Stratégie pour l’égalité femmes-hommes - Une longue attente pour un plan incomplet
jeudi 29 juin, 2017
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Québec, le 29 juin 2017 – La porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine, Mireille Jean, salue la nouvelle Stratégie gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes vers 2021, dévoilée aujourd’hui après une longue attente. Toutefois, elle estime que plusieurs mesures sont manquantes et dénonce le fait que le financement soit majoritairement prévu pour la phase finale de la stratégie.

EN BREF

  • Le Parti Québécois dénonce le fait que le financement de la Stratégie soit majoritairement prévu pour 2021. En outre, rien n’est prévu pour financer les programmes ayant subi d’importantes compressions.
  • Nous soulignons le pas franchi avec le retour des cours d’éducation sexuelle, mais réclamons que les acteurs du milieu soient associés à la démarche.
  • Le Parti Québécois attend toujours des mesures pour favoriser l’engagement des femmes en politique.
  • Mireille Jean réclame plus de transparence quant au suivi des mesures de la Stratégie.

« Enfin, une stratégie! Il était plus que temps. Nous saluons les actions proposées par le gouvernement, mais il manque une chose importante dans cette stratégie : son financement pour les premières années. Tout est prévu en fonction de la phase finale, en 2021. Rappelons que le gouvernement a coupé dans d’importants programmes favorisant l’égalité entre les femmes et les hommes. Or, rien dans cette stratégie ne nous indique que le gouvernement compte y réinvestir. C’est bien de vouloir présenter une loi-cadre mais, concrètement et à court terme, la ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, va-t-elle rétablir les budgets des programmes qu’elle a amputés? », a demandé la députée.

Éducation à la sexualité

Mireille Jean souligne toutefois le pas franchi par le gouvernement, qui souhaite « accorder une place plus formelle à l’éducation à la sexualité en mettant en œuvre des apprentissages chaque année du préscolaire jusqu’à la fin du secondaire ». « De cette manière, le gouvernement se rallie enfin au consensus exprimé par les groupes de la société civile et le Parti Québécois, selon lequel l’éducation est une priorité pour déconstruire les mythes et contrer les violences subies par les femmes. Toutefois, afin de passer des paroles aux actes, le ministre de l’Éducation doit associer les acteurs du milieu à l’élaboration du canevas pédagogique, par le biais d’une consultation élargie. Il faut également prévoir les ressources pédagogiques nécessaires pour chaque commission scolaire afin que le personnel enseignant reçoive une formation obligatoire sur l’éducation à l’égalité et à la sexualité. Enfin, le ministre doit faire en sorte que les sexologues encadrent l’élaboration des savoirs et qu’un partage des meilleurs outils et pratiques puisse se faire », a-t-elle poursuivi.

Parité femmes-hommes en politique

La porte-parole a par ailleurs relevé que la ministre avait promis, il y a un an, le dépôt d’un projet de loi sur la parité femmes-hommes en politique. Nous l’attendons toujours. « Il y a bien peu de choses dans cette stratégie visant à encourager les femmes à faire de la politique. Que fait la ministre, alors que se tiendront bientôt des élections municipales? Elle a certes déjà parlé de petites sommes d’argent, mais elle ne propose rien de concret. Le Parti Québécois, lui, a pris 10 engagements au Sommet des femmes à ce sujet », a-t-elle insisté.

Reddition de comptes

Rappelons enfin qu’à la demande du Parti Québécois, la ministre Thériault s’était engagée, lors de l’étude des crédits budgétaires, à étudier la possibilité de rendre publiques, chaque année, les fiches de suivi dotées d’indicateurs pour chaque mesure de la Stratégie, afin de mesurer l’efficacité des actions et de veiller à corriger le tir, si nécessaire. « Je m’attends à ce que la ministre tienne parole. Elle doit implanter cette mesure de reddition de comptes, non seulement pour cette stratégie, mais aussi pour toutes celles qui sont coordonnées par le Secrétariat à la condition féminine. Je crois également que des organismes indépendants devraient être associés à une évaluation annuelle des résultats, et que les bilans devraient être rendus publics, de même que les états de situation, portraits, avis et mémoires produits par le Conseil du statut de la femme pour bonifier les politiques favorisant l’égalité des sexes », a conclu Mireille Jean.