Plateforme de la CAQ : François Legault et la CAQ ne sont pas fiables
lundi 13 août, 2012
Facebook
Twitter

Montréal – Les candidats du Parti Québécois Bernard Drainville (Marie-Victorin) et Alain Therrien (Sanguinet) ont réagi aujourd'hui au dévoilement de la plateforme électorale de la CAQ. « En quittant le Parlement en 2009, François Legault a visiblement oublié sa calculatrice. La CAQ projette de dépenser cinq fois l'argent qu'elle dit vouloir économiser. Ce que propose la CAQ, ce sont des déficits à répétition et une augmentation de l'endettement des Québécois », a déclaré Bernard Drainville.

Cadre financier

« Plus tôt dans la campagne, le chef de la CAQ avait annoncé qu'il livrerait un cadre financier équilibré qui chiffrerait ses promesses irréalistes. Plus tard, il admettait qu'il serait incapable de fournir un tel cadre financier invoquant la nécessité d'obtenir les vrais chiffres gouvernementaux. Maintenant, il nous dit qu'il le présentera d'ici la fin de la semaine. Après avoir écrit sur le coin d'une table de son autobus de campagne 40 nouvelles propositions, l'improvisation entourant son cadre financier est spectaculaire », a dénoncé Alain Therrien.

Dette, une promesse trompeuse qui prendrait plus de 400 ans à réaliser

« François Legault a promis de ramener la dette du Québec au niveau de la moyenne des provinces canadiennes en dix ans. Pour y arriver, il devrait rembourser un montant de 81,5 milliards de dollars. Il prévoit le faire en versant la totalité des redevances perçues sur les ressources naturelles non renouvelables, qu'il ne prévoit pas hausser, comme Jean Charest d'ailleurs. Or, les revenus miniers sont évalués à quelque 4 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. Il promet aussi d'appliquer les redevances perçues sur les hydrocarbures, mais ces sommes sont hypothétiques puisque aucune entreprise pétrolière ne prévoit verser de redevances avant 2015. Son improvisation lui fait également oublier que la moitié des redevances perçues par le gouvernement du Québec réduira d'autant les paiements de péréquation. Sa promesse de diminuer la dette en n'augmentant pas les redevances est irréaliste. Bref, ça fait dur », a ajouté Alain Therrien.

Promesse de baisse d'impôts de 1000 dollars, irréalisable

Le Parti Québécois dénonce l'irresponsabilité de la promesse caquiste d'abaisser les impôts de 1000 dollars pour les ménages gagnant moins de 100 000 dollars. « En 2007, François Legault affirmait qu'il serait irresponsable de baisser les impôts, que la situation financière du Québec ne le permettait pas. Faut-il rappeler à François Legault que la situation financière du Québec ne s'est pas améliorée? Ce qu'il jugeait irresponsable il y a cinq ans ne l'est plus aujourd'hui? Est-ce qu'il promet n'importe quoi pour s'attirer des votes? Cette promesse coûterait 2,5 milliards de dollars, où prendrait-il tout cet argent? Arrêtons de faire croire aux citoyens que nous pouvons baisser les impôts, augmenter les services et rembourser la dette. Ça nous rappelle Jean Charest en 2003, on voit ce que ça a donné », a ajouté Bernard Drainville.

Le privé en santé

« La pierre angulaire de la fusion de l'ADQ et de la CAQ était l'introduction du privé dans notre système de santé. En proposant un projet pilote, la CAQ ouvre la porte à la privatisation des soins de santé. La dernière chose dont les Québécois ont besoin, c'est d'une médecine à deux vitesses, où on va devoir payer plus pour moins de services », a déclaré Bernard Drainville.

Des promesses improvisées en environnement

« Après s'être engagé à vouloir rapatrier du gouvernement fédéral tous les pouvoirs en matière d'environnement, François Legault n'a mis que 15 minutes pour changer d'idée et affirmer que ce ne serait pas possible dans un premier mandat. Ajoutons à la longue liste des démonstrations de l'amateurisme de la CAQ que François Legault a annoncé qu'il confierait à l'Agence de l'efficacité énergétique l'administration des programmes touchant l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste. C'est plutôt étrange de sa part puisqu'il devrait savoir que l'Agence de l'efficacité énergétique a été abolie par le gouvernement libéral de Jean Charest. Après que l'ADQ ait défendu bec et ongles l'exploitation des gaz de schiste, la CAQ nous annonce maintenant qu'elle privilégierait un moratoire, mais pas tout à fait. Faut-il croire François Legault? », a questionné Bernard Drainville.

Virage à 180 degrés

Pour prouver sa nouvelle foi fédéraliste, François Legault confirme qu'il ne fera rien pour déplaire à Stephen Harper. « Si au départ la CAQ devait être une coalition rassemblant des souverainistes et des fédéralistes, on sait maintenant que François Legault votera NON lors du prochain référendum sur l'indépendance du Québec. Il fera campagne aux côtés de Jean Charest, Stéphane Dion et Stephen Harper pour convaincre les Québécois qu'ils ne méritent pas d'avoir leur pays. Pour quelqu'un qui affirmait il y a quelques années que le Québec comme province était « ingouvernable » et que la souveraineté était « urgente », ce virage est synonyme d'un renoncement total de ses convictions. Ce que propose la CAQ, c'est la même chose que le PLQ : absence totale de rapport de force et mollesse permanente devant le Canada de Stephen Harper », s'est désolé Bernard Drainville.

« Aujourd'hui, François Legault se contredit encore. Il annonce vouloir faire respecter la loi 101, mais ne veut absolument pas la renforcer. Pire encore, pour séduire l'électorat anglophone il s'allie à ceux qui ont combattu la loi 101 et qui veulent toujours l'affaiblir. François Legault s'est empressé d'aller chercher l'appui de notables pourfendeurs de la loi 101 : William « Bill » Johnson et Robert Libman. Comment peut-il être crédible? Avec ses nouveaux amis, comment pouvons-nous avoir confiance en François Legault pour protéger et promouvoir la langue française? », a ajouté Bernard Drainville.

« Pour le Parti Québécois, il est clair que la CAQ n'a pas ce qu'il faut pour prendre le pouvoir dans trois semaines. François Legault nous démontre quotidiennement qu'il n'est pas fiable. Il improvise, se contredit et renie ses convictions seulement pour aller chercher des votes. Il promet beaucoup, il chiffre peu et ne nous dit pas où il prendra l'argent. C'est demander un chèque en blanc aux Québécois. Le Parti Québécois a l'équipe, le programme, les compétences et l'expérience pour faire le ménage, pour s'affirmer, s'enrichir et s'entraider », a conclu Alain Therrien.