Conférence de Pierre Karl Péladeau à l'École d'été 2015 de l'Institut du Nouveau Monde

Permanence nationale

Équipe de services aux membres du Parti Québécois.

jeudi 13 août, 2015
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Laval, 13 août 2015 - Notes d'allocution du député de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau

L’allocution prononcée fait foi.


Monsieur Michel Venne, co-fondateur et directeur général de l’INM et la grande équipe derrière l’École d’été,

Chers participants,

Je voudrais remercier l’équipe de l’INM pour leur invitation et les féliciter pour la qualité exceptionnelle du programme offert aux participants.

Je tiens aussi à remercier les nombreux partenaires parrains, dont plusieurs forums jeunesses et commissions scolaires ainsi que mes collègues élus parrains de tous les partis. Il est important de favoriser la participation des jeunes à des activités de formation citoyenne comme celle-ci.

J’ai une attention spéciale pour madame Lise Payette, qui sera avec vous samedi. Madame Payette est une femme d’exception qui continue de m’inspirer. Et pour Flavie Renouf-Payette qui fait déjà sa marque comme documentariste.

Pour moi, la présence de ces deux femmes nous montre que les convictions peuvent unir les générations.


J’ai beaucoup d’estime pour ceux et celles qui s’engagent dans le débat public pour le bien commun.

Je profite également de l’occasion pour saluer la présence d’Ariane Cayer, la nouvelle présidente de notre aile jeunesse.

Je souhaite que l’implication d’Ariane inspire d’autres jeunes femmes à s’investir dans la vie publique.

Il se trouve des jeunes issus des Premières nations parmi vous. J’en suis très heureux.


On m’a dit aussi que Gilles Duceppe sera ici en fin de journée. J’ai eu l’occasion de faire du vélo avec Gilles et surtout de faire campagne à ses côtés.

Nous partageons cette volonté de défendre les intérêts des Québécois et de faire un pays avec eux et pour eux.

Mais au-delà de nos appartenances politiques, je crois sincèrement que l’engagement de Gilles envers le Québec est inspirant. Je vous invite à profiter de son passage pour aller à sa rencontre.

Je reviens tout juste d’un séjour aux Iles-de-la -Madeleine.

Les gens sont accueillants et fiers.

Les couleurs sont plus vives qu’ailleurs. La mer aussi…

C’est un endroit qui pousse à la réflexion. C’est là-bas que j’ai réfléchi à ce que j’allais vous dire aujourd’hui.

Je me suis posée les questions suivantes : qu’avons-nous en commun, vous et moi? Quels espoirs, quels rêves ou quels grands buts partageons-nous?

J’ai 53 ans. Alors que vous préparez vos projets d’avenir, j’appartiens à une génération dont plusieurs membres songent à la retraite.

J’ai dirigé un fleuron de l’économie québécoise, alors que vous êtes pour la plupart encore aux études ou au début de votre vie professionnelle.

Je suis chef d’un parti politique à une époque où vous êtes de plus en plus critiques leur l’égard, tout en continuant de vouloir changer les choses.

Je suis souverainiste. Je me suis engagé à faire du Québec un pays, alors que vous êtes plusieurs à questionner ce projet.

À première vue, une mer large comme le golfe nous sépare. Pause Pourtant, nous avons beaucoup en commun. Nous partageons la conviction que l’éducation doit être accessible à tous. Qu’elle est la clé de notre réussite individuelle et collective. C’est pour cette raison que j’ai accepté de tenir une discussion sur la gratuité scolaire avec Ariane et son équipe. J’ai été étudiant. En philosophie d’abord, sur les bancs de l’UQAM, puis en droit, à l’Université de Montréal. J’ai aussi étudié à Paris.

Ces années ont fait de moi un citoyen plus engagé et plus sensible aux enjeux sociaux-économiques.

Comme vous, je suis indigné devant les coupures d’un gouvernement qui place l’austérité au-dessus de tout, même de l’éducation.

Ces coupures sont d’autant plus choquantes qu’elles ont été décidées par des gens, le premier ministre Couillard en tête, qui eux-mêmes ont reçu beaucoup grâce à notre système d’éducation.

L’éducation devrait être une priorité absolue de l’État, peu importe le gouvernement en place ou les pseudo-théories économiques à la mode du jour.


Nous avons en commun de vouloir faire une différence.

J’admire les gens qui se dépassent, qui poursuivent un idéal et qui vont au bout d’eux-mêmes. Je pense que cette quête du dépassement de soi, elle doit nous habiter notre vie durant.

Si le Pierre Karl d’il y a 30 ans était assis à vos côtés, je lui dirais que j’ai encore la même envie de changer le monde qu’à l’époque de l’UQAM.

Peut-être qu’il sourirait en voyant que je dirige le parti de René Lévesque, mais il comprendrait que c’est une façon de transformer un rêve en objectif. Et j’espère qu’il serait fier.

Et vous? Comment voyez-vous votre engagement dans 5, 10 ou 30 ans?

Avez-vous un profil écocitoyen? Artistique? Avez-vous choisi l’innovation, la communication ou si vous avez opté pour le leadership ou l’entrepreneuriat?

Peut-être y’a-t-il parmi vous des candidats et des candidates aux présentes élections ou aux suivantes.

Vous me permettrez de saluer celles et ceux qui font campagne actuellement et de les remercier de s’investir autant, tous partis confondus.

Je vous encourage à faire entendre votre voix et à exercer ce droit fondamental.

Quand les jeunes ne votent pas, le Québec s’appauvrit et l’avenir s’assombrit.


Pour que l’avenir du Québec soit radieux, il faut que les jeunes aient leur place au soleil. Voilà une autre certitude que nous partageons.

Aujourd’hui, je demande au gouvernement de faire davantage. Je demande au premier ministre Philippe Couillard d’exiger la présence d’un membre de 35 ans et moins sur les conseils d’administration des sociétés d’État et de dégeler l’embauche dans la fonction publique.

Les jeunes sont privés injustement d’un accès à des emplois de qualité et, du même souffle, la fonction publique ne peut profiter des compétences et de la créativité de la génération montante.


J’ai le privilège de diriger une équipe de députés qui travaillent, comme vous, à bâtir le Québec de demain.

Je pense à des collègues comme Alexandre Cloutier et Véronique Hivon qui ont notamment avancé des idées pour aider les jeunes en difficultés durant la course à la direction.

Je pense à Martine Ouellet qui fait un travail remarquable comme porte-parole en matière de transports, de stratégie maritime et d'électrification des transports.

Je pense à Dave Turcotte, ici présent, qui a défendu bec et ongle le maintien des Forums jeunesse autant que leur mission. Les Forums jeunesse, comme les CRÉ et les CLD ont contribué à la vitalité de nos régions.

L’occupation dynamique du territoire, c’est se donner les outils qui permettent à des jeunes de s’établir en grand nombre dans toutes les régions du Québec.

Je pense à Mathieu Traversy qui s’est battu pour que les CPE conservent leur vocation originale.

Je pense à notre porte-parole en matière d'énergie et de ressources naturelles, Bernard Drainville, dont vous avez peut-être lu la lettre ouverte sur la stratégie canadienne de l’énergie.

Cette stratégie canadienne, elle doit nous préoccuper au plus haut point. 


Je suis père de famille. Je partage votre inquiétude quant aux changements climatiques et l’urgence d’agir dès maintenant.

Comme individu, j’essaie de faire humblement ma part. Je suis végétarien. J’encourage l’agriculture et l’économie locale. Je recycle, je composte et je possède une voiture électrique.

Comme futur premier ministre, je fais une priorité d’allier protection de l’environnement et prospérité. Je veux enrichir les Québécois, sans le faire au détriment de la planète.

L’approvisionnement en énergie constitue l’enjeu géopolitique et environnemental principal du 21e siècle.

Le président des États-Unis Barack Obama a dit : « Il n’y a pas de plus grande menace pour notre futur et pour les futures générations que les changements climatiques ».

Pourtant, lors du Conseil de la fédération tenu en juillet, le premier ministre Couillard a donné son accord à la Stratégie canadienne de l’énergie, au grand bonheur des autres premiers ministres, surtout ceux de l’Ouest.

Cette stratégie vise essentiellement trois choses :

1- désenclaver la production d’hydrocarbures de l’Ouest du Canada;

2- sortir ce pétrole en faisant construire des pipelines;

3- faire croire aux populations que les pipelines sont dans l’intérêt commun.

Le pétrole des sables bitumineux produit 20% plus de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel

Loin, de contribuer à la lutte aux gaz à effet de serre, la Stratégie canadienne fait du Québec un partenaire de l’exportation du pétrole le plus polluant au monde.

Un partenaire qui assume tous les risques et qui n’obtient rien en retour. En prime, Terre-Neuve semble déterminée à vendre son électricité en Ontario sans passer par le Québec.

En face de cette démission tranquille, qu’avons-nous à offrir?

Le Québec figure pourtant au 4e rang mondial des producteurs d’hydroélectricité.

Il s’agit d’un atout considérable qui nous permet de développer une énergie verte, durable et renouvelable.

Un atout en phase avec les principes de la lutte aux changements climatiques, en accord avec les préoccupations des Québécois et des chefs d’État comme le président Obama et le président de la Chine, Xi Jinping.

D’ailleurs, je serai au Sommet de Paris en décembre avec des collègues du Parti Québécois pour discuter de notre vision d’une économie verte et durable et pour réaffirmer notre désaccord face à la Stratégie signée par le premier ministre Couillard.

Selon Pierre-Olivier Pineau, qui signe un article dans l’État du Québec 2015, l’électricité offre le plus grand potentiel de gain. En plus de générer de la richesse, elle permet de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Avec l’électrification des transports, le gouvernement du Parti Québécois avait posé un geste décisif vers la diminution de notre dépendance aux hydrocarbures.

Mais depuis l’arrivée des libéraux, nous avons reculé, faute de vision et de volonté. Pendant ce temps, les autres nations avancent et se positionnent.

Qu’on se le dise : l’électrification des transports se fera. Le choix qui se pose à nous est le suivant : voulons-nous être spectateur ou acteur de ce grand changement?

Voulons-nous figurer parmi les leaders mondiaux dans la lutte au réchauffement climatique?

Nous avons développé la filière éolienne. Vos parents et vos grands-parents ont construits des barrages qui ont fait la fierté du Québec.

Avec Hydro-Québec, nous bénéficions d’un outil de développement puissant qui pourrait nous propulser à l’avant-plan des nations les plus progressistes en matière d’énergie renouvelable.

Il faut se remettre à avancer.

Au cours des derniers mois, j’ai proposé la tenue d’une consultation sur un plan visant la sortie du pétrole à l’horizon 2050.

Nous voulons positionner le Québec comme un chef de file mondial en transport électrique à l’horizon 2025.

Je suis aussi favorable à une loi zéro émission inspirée de la loi de l’État de la Californie et nous souhaitons créer un fonds d’urgence.


Le réchauffement climatique est l’une des illustrations les plus frappantes de la mondialisation des enjeux. Les grands mouvements migratoires le sont également.

Ces deux enjeux ont en commun de mettre en lumière notre devoir de responsabilité et de solidarité.

Nous sommes fiers d’accueillir des jeunes de tous les horizons. Des gens venus d’ailleurs qui participent à la définition du Québec moderne et qui constituent une richesse pour notre société.

Ce sens de l’accueil, cette fraternité et cette volonté d’offrir les meilleures chances de réussite aux nouveaux arrivants, nous la partageons vous et moi et nous devons la cultiver pour les générations futures.

On dit parfois qu’il y a une antinomie entre l’attachement à une nation et l’ouverture sur le monde.

Je crois plutôt que ces deux notions vont de pair et qu’elles se rejoignent par leurs racines profondes, ancrées dans les valeurs humanistes, démocratiques et égalitaires qu’elles défendent. Pause Au fond, nous partageons beaucoup. Nous partageons une volonté de changer les choses. Que l’éducation devienne une priorité absolue. Que les jeunes aient leur place dans un Québec vert et prospère. Vivre dans une société accueillante, branchée sur la planète et fière de sa culture. Transmettre à nos enfants un Québec meilleur que celui qui nous a vus naître.

J’ai envie de vous dire que ça ressemble aux contours d’un État où les gens ont confiance en leurs capacités et en leur avenir.

Je vous remercie.

Je suis à l’écoute de vos suggestions, de vos propositions et de vos opinions.

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