Le gouvernement doit s’attaquer au surdiagnostic et au surtraitement
jeudi 17 août, 2017
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Québec, le 17 août 2017 – Assistant à la 5e Conférence internationale sur la prévention du surdiagnostic, Diane Lamarre, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, d’accessibilité aux soins et de soutien à domicile, demande au gouvernement libéral d’agir, enfin, pour contrer le surdiagnostic et le surtraitement, ainsi que leurs impacts néfastes sur la santé des Québécois.

EN BREF

  • Le gouvernement libéral reconnaît les problèmes et les risques pour la santé que représentent le surdiagnostic et le surtraitement.
  • Il ne s’est toutefois pas formellement engagé à s’y attaquer.
  • En plus d’être inutiles, le surdiagnostic et le surtraitement coûtent très cher aux Québécois.
  • Le ministre a déjà tout en main pour régler la situation.

« Le surdiagnostic, c’est le fait de diagnostiquer, chez une personne, une maladie qui ne causera jamais ni symptôme ni décès, ou de faire un geste n’apportant aucune valeur ajoutée à un traitement. Le surtraitement, lui, peut se traduire par une chirurgie, un examen ou, plus souvent encore, par la consommation de médicaments inutiles. Alors que 20 % des hospitalisations sont causées par une mauvaise consommation de médicaments, il est impératif d’agir », a d’abord exposé Diane Lamarre.

Le gouvernement libéral reconnaît que le surdiagnostic est un problème, mais refuse de s’engager à s’y attaquer, sous prétexte que l’enjeu relève du Collège des médecins. « Nous ne sommes pas d’accord. Le mode de rémunération actuel des médecins – qui les incite à travailler au volume et à facturer des actes – fait partie du problème. Or, le devoir d’un gouvernement, c’est de bien gérer l’argent que les contribuables lui confient », a poursuivi la députée.

Par ailleurs, les patients doivent être mieux informés et les professionnels, consultés, estime-t-elle. « Les multiples tests proposés sont-ils tous nécessaires? On doit se poser la question. Nous vivons dans une culture de surmédicalisation qui doit être modifiée. Les médecins eux-mêmes ont proposé plusieurs pistes de solution; je salue et remercie, d’ailleurs, l’Association médicale du Québec pour son engagement durable à cet égard. Malheureusement, sur cet enjeu qui commande pourtant qu’on s’entende avec les professionnels, le ministre, fidèle à lui‑même, maintient son attitude de confrontation depuis trois ans. Il n’agit donc pas, privant ainsi la population de meilleurs soins et d’économies. »

« Le ministre Gaétan Barrette avait promis des économies avec sa réforme de structures, mais elles ne sont jamais venues. L’abolition de plus de 2000 postes de cadres depuis la mise en place de la réforme, qui pourrait coûter jusqu’à 200 M$ aux contribuables, en est la preuve. En s’attaquant au surdiagnostic et à la surprescription, non seulement nous pourrions réinvestir plusieurs centaines de millions pour améliorer l’accès aux soins mais, en plus, la santé des Québécois s’en trouverait améliorée. Il est plus que temps d’agir », a insisté Diane Lamarre.