Allocution du chef du Parti Québécois au conseil national du 27 mai 2018

Jean-François Lisée

Chef du Parti Québécois, député de Rosemont

lundi 28 mai, 2018
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Conseil national du Parti Québécois
Drummondville, le 27 mai 2018

La version prononcée fait foi.


Un État fort au service des gens. Un État fort pour réussir l’indépendance.

Le mot « fort » est important. On le voit, dans notre grand rassemblement, que le Parti Québécois est le parti politique le plus fort au Québec. Par le nombre de ses membres. Par son éclatant succès dans le financement populaire. Par sa capacité d’attraction de candidates et de candidats de qualité de tous les secteurs d’activité. Par la qualité de ses propositions et de ses engagements rendus publics aujourd’hui dans sa plateforme, véritable feuille de route vers le succès. Ambitieuse et réaliste, passionnée et pragmatique.

Une vision sincère et crédible. Sincère et crédible.

Trois partis peuvent former le gouvernement au soir du 1er octobre prochain. Les libéraux. Ils promettent de devenir, l’an prochain, le contraire de ce qu’ils ont été depuis 15 ans, dans tous les domaines. Personne ne les croit. Ça n’a pas de bon sens. Ils ne sont ni sincères ni crédibles.

François Legault, propose un plan d’immigration inapplicable, qui dépend entièrement de la volonté d’Ottawa. Ça n’a pas de bon sens. Ce n’est pas crédible. Il veut produire, par de coûteux nouveaux barrages dans le Nord, de l’électricité beaucoup trop chère pour le coût du marché. Ça n’a pas de bon sens. Ce n’est pas crédible.

Il veut sortir 60 000 enfants de 4 ans des services de garde pour les mettre dans les écoles primaires. Il faudrait 3300 classes de plus, dans des écoles déjà surpeuplées. Ça n’a pas de bon sens, ce n’est pas crédible.

Il pense qu’il y a trop d’argent dans l’éducation au Québec. Il pense qu’il y a 1,4 milliard de dollars de trop, alors il va réduire les taxes, chaque année de 1,4 milliards. Mais en même temps, il va augmenter les dépenses et les salaires. Ça n’a pas de bon sens. Ce n’est pas crédible.

Les libéraux l’ont démontré en réduisant les services aux aînés, aux enfants, aux handicapés : ils ont un énorme déficit de compassion. Les caquistes, eux, ont un énorme déficit de crédibilité.

En commençant par la nouvelle fierté canadienne de François Legault. Bon : je veux être clair. Les gens ont le droit de changer d’avis. Les gens ont le droit d’être mêlés. Les gens ont le droit d’être indécis. Même le chef de la CAQ. Mais lorsqu’on dirige un parti politique, lorsqu’on veut diriger une nation, on n’a pas le droit de faire semblant.

Personne n’a forcé François Legault à affirmer qu’il était fier d’être canadien. Il a pris cette décision lourde de sens lui-même. L’avez-vous entendu essayer d’expliquer pourquoi il est fier d’être canadien? Il en est incapable. On l’écoute, on a de la peine pour lui. Il est aussi nul à défendre le Canada que Vincent Marissal à défendre l’indépendance. Ça n’a pas de bon sens. Ce n’est pas crédible.

Et ils ont encore creusé, depuis 24 heures, leur déficit de crédibilité. Avec deux ou trois grosses pelletées. D’abord, en promettant de réduire le temps d’attente d’un médecin aux urgences à 90 minutes. 90 minutes. Ajustons nos montres!

Est-ce qu’ils pensent un instant qu’il y a un parent, un patient, un aîné qui va croire ça? Ça nous rappelle Jean Charest qui promettait il y a 15 ans de régler le problème des urgences en quelques semaines. Quelques semaines.

D’ailleurs c’est à se demander si ce n’est pas Jean Charest qui leur a envoyé cette suggestion-là. On ne sait pas! Il y a tellement de libéraux à la CAQ ces jours-ci. On n’arrive pas à tenir le compte mais j’ai l’impression que les libéraux sont pas loin d’être majoritaires à la CAQ. En tout cas, en santé, on peut leur donner ça, la CAQ est aussi crédible que Jean Charest.

En transport, François Legault a décidé de creuser encore son déficit de crédibilité. Les deux plus importants projets de transport discutés au Québec en ce moment sont le troisième lien à Québec et la ligne rose à Montréal.

Au Parti Québécois, on est clairs et francs. On a une préférence marquée pour le transport en commun, donc on est beaucoup plus enthousiaste pour la ligne rose que pour le troisième lien. Mais comme on aime être sérieux et crédibles on dit : on va laisser travailler les experts, on va lire les études d’opportunité, on va voir combien ça va coûter et on prendra une décision sur la base des faits, du rapport qualité-prix, pas sur le nombre de comtés que ça pourrait nous donner.

François Legault a une autre approche. Le troisième lien, il n’a vu aucune étude, mais il est pour, il va le construire « coûte que coûte » et à la vitesse de l’éclair. La ligne rose, il n’a vu aucune étude, mais il est contre. Ça n’a pas de bon sens. Ce n’est pas crédible. Je connais quelqu’un d’autre qui était contre la ligne rose et qui était premier dans les sondages, Denis Coderre.

Non, la CAQ a une grosse côte à remonter pour avoir de la crédibilité en transport en commun. Et je n’ai pas l’impression que c’est avec le faux-départ de leur autobus de campagne qu’ils vont la remonter. Non mais faut le faire, même leur autobus de campagne n’est pas crédible. Ils font exprès ou quoi?

Je ne veux pas être trop dur. Mais à regarder le cheminement de certains des nombreux libéraux qui sont devenus candidats de la CAQ ces derniers temps, on a le droit de se poser une question. Qu’est-ce qui motive leur décision de quitter le PLQ pour choisir la CAQ? Les sondages. C’est la réponse qui nous vient à l’esprit. Les sondages. Quand nouveau caquiste après nouveau caquiste vous explique qu’ils étaient libéraux il y a quelques mois, ont donné aux libéraux il y a quelques mois, ont approché les libéraux il y a quelques mois, que les libéraux ont fait une bonne job, mais qu’ils ont finalement choisi la CAQ, on n’a pas l’impression qu’ils ont changé d’idée sur quoi que ce soit, sauf sur le parti qui peut les faire élire.

Des gens semblent penser qu’il n’y a aucun avantage pour nous, le Parti Québécois, de faire la saison régulière en troisième place du classement. Je vais vous en donner un avantage : nous on sait que tous les candidats du Parti Québécois viennent avec nous pour leurs convictions. Ce sont des vrais. Ce ne sont pas des coureurs de limousine, des vire-capots, des péquistes d’un jour. Ce sont des vrais. Et c’est pour ça qu’on va gagner les séries, parce qu’on est des vrais.

Parfois, on dit que je suis un stratège. Que je joue deux coups d’avance. C’est vrai. J’avoue. Et ça tombe bien parce que moi je crois que la nation québécoise a besoin de leaders qui ont une pensée stratégique. Comme l’était mon patron Jacques Parizeau.

Mais, regardant deux coups d’avance, je suis un peu inquiet pour la composition de l’opposition qu’on aura devant nous quand on sera au gouvernement. Non mais imaginez un peu si l’ancienne présidente de la CAQ, Dominique Anglade, devient chef du PLQ, j’aurai devant moi deux oppositions, une dirigée par le chef de la CAQ et l’autre par l’ex-présidente de la CAQ. Ça va être difficile de distinguer la copie de l’original. Et tous les ex-caquistes députés libéraux et tous les ex-libéraux députés caquistes, est-ce qu’ils vont savoir où s’asseoir?

Et le pauvre Alexandre Taillefer, qui est membre de tous les partis à son insu, il va s’asseoir où, en débarquant de son taxi?

Le Parti Québécois, lui, a fait depuis René Lévesque un choix exigeant. Celui de proposer aux citoyens des changements réfléchis, applicables. On nous dit parfois besogneux, studieux. Oui. Mais lorsqu’on a créé le plus grand réseau nordaméricain de services de garde éducatifs à bas coût, ça a marché. Lorsqu’on a protégé pour les générations futures les terres agricoles du Québec, ça a marché. Lorsqu’on a imaginé les programmes de promotion des entreprises de science et de technologie, on a propulsé le Québec dans le peloton de tête de la nouvelle économie en Amérique.

Les Québécoises et les Québécois veulent du changement cette année. Ils ont raison. Et ça tombe bien. Car nous, au Parti Québécois, nous sommes les spécialistes du changement. Du changement sincère. Du changement crédible. Du changement réfléchi. Du changement qui a du bon sens.

Notre parti est l’instrument de la force des Québécois. Du renforcement de notre économie, de notre savoir, de notre agriculture, de notre culture, de notre langue. Face à ceux qui veulent affaiblir, amoindrir, privatiser, normaliser, rentrer dans le moule, canadianiser, le Parti Québécois va solidifier, construire, ériger, dépasser, sortir du cadre.

Quand d’autres veulent nous multiculturaliser, nous, nous croyons à la force de l’originalité québécoise, à sa force d’expression, à sa force de création, d’innovation et à sa force d’attraction.

Arrêtons-nous un instant sur les propositions des trois partis en matière d’immigration. Elles en disent énormément sur la crédibilité et les valeurs de chacun.

Depuis 15 ans, les libéraux ont essayé de nous faire croire qu’ils étaient les champions de l’ouverture et de la diversité. Qu’ont-ils fait, réellement? Ils ont fait passer à 50 000 par année le nombre de nouveaux arrivants. En ont installé 90 % à Montréal. Ont regardé les taux de chômage monter. Parmi ces gens que les libéraux ont séduits, 4 sur 10 ont quitté le Québec. Quatre sur 10 ont réalisé que l’ouverture des libéraux menait à l’échec de leur projet de vie. Des milliers d’autres ont constaté que leurs diplômes n’étaient pas reconnus, leurs acquis non plus. Et, lorsque le Parti Québécois a réclamé des mesures concrètes comme le CV anonyme pour obtenir une entrevue d’embauche, les libéraux ont refusé.

Le bilan libéral en immigration, c’est ça. Faire échouer plus de 40 % des gens accueillis. Pour le Parti Québécois, mal accueillir les gens, ce n’est pas une valeur québécoise. C’est une honte.

La CAQ, c’est pire. Elle propose de faire venir des dizaines de milliers d’immigrants, mais les mettrait, disons, « en probation » pendant trois ou quatre ans. La CAQ leur dirait : « On n’est pas certains de vous vouloir. On va regarder ça, on va prendre notre temps, puis on va vous dire dans trois ou quatre ans si on veut que vous restiez ou non. » Avec la CAQ, le Québec ne serait plus une société d’accueil. Ce serait une société d’écueils. Mettre la vie des gens en suspens pendant des années, ce n’est pas une valeur québécoise. C’est une honte.

Au Parti Québécois, on est sincères et crédibles. On veut que ça marche. On veut le succès de chaque nouveau Québécois. Reconnaître correctement ses diplômes et ses acquis. Lui dire franchement, avant qu’il arrive, amicalement : vous voulez réussir au Québec? En plus de votre compétence professionnelle, vous avez besoin d’un outil indispensable : une connaissance suffisante du français. Si vous êtes un des 274 millions de Terriens qui parlent le français, c’est parfait. Sinon, on va vous aider à l’apprendre, chez vous, avant que vous fassiez votre valise. Et vous devez signer, absolument, la déclaration sur les valeurs et les droits du Québec. C’est à prendre ou à laisser. Pas pires amis pour ça.

On va tout faire pour vous trouver un emploi avant même que vous arriviez. Cinquantecinq pour cent des emplois disponibles sont en région; on va vous faire atterrir là, directement, là où les gens vous attendent, avec leur hospitalité légendaire. Pendant la première année, on va vous accompagner pour vous faire mieux comprendre la société québécoise, son organisation, ses lois, sa culture, son identité, son histoire. Et on va vous dire un grand « bienvenue au Québec » dans une cérémonie officielle.

Ça, c’est une société d’accueil. Ça, c’est sincère et crédible. Ça, c’est fidèle aux valeurs québécoises. Ça, c’est un État fort au service des gens, au service de tous les gens. Ça, c’est le Parti Québécois.

Et ça illustre comment un État fort, en 2018, après 15 ans de réformes ratées, ce n’est pas un État froid. Ce n’est pas un État lointain et inaccessible. Pas un État contrôlant ou tatillon. Pas un État obèse.

Nous le disons encore plus clairement depuis janvier. On veut mettre notre État au gym. Il lui faut beaucoup, beaucoup plus de souplesse, d’efficacité, d’humanité, de proximité, de confiance.

Un État qui n’est pas en « mode punition » face aux citoyens et aux entreprises, mais en « mode solutions ». Un État proche des préoccupations de chacun. Un État qui s’appuie sur ses artisans pour constamment faire mieux.

Un État qui fait confiance. En éducation, nous proposerons une plus grande indépendance aux commissions scolaires afin qu’elles puissent agir rapidement pour construire de nouvelles écoles, rénover les locaux vétustes, faire des ententes avec les villes. Nous proposerons une plus grande indépendance aux écoles, nous ferons davantage confiance aux enseignants, aux directions et aux parents.

En santé, nous allons donner plus d’indépendance aux infirmières, aux pharmaciens, à 200 000 professionnels de la santé. Libérés de la tutelle du corporatisme médical, ils pourront désengorger le système en donnant plus de soins directs aux patients.

Aux acteurs locaux et régionaux, nous allons donner plus d’indépendance pour qu’ils puissent décider, ensemble, de la gestion de leur fonds de développement économique, de leurs priorités et de leur destin. Le Parti Québécois a toujours été le parti de davantage de pouvoirs à l’échelle locale et régionale. Je veux être le premier ministre qui va couper le cordon et donner un vrai pouvoir de décision aux régions du Québec.

Nous, l’indépendance, on n’en veut pas moins. On en veut plus.

Nous voulons un État fort qui fait confiance à une nouvelle génération d’entrepreneurs, privés ou collectifs, partout sur le territoire, en leur donnant les moyens de transformer leurs projets en succès. Ça signifie une vraie couverture téléphonique et Internet haute vitesse dans toutes les régions du Québec. Ça signifie faire la guerre à la lourdeur administrative qui décourage tant de projets. Ça signifie, lorsqu’une entreprise menace de fermer ses portes ou de vendre à l’étranger, créer les conditions d’un rachat par les salariés et les cadres, qui pourront lui donner une seconde vie. Ça signifie soutenir la relève agricole plutôt que la spéculation agricole.

Un État fort qui fait confiance à l’innovation, à l’expérimentation, que ce soit dans la forêt québécoise ou en intelligence artificielle.

Un État fort qui croit que sa mission centrale est de promouvoir l’égalité des chances.

Une société qui permet, à grande échelle, aux jeunes issus de milieux défavorisés de prendre l’ascenseur de la mobilité et de la réussite est une société qui, elle-même, réussit.

On ne réalise pas à quel point le maintien et l’amélioration de la mobilité sociale sont précieux. Ils signifient que chaque jeune fille et chaque jeune garçon a, autour de lui, dans sa vie familiale, dans sa communauté, la preuve tangible que l’avenir n’est pas figé. Que les études, le travail, la détermination comptent réellement. Que chacun a une vraie chance de réaliser ses rêves, quel que soit son point de départ social ou économique.

La réaction des Québécois contre la déclaration rétrograde du ministre des Pêches exprime bien la volonté d’égalité des chances qui est ancrée en nous et qu’il faut traduire en réalité. Car ce sentiment d’avoir un avenir ouvert est capital. Il fait reculer le sentiment d’injustice et d’exclusion, la rancœur et l’isolement, ultimement la criminalité et la violence. Il est l’indispensable carburant de l’espoir.

Notre plateforme l’annonce clairement, par notre action gouvernementale, à compter du 1er octobre, nous allons agir avec encore plus de détermination pour assurer cette égalité des chances. D’abord, en s’assurant que les enfants et la jeunesse seront protégés contre de nouvelles compressions libérales ou caquistes. Nous avons une loi contre les déficits budgétaires? Il nous faut une loi contre les déficits en éducation. Une « loi du bouclier budgétaire » qui assurera le maintien et la croissance des budgets pour les services de garde, l’éducation et la protection de la jeunesse.

Lorsque nous proposons un État fort, nous défendons aussi l’idée que les services offrent un filet robuste contre les inégalités, qu’un État fort peut redistribuer la richesse, réduire la pauvreté, multiplier les passerelles vers le succès.

Un État affaibli ne peut pas y arriver. Nos adversaires politiques proposent de nous engager dans un cycle de baisses d’impôts et de taxes qui ne peut que réduire la capacité de l’État à maintenir son action. Nous faisons le pari de la franchise : nous n’allons ni réduire ni augmenter le fardeau fiscal des Québécois. Il faut voir la réalité en face : le nombre d’enfants en difficulté ne diminue pas, il augmente; le nombre d’aînés qui ont des besoins de soins à domicile ne diminue pas, il augmente. Ceux qui veulent priver l’État de ressources essentielles vont en fait priver les enfants et les aînés de services essentiels.

Un État fort, souple et efficace est donc une condition indispensable pour éviter une explosion des inégalités. Le Parti Québécois en est le garant. Pas la CAQ, pas les libéraux.

Nous voulons aller plus loin et donner une nouvelle chance de succès à ceux qui naviguent dans la vie sans pouvoir lire ou écrire. Un Québécois sur cinq est dans ce cas. Pas seulement des aînés, mais des adultes, jeunes et moins jeunes. Un Québécois sur trois a des difficultés réelles de compréhension d’un texte.

Offrir à ces citoyens un chemin vers la lecture, c’est leur ouvrir les portes de l’avenir. C’est pourquoi notre gouvernement va lancer un grand chantier : la Décennie québécoise de l’alphabétisation.

C’est un projet d’abord humain, car les citoyens analphabètes sont plus enclins que les autres à vivre isolés, à avoir davantage de problèmes de santé, à ne pas pouvoir épauler correctement leurs enfants d’âge scolaire. C’est aussi un projet économique, car une société sous-éduquée soustrait 2 % chaque année à son produit intérieur brut. Au Québec, ce serait 6,6 G$ de plus dans notre économie chaque année. C’est, enfin, un projet culturel et démocratique, car un citoyen lettré participe davantage à la vie de la cité.

Quelle plus belle réalisation que de libérer une grande partie des femmes et des hommes d’ici de l’analphabétisme? De leur ouvrir les portes de la réussite? N’est-ce pas une façon concrète de les rendre indépendants?

Il y a 181 ans lundi dernier, les patriotes ont planté sur les bords du Saint-Laurent le phare de la liberté et de l’indépendance.

À l’époque, ces idées étaient neuves, issues du siècle des Lumières.

On sait aujourd’hui que malgré les éteignoirs qui sont toujours à l’œuvre, ces idées ne mourront jamais.

La lumière de la liberté entière du Québec, de son indépendance, venue des patriotes, passée d’une génération à l’autre, survivant aux unions forcées et aux tentatives d’assimilation, aux conscriptions et aux grandes noirceurs, cette lumière, brandie à la face du monde par un général grand comme le siècle, incarnée dans le parti des René Lévesque et Jacques Parizeau, récitée en vers, en prose et en musique, cette lumière a failli éclairer toute la nation, un soir d’octobre, cinq ans avant la fin du siècle dernier.

Elle a été déclarée éteinte, tant et tant de fois. Éteinte pour toujours, disaient-ils. Mais elle est tenace, inextinguible, comme l’âme du peuple qui la porte en lui.

Cette lumière survit, malgré les forces de l’oubli et de l’argent, malgré les langueurs du confort et de l’indifférence, les renoncements des fatigués, des désabusés et des trop mondialisés pour reconnaître la valeur de leur propre coin du monde.

Le feu de la liberté, allumé par les Papineau, de Lorimier, Chénier, Nelson et tous les autres, est un défi lancé à chaque génération de Québécois.

Ce défi, il nous appartient de le relever.

Avec détermination, avec méthode, avec passion.

Nous avons choisi notre cap.

D’abord, dans quatre mois et quatre jours, le parti indépendantiste que j’ai l’honneur de diriger, notre parti, mettra à la porte le gouvernement libéral le moins nationaliste de notre histoire.

Je me souviens qu’au 6e jour de son mandat, le gouvernement Couillard a annulé l’introduction d’un cours obligatoire d’histoire du Québec au cégep, et annulé l’implantation de huit chaires de recherche sur le Québec.

Au 6e jour de notre gouvernement, nous allons rétablir l’instauration du cours d’histoire obligatoire au cégep et la création des huit chaires d’étude sur le Québec.

Je me souviens que l’an dernier, le gouvernement libéral a rejeté une motion du Parti Québécois demandant simplement de hisser le drapeau des patriotes au mât du parlement de Québec pour la Journée nationale des patriotes.

L’an prochain, le jour des patriotes, sous notre gouvernement, le drapeau patriote flottera sur le parlement de Québec.

Au pouvoir, notre gouvernement redonnera à notre nation, à sa langue, à ses régions, à son histoire, sa fierté et sa colonne vertébrale nationale.

Dans sa première année, d’ici l’automne 2019, le nouveau gouvernement du Parti Québécois adoptera la loi 202, qui donnera au français le plus grand regain d’énergie depuis la loi 101.

Dans sa première année, d’ici l’automne 2019, le nouveau gouvernement du Parti Québécois agira simultanément pour fixer enfin des règles du vivre-ensemble et assurer enfin le succès de ce vivre-ensemble.

Dans sa première année, d’ici l’automne 2019, le nouveau gouvernement du Parti Québécois déposera une réforme du mode de scrutin pour enfin offrir aux Québécois un système électoral qui respecte leurs opinions, leurs convictions, leurs régions.

Au pouvoir, notre gouvernement mettra à jour les études sur un Québec indépendant, si chères à Jacques Parizeau et si utiles pour la suite.

La suite, c’est notamment l’élection fédérale de l’an prochain, où un gouvernement du Parti Québécois n’hésitera pas à dénoncer les injustices fédérales sur son territoire.

Je sais que certains d’entre vous ont hâte de me voir débattre, cet automne, avec Philippe Couillard et François Legault. Moi aussi.

Mais j’ai encore plus hâte de mettre les partis fédéralistes, à l’automne 2019, au pied du mur. Conservateurs, libéraux et néo-démocrates, qui sont d’accord pour récolter 20 G$ au Québec pour financer des chantiers navals à Halifax et à Vancouver, pendant que les salariés de la Davie chôment à Lévis.

Justin Trudeau et Andrew Scheer, derrière leurs selfies et leurs sourires, sont d’accord pour imposer des pipelines de sables bitumineux à toutes les provinces réfractaires. D’accord pour ouvrir les portes de l’évasion fiscale à de nouveaux paradis fiscaux.

La suite, c’est l’offre indépendantiste que notre mouvement préparera, en 2020 et en 2021, pour la présenter au peuple québécois en 2022. La suite, c’est la campagne électorale de 2022, qui portera clairement, franchement, frontalement, sur notre avenir indépendantiste.

Cette année, le compte à rebours commence. Le train indépendantiste quitte la gare le 1er octobre prochain. Il nous conduit à notre rendez-vous avec la flamme allumée par les patriotes. Notre rendez-vous avec l’histoire. Notre rendez-vous avec la liberté.

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