Allocution du chef du Parti Québécois, M. Jean-François Lisée, et de la vice-cheffe du Parti Québécois, Mme Véronique Hivon

Véronique Hivon

Députée de Joliette, vice-cheffe du Parti Québécois, chargée de mission pour les relations avec la société civile, la participation citoyenne et la convergence et porte-parole en matière de justice, de réforme des institutions démocratiques, de soins de fin de vie et responsable de la région de la Mauricie

dimanche 28 janvier, 2018
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(Jean-François Lisée)

Hier, on a beaucoup vanté l’extraordinaire équipe actuelle et à venir du Parti Québécois. Aujourd’hui, je veux vous parler de ma façon de voir mon rôle de chef, de chef d’équipe.

Quand j’ai fait la recherche pour mon livre Dans l’œil de l’aigle, je me suis plongé pendant plus d’un an sur René Lévesque. Sur sa façon d’être à la fois le visionnaire, le dirigeant, l’âme et l’animateur de la première équipe du Parti Québécois. Personne ne pourra jamais incarner aussi bien que lui, je pense, le peuple du Québec.

Ensuite, j’ai eu le privilège de côtoyer au quotidien Jacques Parizeau et de voir comment il a mené le Québec à un cheveu de son indépendance. Ce fut une grande école. Comme conseiller, j’ai été frappé par le mélange d’instinct et de détermination de Lucien Bouchard. Comme ministre, j’ai vu en Pauline Marois une compétence sans faille sur les dossiers, et un grand talent pour rassembler.

J’ai constaté de quelle façon chacun a son propre style, ses propres forces, sa propre couleur de leadership.

On me demande parfois comment je peux rester toujours calme, optimiste malgré les écueils. Parce que. Parce que Lévesque, Parizeau, Bouchard, Marois.

Ces derniers jours, deux chroniqueurs ont utilisé le terme « capitaine » pour me décrire. J’aime ça. Il y a ce bateau solide, le plus grand navire politique du Québec, le Parti Québécois. Sous la direction de ses capitaines précédents, le navire a conduit la nation vers plus de justice sociale, une économie plus moderne, des régions plus fortes, une promotion plus déterminée de la langue, de la culture et de l’identité.

Ce navire, notre navire, a surtout un cap clair : l’indépendance du Québec.

Un capitaine n’est rien sans son équipage. Des officiers, des professionnels, des militants, chacun s’appuyant sur les forces de l’autre pour former une équipe diversifiée et soudée, constamment renouvelée. Chaque jour, je tente d’être un capitaine qui sait diriger, motiver, exiger le meilleur de chacun, écouter, déléguer, faire la synthèse des propositions. Un capitaine qui sait trancher, et qui sait assumer.

Mais vous avez remarqué que le capitaine a toujours à ses côtés un officier supérieur. Un lieutenant, un second, ou, dans Star Trek, un « number one ». Quelqu’un qui le soutient, qui le met toujours au défi d’être meilleur, qui n’a pas la langue dans sa poche, qui l’aide à corriger le tir au besoin. Quelqu’un qui regarde dans la même direction, oui, mais avec un autre regard.

Ça fait longtemps que j’y pense. Depuis que je suis devenu chef, en fait, et plus activement encore depuis le congrès où vous m’avez massivement exprimé votre confiance.

Alors, oui, ayant vérifié que dans nos statuts, rien ne me l’interdisait, j’ai décidé de nommer un vice-chef. Et c’est un bon moment, car ce n’est pas le travail qui va manquer cette année. Mais comment bien choisir? Avec tout le talent qu’il y a dans l’équipe, j’ai l’embarras du choix.

Je me suis dit qu’il fallait choisir quelqu’un qui est naturellement proche des gens et qui démontre hors de tout doute un souci constant et sincère pour leur bien-être. Quelqu’un dont les convictions sont inébranlables, qui connaît bien le parti. Quelqu’un qui sait travailler en équipe et qui a déjà su mener des dossiers complexes, qui a su réussir là où beaucoup d’autres auraient échoué. Quelqu’un qui a démontré une capacité de rassemblement hors pair. Quelqu’un qui aime innover.

Il faudrait faire exprès pour choisir quelqu’un qui est complémentaire.

Moi, je suis parmi les plus jeunes de la génération des baby-boomers. Ce serait bien de choisir comme vice-chef quelqu’un de la génération X, la génération qui formera, le 1er octobre prochain, un contingent essentiel de l’électorat.

Et, en cette année où les femmes prennent plus que jamais la parole et impressionnent par leur courage et leur détermination, en cette année où nous allons former un gouvernement paritaire du Parti Québécois, il m’apparaît essentiel que cette personne soit une femme. Et qu’on dise tout de suite que cette femme sera la vice-première ministre du gouvernement du Parti Québécois.

Je vous présente la première vice-cheffe du Parti Québécois et la future vice-première ministre du Québec, madame Véronique Hivon!

 

(Véronique Hivon)

Jean-François, je veux d’abord te dire merci pour ta confiance. Merci, aussi, de faire le choix de l’équipe, de la collaboration et de la collégialité, des valeurs indispensables en politique, où le règne des égos est contreproductif et dépassé.

Avec ce tandem que tu as imaginé, ton audace et ta volonté de sortir des sentiers battus s’affirment une fois de plus. Ce qui se révèle, aussi, c’est ton écoute. Ton écoute face à cette volonté de la population que la politique nous présente d’autres modèles. Qu’elle nous présente, notamment, autre chose que des solos. Ton écoute, je la vois à l’œuvre depuis que tu es chef et j’ai eu la chance de la voir en action bien avant.

Je ne sais pas si tu te souviens de cette fois où je t’avais invité comme orateur à Joliette, avant même que tu sois député. C’était une activité extérieure en pleine journée de canicule, il faisait au moins 35 degrés à l’ombre... Ce jour-là, tu as non seulement prononcé un discours percutant – que tu n’as d’ailleurs pas écourté, malgré la chaleur, sommes-nous surpris – mais tu as en plus pris le temps d’écouter les commentaires et de répondre aux questions des gens en long et en large, avec un réel souci pour leurs points de vue et leurs préoccupations. Quand tu as quitté, tu as laissé derrière toi des gens impressionnés et ravis de découvrir, au-delà de ton image d’intellectuel, un homme chaleureux, drôle et accessible.

C’est avec cette même écoute que tu t’es saisi, en 2014, du dossier des services sociaux comme porte-parole de l’opposition, un dossier avec lequel tu n’étais aucunement familier et qu’on pouvait juger éloigné de ton « casting naturel », mais dans lequel tu t’es investi complètement. Et ce fut une belle réussite.

Que ce soit dans le milieu de la lutte contre l’itinérance, dans les groupes de défense des personnes autistes ou vivant avec déficience intellectuelle, auprès des femmes et des hommes qui se démènent dans les ressources intermédiaires, ou encore auprès de Parents jusqu’au bout, des gens que tu as accompagnés, avec le cœur et l’énergie qu’on te connaît, jusqu’à la victoire face au gouvernement. Un gain majeur, d’ailleurs... Tu as laissé ta marque.

Je suis heureuse de faire équipe avec toi. Je crois que le tout, notre tout, sera plus grand que la somme des parties.

 

(Jean-François Lisée)

Véronique, tu as parlé de mon travail auprès des démunis. Moi, je peux témoigner que chez tous ces gens-là, tu as laissé une grande marque. Toutes les organisations qui s’occupent des femmes et des hommes dans le besoin savent que tu es leur alliée, vantent ton écoute, ta compassion, ta patience.

En fait, c’est un des aspects de notre complémentarité. Je suis prompt à saisir l’occasion, à réagir vite. Tu as souvent raison de me dire qu’il faut réfléchir un peu plus, prendre davantage de temps. J’ai tendance à trancher dans le vif, tu as tendance à arrondir les angles.

Il m’arrive d’avoir des idées, comme celle de te proposer d’être vice-cheffe, au lendemain du congrès de septembre. Mais je salue ton sens tu timing : c’est toi qui insistais pour ouvrir l’année 2018, l’année électorale, avec cette innovation.

On a beaucoup travaillé ensemble depuis que je suis chef, depuis 15 mois. On a appris à se connaître et à s’appuyer l’un sur l’autre. C’est notre beau défi aujourd’hui. Nous sommes différents, nous allons le rester. Et il va arriver qu’on dise, même publiquement, les choses un peu différemment. Les journalistes vont s’habituer. Les gens doivent savoir qu’on a deux regards différents, mais qu’on regarde dans la même direction.

 

(Véronique Hivon)

Merci, Jean-François.

C’est un réel honneur et un grand bonheur d’être devant vous, aujourd’hui, aux côtés de notre chef, pour donner le coup d’envoi de ce dernier droit qui nous mènera au 1er octobre 2018.

Si je crois en la force de notre tandem, je crois surtout que les partis politiques ne se résument pas à leurs têtes dirigeantes, et que leur vitalité repose d’abord et avant tout sur toutes les personnes qui s’y investissent. Et ça, c’est vous! Vous et les 80 000 membres que vous représentez, la plus grande force militante du Québec.

Alors... êtes-vous prêts à écrire la suite de l’histoire avec nous? Avec nous, avec l’impressionnante équipe des députés du Parti Québécois et avec notre tout aussi impressionnante présidente, Gabrielle? Mais, surtout, êtes-vous prêts à écrire la suite de l’histoire avec les Québécois et les Québécoises de toutes générations, de toutes régions, de toutes origines?

Êtes-vous prêts, comme nous le demandait hier Régine Laurent, à ce que le Parti Québécois soit le moteur pour rebâtir le lien de confiance entre la population, ses élus et ses institutions?

Ça tombe bien, car c’est le défi emballant auquel je nous convie!

Parce que si je me présente devant vous aujourd’hui avec enthousiasme, énergie et espoir, je sais très bien que beaucoup de Québécois se sentent actuellement loin de la politique, désintéressés, parfois carrément désabusés.

Il est donc urgent de leur redonner confiance. Confiance en leurs élus et en leurs institutions, bien sûr. Mais aussi confiance en eux comme force de changement, confiance en leur capacité de changer les choses par leur vote.

Rebâtir la confiance, ça veut dire offrir aux citoyens des manières de faire coller à leurs aspirations, de la transparence, un renouveau démocratique, avec une réforme du mode de scrutin. Ça veut dire leur offrir plus que la saveur du jour – qui change même, chez certains, selon l’heure du jour –; leur offrir de la profondeur et de la rigueur, comme le programme que nous avons adopté ensemble en septembre le propose. Et ça veut dire leur offrir un parti formé de gens qui ont des convictions et qui n’ont pas peur de les assumer.

Aujourd’hui, avec le geste que fait notre chef, c’est un pas clair en direction d’une confiance renouvelée que nous franchissons. Et je suis convaincue que si nous continuons à oser et à investir le travail et les énergies requis, ce pas sera suivi par beaucoup d’autres. Nous serons porteurs de l’espoir et du changement, du changement audacieux mais responsable, qu’attendent les Québécois et les Québécoises.

Alors, aujourd’hui, je vous tends la main. Je vous tends la main pour qu’ensemble, nous tendions à notre tour la main. Que nous la tendions autant aux adversaires d’hier qu’aux amis de demain qui, au-delà de certaines divergences, partagent des valeurs communes avec nous.

Parce que, vous savez quoi? Le pays du Québec, on va le construire avec tout le monde : avec les convaincus des premières heures, comme avec des jeunes qui le sont depuis quelques mois à peine. On va le construire avec ceux et celles qui ne sont pas encore convaincus, mais qui le deviendront face à la logique implacable de notre propos. Et on va le construire aussi avec ceux et celles qui ne le seront jamais parce qu’ils ont tout simplement d’autres convictions. Mais tous et toutes, nous serons, ensemble, les fondateurs de ce pays. Et c’est pourquoi nous avons cette très grande responsabilité de toujours maintenir le dialogue ouvert avec tout le monde. Nous avons cette responsabilité de faire tomber des murs et de bâtir des ponts.

J’ai bien aimé le texte de Nathalie Leclerc, hier, et j’ai envie de vous demander : que diriez-vous qu’on se permette à nouveau de rêver au Québec?

« Ils ont échoué, car ils n’ont pas commencé par le rêve. »

Connaissez-vous cette phrase de Shakespeare? Eh bien, moi, je l’ai découverte, et je vous raconte une petite anecdote savoureuse, dans le cadre d’un événement de poésie qui se tenait à Joliette à l’automne 2008. Chaque vitrine du centre-ville était décorée d’une phrase d’un auteur illustre. Nous étions alors en pleine campagne électorale et quelle phrase, pensez-vous, avait atterri dans la vitrine du local loué par mon adversaire libéral? Eh oui, je vous le donne en mille : « Ils ont échoué, car ils n’ont pas commencé par le rêve. » Une phrase tellement révélatrice, non? Et prémonitoire!

Car ils ont bel et bien échoué à Joliette et j’ai été élue!

Ils ont aussi cruellement échoué avec leur austérité, avec leur manque de vision, de sensibilité et d’empathie. Eh bien, je vous propose que nous réhabilitions la vision, la sensibilité et l’empathie en politique.

Et je suis profondément convaincue que oui, en 2018, même si plusieurs ne parlent que d’individualisme, de réalisme, que certains s’enlisent dans le défaitisme, on peut encore oser le collectif, l’idéalisme, le progressisme et l’indépendantisme!

Ils ont échoué, oui, car ils n’ont pas commencé par le rêve. Je suggère que nous laissions cette triste phrase à nos adversaires et que nous fassions plutôt nôtre celle-ci :

« Il faut avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue pendant qu’on les poursuit. »

Parce qu’au Parti Québécois, on a des rêves. Comme les enfants, comme les parents, comme les grands-parents, comme les travailleurs, les entrepreneurs, les artistes, les nouveaux arrivants... on a des rêves. Que serait une vie sans rêve? Que serait une nation sans rêve? On a des rêves, des rêves pour le Québec, qui se transforment en visions puis en projets. Avec le plus grand projet qui soit pour une nation, le plus normal des projets, celui d’obtenir sa pleine indépendance.

Oui! « Il faut avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue pendant qu’on les poursuit. »

Une phrase qui résonne sans doute pour vous, tous et toutes, qui travaillez chaque jour, par temps calmes comme par temps plus agités, pour le Québec, inspirés par vos convictions, nos convictions, les plus profondes.

Chers délégués, chers membres, c’est le temps de s’engager. C’est le temps de tout donner. Comme le fait tous les jours Jean-François Lisée.

C’est le temps de continuer à écrire ensemble, avec un leadership fort, l’histoire du Parti Québécois. Une histoire de fierté, de solidarité et de combativité, une histoire à l’image du peuple québécois.

Merci! Vivement la suite!


(Jean-François Lisée)

On invente quelque chose de neuf, aujourd’hui, ensemble. Toi et moi, vous et nous. Le début d’une nouvelle expérience, d’un nouveau lien de confiance entre le Parti Québécois et les femmes et les hommes du Québec.

Ce tandem, ce partenariat, ce ticket, on a une bonne idée de la façon de le faire vivre, au quotidien, dans le parti, à l’Assemblée nationale et à la rencontre des gens, à partir de demain. Ce sera un plaisir de vous le faire découvrir.

Et notre tâche à tous, à partir de maintenant, est de le faire savoir à tout le monde. Pour un gouvernement paritaire hommes-femmes, pour un État fort au service des gens, pour un État fort pour réussir l’indépendance, il faut voter Lisée-Hivon 2018!

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