée de politiciens de l’Ouest qui prétendent que les Albertains paient pour les programmes sociaux des Québécois. Il est si facile pour un politicien albertain de marquer des points politiques gratuits chez lui en insinuant que l’Alberta paie pour les CPE du Québec.


C’est tout simplement faux. Demandez à n’importe quel expert le moindrement sérieux : le Québec ne reçoit pas de paiements de péréquation parce qu’il dépense plus en programmes sociaux ou parce que l’Alberta dépense moins à cet effet. Les paiements de péréquation sont calculés en fonction de la capacité d’une province à générer des revenus fiscaux. L’Alberta pourrait générer d’énormes revenus fiscaux et choisit de ne pas le faire. C’est son propre choix qui est légitime, quoique mal avisé. Ainsi, les Albertains n’ont pas à se plaindre de payer quelque programme social du Québec que ce soit. Ce n’est tout simplement pas vrai.


En fait, l’Alberta est beaucoup plus dépensière que ses dirigeants le laissent entendre. Avant les coupes budgétaires du premier ministre Kenney, l’Alberta dépensait plus par habitant que le Québec. Après les coupes, elle continue de dépenser à peine 2 % de moins par habitant que le Québec. L’Alberta n’est pas un paradis libertarien, contrairement à ce que certains aiment croire. Cette province est un exemple patent de gouvernement dépensier.


Si le premier ministre Kenney cherche quelqu’un ou quelque chose à blâmer pour son gigantesque déficit, il devrait viser… la politique fiscale de sa propre province au cours des dernières décennies. Un taux d’imposition faible, qui a même déjà été fixe, l’absence de taxe de vente et des « Ralph bucks » jumelés à des dépenses élevées vont évidemment mener à des déficits budgétaires. Pendant longtemps, la mauvaise gestion financière de l’Alberta a été camouflée par les prix élevés du pétrole. Les Albertains doivent comprendre que leurs leaders les ont laissés tomber. Le premier ministre Kenney doit cesser de blâmer les autres et en prendre la responsabilité, au nom de son gouvernement. Il devrait se pencher, avant toute chose, sur sa propre politique fiscale, s’il cherche des solutions à son déficit de 8 milliards. S’il ne se livre pas à cette introspection fiscale, il cimentera sa place de fier héritier des dirigeants passés qui ont mené l’Alberta au bord du précipice fiscal où elle se trouve en ce moment même.

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