Le Parti Québécois à travers quatre générations - Muguette Paillé

Muguette Paillé

Militante du Parti Québécois dans Maskinongé

mardi 13 février, 2018
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La victoire en 1976, le début de l’aventure.

Mon attachement actuel au Parti Québécois n’était pas aussi présent durant ma jeunesse. À mes 19 ans, je qualifierais mon implication de passive, même si on parlait beaucoup de politique lors des repas, autour de la table. Toutefois, cette implication passive s’est transformée en un engagement profond avec la victoire du Parti Québécois en 1976.

Pour la première fois de ma vie, je me reconnaissais dans un parti. L’idée de souveraineté y a énormément contribué. Pour être sincère, les implications d’un Québec indépendant m’étaient alors inconnues. Cependant, il y avait une chose qui surpassait ces incertitudes : la fierté.

Aujourd’hui, cette fierté est toujours intacte et les incertitudes se sont dissipées. Maintenant, je connais les raisons de lutter pour un Québec indépendant. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le temps presse. C’est encore plus urgent qu’en 1976.

Aujourd’hui, plus encore, je souhaite ardemment la naissance d’un État québécois fier de sa culture, de son identité, de sa langue française. Au fil des années, mon expérience militante m’a convaincue d’une chose : la reconnaissance de notre nation francophone est indissociable d’un Québec souverain et, pour y arriver, le Parti Québécois est le meilleur véhicule.

Les temps ont changé

Pour plusieurs, le vide laissé depuis René Lévesque est encore béant. Nous sommes nostalgiques de ses discours enivrants, remplis d’espoir et de fierté. Cependant, il faut se rappeler que personne n’est irremplaçable, pas même le pape. Notre parti, le Parti Québécois, n’est pas celui d’un seul homme ou d’une génération. C’est la somme de milliers de membres dont l’idéal politique restera bien vivant tant que nous le porterons fièrement.

Quand je vois le désintérêt des gens pour la politique, cela suscite en moi une certaine incompréhension. La politique, ce n’est pas seulement l’affaire du personnel politique; au contraire, c’est celle de tous. Grâce à elle, nous décidons de notre avenir, mais aussi du futur de nos enfants. À l’heure où les sondages font la pluie et le beau temps, je fais appel à votre esprit critique et de discernement. Je vous invite à ne pas suivre l’exemple des personnes qui votent en fonction des sondages. Savez-vous quel surnom je leur donne? Les analphabètes politiques!

Heureusement, quand je vois des militants et des députés comme Catherine Fournier ou Mathieu Traversy, je me dis que la relève est assurée. Si j’ai un conseil à donner à cette relève souverainiste, c’est le suivant : la politique, c’est une histoire de terrain, de poignées de main. Ne vous coupez jamais de vos électeurs. Ayez le courage de vos ambitions et ne vous laissez pas intimider.

D’une manière générale, je ne pense pas que les jeunes soient dépolitisés. Le mouvement étudiant de 2012 a démontré que la politique fait encore vibrer les jeunes.

Ils nous ont montré, avec ce mouvement, c’est quoi, se tenir debout. Si ma génération possédait le quart de cette énergie, le Québec serait déjà indépendant. Avec ces jeunes, l’espoir est permis.

Et puis notre chef, Jean-François Lisée, me donne confiance. Vous savez quoi? Je le trouve profondément sympathique et accessible. Bien loin de l’image véhiculée par les médias. Sa participation aux assemblées publiques le prouve. En effet, on y voit quelqu’un qui est à l’écoute, mais aussi une personne empreinte d’empathie. Pour connaître une personne, il faut la côtoyer. Ce serait une fierté de l’avoir comme chef de notre futur pays. Il brille par sa répartie et sa culture.

Avec une telle équipe de feu – pensons à la vice-cheffe, Véronique Hivon – et le programme du Parti Québécois, la victoire est possible. Ce dernier est le plus novateur, surtout en matière de santé. À quelques mois des élections générales de 2018, M. Lisée a encore davantage besoin de notre soutien, de nos encouragements. Partout au Québec, il nous incombe de relayer le programme du Parti Québécois.

 

Débat des chefs à l’élection fédérale de 2011 : « mon quart d’heure de gloire »

Je n’oublierai jamais cette phrase, prononcée par un journaliste après mon intervention au débat des chefs du 13 avril 2011 : « Madame Paillé, vous êtes un texte-symbole. »

J’étais loin d’imaginer qu’une simple question sur le chômage qui frappe les personnes de plus de 50 ans allait faire de moi un symbole et le point marquant du débat. En effet, pour beaucoup de personnes, j’étais la « madame du peuple », celle des oubliés. Grâce à une petite dame de Sainte-Angèle-de-Prémont, ces oubliés ont pris la parole. Quand j’ai posé ma question, ce n’était finalement pas en mon nom.

Je me souviens qu’après ce débat, les gens s’arrêtaient pour me dire : « Bravo, Madame Paillé. » Rapidement, les demandes d’entrevue se sont enchaînées, et ce, en pleine campagne électorale. Comme si la grande gagnante du débat, c’était moi. Je me souviens qu’au quatrième « Madame Paillé » lancé par les chefs lors du débat, le sentiment d’être écrasée sur mon fauteuil me pesait, tellement j’étais gênée.

Au final, j’ai eu droit à une chronique dans le Journal de Montréal et la « Paillé-mania » s’est poursuivie un peu. Après le débat, j’ai aussi participé au Congrès du Parti Québécois, où j’ai rencontré Pauline Marois, profitant de l’occasion pour lui témoigner ma grande admiration.

Vous vous demandez sans doute quelles ont été les réponses des chefs à ma question. Pour dire vrai, ils ne m’ont pas vraiment répondu. C’était du flafla. Cependant, une vérité m’est apparue durant ce débat. Laquelle? Seuls les Québécois pourront répondre aux problèmes qui concernent les Québécois.

Pour terminer, il m’est impossible de ne pas vous parler de la raison d’être de notre projet souverainiste : notre langue française. Cette langue appartient à tous les francophones, pas juste aux baby-boomers. Enfants et petits-enfants, allophones, gens des minorités culturelles, elle est aussi la vôtre.

Cette diversité, c’est le Québec d’aujourd’hui. Un pays diversifié où il faut aller chercher ce qui nous rassemble : la langue française.

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