Allocution de la vice-cheffe du Parti Québécois au conseil national du 26 mai 2018

Véronique Hivon

Députée de Joliette, vice-cheffe du Parti Québécois, chargée de mission pour les relations avec la société civile, la participation citoyenne et la convergence et porte-parole en matière de justice, de réforme des institutions démocratiques, de soins de fin de vie et responsable de la région de la Mauricie

samedi 26 mai, 2018
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Conseil national du Parti Québécois
Drummondville, le 26 mai 2018

La version prononcée fait foi

 

Nous y voilà. On est tous ici, réunis, pour ce dernier droit, ce dernier grand rassemblement avant le coup d’envoi de la campagne électorale. Avec le coup d’envoi, demain, de notre plateforme électorale. On y est!

En janvier dernier, à la conclusion de notre conseil national à Saint-Hyacinthe – la toute première fois que je vous adressais la parole dans ma nouvelle fonction de vice-cheffe –, je vous laissais en vous disant deux choses.

La première, c’était que c’est le temps de s’engager. Le temps de tout donner.

Eh bien, je peux vous dire que vous avez répondu à l’appel! Vous avez été au rendez-vous, aux quatre coins du Québec. Je le sais, parce que je l’ai parcouru, le Québec, au cours des derniers mois.

Je vous ai vus à l’œuvre, travailler fort, toujours orientés sur les objectifs. J’ai vu une force militante extraordinaire, organisée, mobilisée, déterminée. Des rassemblements importants où on a manqué de chaises, encore cette semaine dans Bellechasse! Et un indice qui ne trompe pas : une campagne de financement qui a atteint 70 % de ses objectifs, de loin le meilleur score de tous les partis, et ce, à peine trois mois après son lancement! Bravo!

Avec nos 80 000 membres, vous le savez, nous sommes la force militante la plus importante du Québec, plus importante que tous les autres partis réunis, et vous avez démontré, une fois de plus – vous démontrez chaque jour, en fait – notre force.

C’est ça que j’ai vu depuis janvier et je peux vous dire que c’est beau à voir.

La deuxième chose que je vous disais en vous quittant, en janvier, c’était que c’est le temps de continuer à écrire ensemble l’histoire du Parti Québécois : une histoire de fierté, de solidarité et de combativité, une histoire à l’image du peuple québécois.

Eh bien, aujourd’hui, j’ai le goût qu’on se parle, justement, de combativité, de solidarité et de fierté.

Le Parti Québécois, on l’a construit avec notre combativité. Avec notre travail. Le Parti Québécois, on l’a construit avec nos bras et nos rêves.

Et on le construit toujours avec nos bras et nos rêves. C’est ce qui fait que malgré l’adversité, on est là, debout, mobilisés.

Vous savez, peu importe ce que disent les sondages, peu importe ce que disent nos adversaires – qui essaient de faire croire comme un mantra qu’on serait le parti d’une seule génération –, nous sommes là, toutes générations unies. Comme le plus merveilleux contre-discours. Comme le plus puissant pied de nez à nos détracteurs.

Regardez la salle… Regardez tous ces jeunes! Regardez les équipes qui se présentent au CNJ, leur qualité… Il doit y avoir une erreur…. Mais qu’est-ce que vous faites tous ici, dans ce parti d’une seule génération?!

Non, le Parti Québécois, c’est le parti de l’alliance des générations.

On est tous là, aujourd’hui, ensemble, debout et fiers. Réunis par notre combativité et par la force de nos convictions.

On ne se racontera pas d’histoires. On a du travail devant nous, beaucoup de travail devant nous, de bons défis. On peut se le dire. On se le dit, d’ailleurs. On ne met pas de lunettes roses.

Mais travailler et choisir de défendre nos convictions contre vents et marées, on sait faire ça. Travailler et défendre nos convictions, c’est ce qu’on a su faire aussi au cours des derniers mois, avec notre chef, Jean-François, avec notre présidente, avec l’équipe des députés, les équipes des bureaux de circonscription et de l’Assemblée nationale, les recherchistes, avec notre directeur général, les exécutifs de circonscription et de région, avec tous les militants et toutes les militantes, partout au Québec!

On n’a pas pris de raccourcis. On s’est retroussé les manches, on s’est remis en question, on s’est creusé les méninges, on s’est mieux définis, on a proposé des choses, les bonnes choses, on a argumenté, on a sillonné le Québec.

Et on va continuer.

Parce qu’au Parti Québécois, on s’inscrit dans le temps, pas juste dans l’air du temps!

Pourquoi fait-on de la politique en 2018? C’est une question que je me pose beaucoup ces jours-ci, à force de voir tout ce qui se passe, avec toutes ces candidatures qui semblent interchangeables entre deux partis, au gré des vents et des sondages. Je ne peux pas parler pour chacun et chacune des nouveaux venus qui atterrissent à la CAQ ou au Parti libéral, mais je peux vous parler de ceux et de celles qui viennent joindre nos rangs avec leur passion, leur expertise, leur talent. Je peux vous dire que s’ils se joignent à nous, ce n’est pas par opportunisme. C’est parce qu’ils ont plus d’ambition pour le Québec que pour leur seule personne. Au Parti Québécois, on sait pourquoi on fait de la politique. On fait de la politique pour des convictions profondes. On fait de la politique pour les gens, pour améliorer la vie des gens.

Et, pour ça, ça prend un État fort… au service des gens.

Et, si on mise sur un État fort au service des gens, un État à la fois renforcé, souple et agile, c’est tout simplement parce que c’est la bonne chose à faire. Parce que c’est ce qui est le mieux pour les gens, pour leur bien-être, individuel et collectif… et pour leur portefeuille aussi! Parce que les compressions et la privatisation, ça a un coût énorme! Un coût social et économique, un coût bien humain, bien réel, dramatiquement réel pour plusieurs.

Parlez-en aux familles dont un enfant subit des retards parce qu’il n’a pas reçu les services des spécialistes auxquels il aurait dû avoir droit.

Parlez-en aux parents qui ont vu les frais des services de garde augmenter de manière fulgurante avec la modulation des tarifs et la taxe famille.

Parlez-en aux parents, encore, et au personnel scolaire qui, pendant des mois, ont fait des chaînes humaines devant nos écoles publiques parce qu’ils n’en peuvent plus du sous-financement de celles-ci.

Parlez-en aux enseignantes débordées, qui doivent payer de leur poche une partie du matériel scolaire pour leur classe.

Parlez-en aux aînés qui ont vu leurs soins à domicile réduits, à leurs familles qui sont dépassés de voir les difficultés qu’ils éprouvent, qui doivent souvent payer pour avoir accès à du soutien ou à des services adéquats.

Parlez-en aux travailleuses du réseau de la santé – comme l’infirmière Émilie Ricard, qui a lancé un cri du cœur – et à toutes les infirmières qui ont fait des sit-in aux quatre coins du Québec parce qu’elles sont épuisées, alors que tout ce qu’elles demandent, c’est qu’on leur donne le temps et les moyens de bien faire leur métier, de bien s’occuper de leurs patients.

C’est à ce triste spectacle qu’on a assisté sous le règne libéral : moins de services, des hausses de tarifs et, bien sûr, bien souvent, des dépenses supplémentaires pour tenter d’obtenir les services dont l’État nous prive, en affectant toujours plus ceux et celles qui ont les plus faibles revenus et les plus grandes vulnérabilités.

Non, ça ne peut plus durer. C’est pour ça que ça prend, oui, un État fort au service des gens.

Et je vous rappelle que si la combativité fait partie de nos gênes, au Parti Québécois, la solidarité en fait partie tout autant. Comme elle fait partie des gênes des Québécois, c’est important de le rappeler.

Parce que certains voudraient garder le Québec, et les Québécois, sur cette même voie de l’affaiblissement. Des gens qui mettent « avenir » dans leur nom, mais qui conjuguent leurs idées au passé, au passé antérieur, au passé libéral! Conjuguer l’avenir au passé, faut le faire, quand même!

Eh bien, moi, je crois que l’avenir se conjugue bel et bien au futur, qu’il se conjugue dans les espoirs de nos enfants, dans les forces de l’égalité des chances, dans la vigueur des ascenseurs de mobilité sociale.

Alors, au démantèlement et au chacun-pour-soi proposé par la « Coalition affaiblissement Québec », nous allons opposer une véritable « Coalition renforcement Québec »!

Plutôt que l’affaiblissement de nos services de garde éducatifs et la valorisation du « modèle d’affaires » privé et commercial, nous proposons une relance du joyau que sont nos CPE, une politique qui mise sur la qualité et l’accessibilité à nos services de garde éducatifs.


Plutôt que l’affaiblissement de notre réseau de l’éducation par la réduction des revenus de 1,4 G$ provenant de la taxe scolaire, nous proposons une loi bouclier qui empêchera désormais les gouvernements de couper en éducation, en petite enfance et en protection de la jeunesse. Parce que plus jamais on ne doit accepter qu’un gouvernement puisse jouer au yoyo ou à la loto avec le développement de nos enfants!

Plutôt que l’affaiblissement du réseau de la santé par l’absence complète de vision, et des promesses qui sont sorties d’un chapeau, hier (et auxquelles plus personne ne croit), nous proposons un plan solide qui met le patient au cœur de tout, qui mise sur une autonomie accrue des professionnels ainsi que sur le partage des responsabilités entre eux, qui mise sur l’accès aux soins, avec entre autres des CLSC ouverts en soirée et des cliniques d’infirmières spécialisées dans toutes les régions du Québec.

Plutôt que l’affaiblissement des succès potentiels des nouveaux arrivants que provoquerait un plan qui parle d’expulsion et qui met une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, nous proposons le renforcement de leur accueil en misant sur la connaissance du français avant l’arrivée en sol québécois, le jumelage en amont avec des employeurs, l’incitation à s’installer en région et la mise en place de véritables conditions pour une intégration réussie.

Face à l’affaiblissement de notre environnement et de notre qualité de vie, parce que la priorité est constamment donnée à l’asphalte et à l’auto solo, nous proposons des investissements en transport collectif, l’auto-partage et le Grand Déblocage!

Et vivement un grand déblocage tous azimuts, un grand déblocage de notre horizon politique, un grand déblocage qui nous donnera enfin une ouverture sur une vision porteuse d’espoir!

Cette vision que nous seuls portons.


Parce qu’après 15 ans de régime libéral, quelle imposture de faire croire que le changement serait de remplacer des gens qui ont coupé massivement dans les services aux citoyens par des gens qui veulent couper encore plus dans les services aux citoyens.

Quelle imposture de prétendre que le changement serait de remplacer un gouvernement fédéraliste par un autre gouvernement fédéraliste, avec un chef qui a changé d’allégeance et qui se trouve des raisons soudaines pour tenter de justifier sa fierté canadienne, qui se réclame du filet social canadien, alors qu’il souhaite affaiblir le plus bel acquis social des dernières années au Québec, les CPE, et qu’il recrute fièrement dans son équipe le grand adepte de la privatisation Youri Chassin.

Quelle imposture de prétendre que le changement serait de voter pour un parti qui est en échange constant de joueurs avec le parti qu’il veut remplacer... « Je t’en envoie trois, tu m’en donnes deux. Je t’en renvoie un. Peux-tu m’en retourner un autre? ».

Même chose pour les idées. Vous vous rappelez, il y a quelques mois, François Bonnardel, qui s’offusquait de voir les libéraux lui voler ses idées et qui déclarait : « Nous, on est l’original; les libéraux sont la copie »?

Eh bien, je ne sais pas pour vous mais, moi, je ne veux pas être dans un parti qui se bat pour savoir s’il est l’original ou la copie de mauvaises idées! Je veux être dans un parti qui est l’original de bonnes idées, des meilleures idées.

Je veux être, comme vous, avec vous, au Parti Québécois.

Et si, justement, le véritable changement, le changement crédible, c’était d’avoir un parti au pouvoir pour défendre des idées (oui, oui, des idées!), des idéaux, le bien commun, les gens, et non pas un parti qui est là par simple attrait du pouvoir, pour simplement gérer une province à la petite semaine?

Si le véritable changement, le changement crédible, c’était de ne pas prendre de raccourcis, de ne pas bouger dans ses convictions au gré du vent, même avec un vent de face, d’être cohérent, constant, d’avoir de la profondeur et de la rigueur?

Si le véritable changement, c’était de s’adresser à l’intelligence des gens, de travailler pour rebâtir les liens avec les citoyens, plutôt que de miser sur la confiance perdue et le cynisme?

Et si le véritable changement, le plus grand des changements, c’était de choisir un parti qui mise sur une fierté retrouvée, qui croit assez en les Québécois pour leur proposer de se dire oui, de dire oui à leur destin collectif?

Alors, oui, le Parti Québécois, c’est un parti de combativité, c’est un parti de solidarité, mais c’est d’abord et avant tout un parti de fierté.

La fierté d’être tout ce que nous sommes et la fierté d’aspirer à devenir tout ce que nous pourrions être.

Et on a de quoi être fiers, au Québec. Fiers de notre langue commune, si belle et si riche, fiers de notre culture si vivante, fiers de nos avancées sociales et démocratiques uniques en Amérique du Nord, fiers de nos entrepreneurs dynamiques et innovants, fiers de notre territoire vaste et diversifié, fiers de nos régions, de nos villes modernes, de nos villages animés et déterminés à continuer de s’épanouir.

En ayant autant de raisons d’être fiers, vous savez ce qui est, selon moi, la plus grande supercherie entretenue par nos adversaires? C’est de vouloir faire croire aux Québécois qu’ils n’auraient pas ce qu’il faut pour être indépendants.

Nous, on n’aurait pas ce qu’il faut? Pour dire oui à notre destin, comme 49 pays l’ont fait depuis 1980? Il y a 193 pays indépendants aux Nations Unies, et aucun n’est jamais revenu en arrière!


Nous, qui sommes l’exemple même d’un peuple de combattants et de résistants; nous, qui sommes toujours debout des centaines d’années après la Conquête, le rapport Durham et d’autres exercices du genre; nous, qui parlons toujours français dans cette mer anglophone d’Amérique du Nord; nous, qui sommes l’exemple même de la résilience, nous n’aurions pas la force qu’il faut pour aller au bout de nous-mêmes?

Je dis : non mais, quelle supercherie!

Et quelle supercherie de dire que cette idée serait dépassée!

Ce serait dépassé de vouloir avoir le plein contrôle de nos décisions sans subir les interventions d’un autre gouvernement? De vouloir une déclaration de revenus unique, la pleine capacité de décider sur les questions du cannabis, des paradis fiscaux, de l’immigration et de l’accueil des demandeurs d’asile, du droit de la famille? Dépassé de parler de notre propre voix sur les enjeux des changements climatiques sur la scène internationale? Il me semble que juste à voir les enjeux présents dans notre actualité ce mois-ci, on constate à quel point l’indépendance, c’est l’idée la plus normale et moderne qui soit. Imaginez tout ce qu’on pourrait régler dans le meilleur intérêt des Québécois si on détenait tous nos pouvoirs!

Oui, c’est la pire des supercheries mais, la bonne nouvelle, c’est que nous avons tout ce qu’il faut pour y mettre fin. Et je pense bien qu’on peut compter sur vous pour ça!

Tant mieux. Parce qu’avec les mirages de la CAQ, les supercheries fédéralistes, on a du pain sur la planche… on a du gros travail qui nous attend. On en a fait beaucoup. Je le disais d’entrée de jeu. Et il nous en reste beaucoup à faire. Vous le savez, et vous savez que ça ne sera pas toujours facile… Mais, nous, on n’a jamais choisi la facilité. Parce que des convictions, ça nécessite du travail.


On se l’est dit tout à l’heure : ce parti, ce grand parti, on l’a bâti avec nos bras et nos rêves. Alors, oui, on va continuer à le bâtir en allant à la rencontre des gens, avec nos bras, pour tendre la main, pour serrer des mains, pour distribuer des dépliants, pour faire des appels, pour poser des affiches. Et on va continuer de le bâtir avec nos rêves, pour ne jamais se perdre, contrairement à d’autres, et ne jamais perdre de vue la raison pour laquelle on fait de la politique, la raison pour laquelle on veut le pouvoir.

Alors, oui, on va travailler!

Ça tombe bien parce que depuis que je suis toute petite, ma fable préférée, c’est celle de la cigale et de la fourmi. Alors, pendant que certains s’imaginent déjà à l’édifice Price, réfléchissent à couleur des rideaux, pensent à leur comité de transition et distribuent les limousines, il y en a d’autres qui travaillent, avec humilité et acharnement.

Et ce travail, ça nous connaît, parce que nous sommes d’abord et avant tout une équipe, une équipe de gens passionnés qui se serrent les coudes et se passent le flambeau. Comme on l’a fait de père en fille, de Marcel à Nicole Léger, de Félix à Nathalie Leclerc.

Alors, chers militants et chères militantes, c’est le temps de vous dire que vous n’êtes pas les seuls à vous être engagés et à tout donner. Au cours des derniers mois, il y a eu, oui, Nathalie et des dizaines de candidats et de candidates talentueux qui, eux aussi, se sont engagés et donnent tout.

Des candidats et des candidates qui viennent enrichir les rangs de notre équipe de députés déjà exceptionnelle, dans ce rôle fondamental de porteurs d’espoirs, pour la population qui met sa confiance en nous.

Alors, le moment est venu de vous présenter cette équipe de candidats et de candidates qui allie les générations, les communautés, les compétences, les expertises et les genres, bien sûr. Pour ce faire, j’invite cet homme d’équipe, le capitaine de notre remarquable équipe, notre chef, le chef du Parti Québécois, Jean-François Lisée.

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