Faire preuve d'audace et de détermination - Mes 100 premiers jours à la présidence du Parti Québécois
vendredi 24 avril, 2020

Dieudonné Ella Oyono

Pour l'intégralité du document, rendez-vous ici.

Chers militants,


Il me fait plaisir de m’adresser directement à vous suite au congrès extraordinaire qui s’est tenu les 9 et 10 novembre 2019 à Trois-Rivières.


À la présidence de notre formation politique, je constate chaque jour à quel point le Parti Québécois est une institution à laquelle sont attachés des milliers de Québécois aux quatre coins de notre territoire.


C’est donc avec fierté et enthousiasme que j’aurai l’occasion de vous côtoyer au cours de mon mandat. Vous êtes les piliers de notre mouvement politique et je tiens à saluer votre engagement.


Dans ce premier « rapport du président », je dévoile les priorités d’action qui marqueront ma présidence : le rassemblement, la jeunesse et les Québécois de toutes origines. Ce sont là des « incontournables » pour le projet d’indépendance qui se trouve au cœur de notre action politique.


Dans vos plans d’action locaux et territoriaux à venir, je vous invite à identifier des actions qui nous permettront collectivement de poser des gestes concrets à l’intérieur de ces trois priorités.


En terminant, soyez assurés qu’en cette période de changements au Parti Québécois, nous mettons tout en œuvre pour répondre adéquatement à vos besoins et être à la hauteur de vos attentes.


Bonne lecture.

 

Un Parti Québécois plus agile

En 52 ans, le Québec a beaucoup changé. De deux partis politiques qui s’alternaient au pouvoir, il y a maintenant quatre formations représentées à l’Assemblée nationale.

Cette réalité commande aux partis politiques de s’adapter en procédant à des transformations en profondeur. C’est pourquoi après la défaite électorale du 1er octobre 2018, le Parti Québécois s’est engagé dans un processus de refondation et de modernisation qui s’achèvera le 19juin prochain avec l’élection du 10e chef de l’histoire du parti.

Nous avons ainsi adopté au congrès extraordinaire de nouveaux statuts, plus modernes, qui permettront aux membres de consacrer plus de temps et d’énergie aux actions sur le terrain. La nouvelle Déclaration de principe vient aussi dissiper toute ambiguïté sur la raison d’être de notre parti : faire du Québec un pays !

Lors de la dernière conférence de coordination, nouvelle instance qui remplace la conférence nationale des présidentes et des présidents, nous avons adopté un nouveau Règlement intérieur qui permet de mettre en œuvre les principes mis de l’avant dans les nouveaux statuts du parti. C’est ainsi qu’un nouveau découpage du Québec a été adopté passant ainsi d’une organisation régionale à une organisation territoriale.

D’autres décisions du congrès extraordinaire seront mises en œuvre dans les prochains mois et la gestion du changement demeure un défi. Je suis par dessus tout convaincu que nous relèverons ce défi ensemble avec brio.

Honnêtement, il faut se féliciter du travail déjà accompli et se rappeler que le but ultime de cette modernisation est de se donner les moyens d’atteindre nos objectifs en tant que parti souverainiste. 

Lors de la prochaine campagne électorale, le Parti Québécois sera donc plus agile pour atteindre les objectifs électoraux que nous allons nous fixer.

 

Première priorité: Un mandat marqué par la volonté de rassembler tous les indépendantistes.

En observant de très près le mouvement indépendantiste, il apparaît clairement que son principal défi est d’unir toutes ses forces vives.

C’est la raison pour laquelle j’ai amorcé mon mandat de président par une lettre à tous les indépendantistes et une tournée de tous les organismes indépendantistes de la société civile.

À ce jour, j’ai rencontré sept organisations et une dizaine de leaders indépendantistes pour échanger sur l’état de situation du mouvement, son avenir et les actions à entreprendre.

Il ressort de ces rencontres une volonté réelle de travailler ensemble, de se concentrer sur ce qui nous rassemble, de faire front commun pour l’indépendance du Québec. Comme moi, les leaders et organismes rencontrés sont d’avis qu’il faut créer un nouveau momentum, comme en 1980 et en 1995, pour convier notre peuple à décider de son avenir à l’intérieur ou non de la fédération canadienne.

Pour que ce 3e rendez-vous avec l’histoire soit différent des deux autres, il y a lieu de se tenir la main, de garder nos yeux sur la destination finale et de changer le narratif de notre projet en présentant notamment à nos concitoyens les avantages économiques et socio-politiques de l’indépendance du Québec.

Le temps est venu de se serrer les coudes au lieu d’être des ennemis à l’intérieur même du mouvement. Tous les leaders indépendantistes doivent s’engager sur cette voie afin que l’on retrouve la crédibilité et le sérieux qui ont jadis caractérisé le mouvement souverainiste québécois. C’est ainsi que nous réussirons à convaincre la population qui a toujours eu des attentes plus élevées vis-à-vis du Parti Québécois compte tenu du projet qui est le nôtre.

 

Deuxième priorité: Un exécutif national plus actif sur le terrain

Un parti politique est une grosse organisation dont le défi permanent est de rester branché avec les militants. La nouvelle gouvernance du parti favorisera certainement des échanges réguliers avec la base afin de consolider notre ancrage territorial. Au fur et à mesure que les nouvelles instances se mettront en place, je compte personnellement garder un lien direct avec les militants en participant le plus souvent possible aux activités que vous organisez aux quatre coins du Québec.

Mon objectif est de mettre derrière nous cette fausse perception que le Conseil exécutif national est loin de la base militante du parti. Au sommet de notre organigramme se trouvent les militants qui sont la fondation de notre parti politique. Plus que jamais, votre voix doit être entendue au sein de toutes les instances du Parti Québécois et vous pouvez compter sur moi pour le rappeler le plus souvent possible à mes collègues présidents locaux et territoriaux ainsi qu’à la commission politique et au caucus des députés.

Jusqu’à maintenant, j’ai rendu visite aux militants dans cinq de nos 17 régions et ces visitent se poursuivront tout au long de mon mandat avec l’objectif d’aller vous voir le plus souvent possible.

Nos adversaires ont l’habitude de dire que notre projet ne rejoint pas les nouvelles générations. Ce constat n’est pas totalement faux lorsqu’on observe les résultats électoraux du Parti Québécois chez les 18-34 ans. Or, il est indispensable d’avoir l’appui de ces nouvelles générations afin de réaliser notre projet collectif.

C’est pourquoi, le Parti Québécois s’est engagé à accompagner son aile jeunesse afin que celle-ci continue de mobiliser les jeunes souverainistes dans toutes les institutions de formation professsionnelles, cégep et universités à travers le Québec (Priorité 2).

La mobilisation des jeunes est un des ingrédients dont le mouvement a besoin pour créer les conditions gagnantes et le Parti Québécois fera tout ce qui est possible pour cette mobilisation à l’intérieur et à l’extérieur du parti.

L’indépendance du Québec ne se fera pas sans les Québécois de toutes origines qui ne connaissent pas le PQ en dehors de comment il est décrit par ses adversaires. Il est donc crucial d’entamer un dialogue franc avec ces concitoyens afin qu’ils soient une partie prenante de notre projet (Priorité 3).

Il faut reconnaître que d’autres formations politiques semblent mieux faire que nous pour mobiliser les nouveaux Québécois. Pourtant, le PQ a déjà été très populaire auprès des communautés immigrantes, notamment la communauté haïtienne, allant jusqu’à faire élire Jean Alfred en 1976, premier député noir de l’Assemblée nationale du Québec.

Nous devons renouer ces liens dès maintenant sans renier qui nous sommes, ni les aspirations collectives qui motivent nos actions. Ce travail s’est amorcé avec quelques groupes et va se poursuivre durant tout mon mandat à la présidence.

 

Troisième priorité: une direction cohérente et assumée.

Dès maintenant, il n’y a plus personne qui remettra en question la raison d’être du Parti Québécois : nous voulons fonder un état au lieu de simplement gouverner une province.

Une telle position suscite au pire la méfiance ou au mieux le questionnement dans le contexte où l’indépendance n’a pas été au centre du débat politique depuis le referendum de 1995.

Il faut donc se préparer à déconstruire dès maintenant l’argumentaire contre l’indépendance en démarrant plusieurs chantiers simultanément. Ceux-ci porteraient sur des grands enjeux comme les finances publiques, la monnaie, l’armée, les pensions vieillesses et la dette. En plus de la langue et de la culture qui sont des piliers de la seule nation francophone en Amérique-du-Nord, un argumentaire pour l’indépendance portant sur ces grands enjeux ralliera plusieurs de nos concitoyens, particulièrement ceux des nouvelles générations.

En plus de la société civile, ces travaux permettront aux citoyens de s’approprier cet ambitieux projet pour le Québec dont la promotion ne saurait se faire exclusivement par les partis politiques.

Ce projet renouvelé inclut naturellement les peuples autochtones tel que stipulé dans notre Déclaration de principe. Le nouveau chef du Parti Québécois devra rencontrer les chefs autochtones comme René-Lévesque et Bernard Landry l’ont fait dans le temps. Il faut clairement dire à ces nations que leur avenir est avec nous au Québec et pas dans le Canada.

L’avenir de la planète inquiète de plus en plus de citoyens et même si c’est un enjeu qu’il faut regarder d’un point de vue global, il reste que le Québec peut être un chef de file en matière de lutte contre les changements climatiques. Malgré toute la bonne volonté d’un gouvernement provincial, c’est le Canada en tant que pays qui a les coudées franches pour agir. Or, il ne le fera pas de peur de mettre en péril l’exploitation du pétrole bitumineux de l’ouest du pays.

Pour que le Québec puisse agir, les Québécois doivent sortir du Canada afin de prendre nos propres décisions. Rester dans le Canada, c’est donc accepter de ne pas agir contre les changements climatiques car il n’y aura pas véritablement de Québec vert sans un Québec indépendant, donc libre de prendre ses propres décisions.

 

Recommandations:

À la fin de mes 100 jours à la présidence du Parti Québécois, il reste beaucoup à faire pour asseoir confortablement nos réformes. Ce travail va se faire dans le respect et prendra le temps nécessaire selon les contraintes qui ne manquent pas mais nous devons réussir.

À ce stade du parcours, j’aimerais formuler les trois recommandations suivantes :


Recommandation #1

Que le Parti Québécois collabore activement avec les organismes indépendantistes de la société civile afin d’adopter une feuille de route commune dont le principal objectif sera de convaincre une majorité de Québécois d’appuyer la souveraineté du Québec


Recommandation #2

Que le Parti Québécois renoue le dialogue avec les nouveaux Québécois sur une base permanente et initie ou participe à toutes les actions visant la mobilisation des jeunes pour la souveraineté


Recommandation #3

Que le Parti Québécois, en collaboration avec les organismes indépendantistes, amorce dès maintenant les réflexions sur les enjeux de la souveraineté afin que les citoyens s’approprient les arguments en faveur de l’indépendance du Québec

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